Il vient d’obtenir le prix ArchiCote pour le Télégraphe.
Une récompense qu’il avait déjà reçue il y a quelques années pour la galerie du parcours des arts à Hyères.
On doit aussi à Loïc Gestin le réaménagement du téléphérique ou du restaurant le Koï à Toulon (aujourd’hui Geuleton).
Son agence travaille également à la requalification de l’espace urbain à La Favière et à la construction de la future cafétéria sur les toits d’Ingémedia. Entre autres.
Vous faites à la fois de l’architecture pour les collectivités et le privé, mais aussi de l’urbanisme et même du design. Vous êtes multi-casquettes ?
Pour moi, ces exercices ne sont pas vraiment différents. Ce qui m’intéresse, c’est de travailler à toutes les échelles. Cela va de la signalétique du parcours des arts et des clous au sol de 10 cm aux 500 hectares réaménagés à Saint-Paul-en-Forêt. La démarche au final est la même. On travaille sur le quotidien, sur un lieu de vie. Ce qui me plaît, c’est de penser global, tout est intrinsèquement lié. Lorsque l’on imagine un bâtiment, on pense à son intégration dans la ville et lorsqu’on fait des projets d’aménagements urbains, on réfléchit aux futurs bâtiments qui s’y installeront.
Outre cette polyvalence, quelle est votre patte ?
On essaye à l’agence de travailler les projets dans le moindre détail. Pour moi, c’est ce qui permet de livrer de la qualité. Tout doit être non seulement pensé mais aussi dessiné avant même que le chantier ne démarre. C’est peut-être pour cela que le projet dont je suis aujourd’hui le plus fier, c’est le téléphérique de Toulon. L’architecte initial, Pierre Pascalet, travaillait aussi beaucoup les détails. J’ai l’impression qu’on a su garder son ADN, qu’on a prolongé son œuvre avec nos greffes contemporaines.
Comment vous voyez l’architecture aujourd’hui ?
J’ai l’impression que le mouvement moderne est un peu passé de mode. À l’époque Le Corbusier, on imaginait des solutions qui marchaient partout. Aujourd’hui, on revient à des projets spécifiques aux sites sur lesquels on travaille. Les questionnements par rapport à l’urgence écologique, aux crises économiques sont très présents.
Le territoire joue donc un rôle dans chacun de vos projets ?
Forcément. C’est important d’avoir la curiosité, l’ouverture d’esprit par rapport à l’endroit où le projet est implanté. Un architecte doit s’adapter à l’environnement, au territoire. Lorsqu’on a imaginé la galerie sur le parcours des arts à Hyères, on a fait une relecture de la halle couverte qu’il y avait ici il y a longtemps. On a réussi à mixer une construction ultra-moderne avec l’histoire. Pareil avec le Télégraphe à Toulon. Le bâtiment est considéré comme Patrimoine majeur. On en a valorisé l’architecture tout en permettant de créer un lieu vivant, bouillonnant.
Comment définiriez-vous l’architecture méditerranéenne ?
Elle va être grandement impactée par le soleil. L’objectif premier, c’est de s’en protéger. On va penser au confort d’été plus qu’au confort d’hiver. Surtout avec le réchauffement climatique. Cet enjeu, il est aujourd’hui beaucoup plus présent que lorsque j’ai commencé ma carrière. Il y a une prise de conscience que les ressources ne sont pas infinies. L’artificialisation des sols est limitée par la loi. Les exigences techniques ont augmenté. Et j’en vois clairement les aspects vertueux. Ce sont des contraintes, certes, mais elles marchent.
Aujourd’hui, l’architecte doit beaucoup plus travailler sur l’existant. Il faut changer nos modes de penser. Le rêve de la maison individuelle avec son petit bout de jardin, cela va devenir très compliqué par manque de terrain.
Le futur du logement, c’est le collectif et surtout la réhabilitation du parc actuel. Il faudrait prendre exemple sur l’Espagne, que je connais bien pour y avoir vécu. Là-bas 65 % de la population vit en appartement (contre 35 % en France). Ils reçoivent peu chez eux, les lieux de sociabilité sont dehors.
Valoriser l’existant, le collectif, c’est un enjeu qui est mis en lumière dans la dernière exposition du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (1) dont vous êtes le grand témoin…
Tout à fait. L’un des objectifs du CAUE, c’est de faire lever les yeux, regarder et comprendre plutôt que de voir en passant. Cette exposition montre que dans ce qu’on perçoit comme banal, il y a de la richesse.
Ce qui m’intéresse de plus en plus, c’est la transmission. Transmettre, expliquer, c’est une part importante du métier d’architecte. Et c’est possible avec le CAUE. Parallèlement, je suis également enseignant à la Grande Tourrache, je fais régulièrement partie de jurys.
1. Habiter l’ensemble, jusqu’au 11 décembre. CAUE, place Raspail à Toulon.
Où emmenez-vous quelqu’un qui vient chez nous pour la première fois ?
A Port-Cros. Pour moi, c’est la nature quasi vierge. Le paradis. C’est tout simplement magique.
Avec une baguette magique, que changeriez-vous dans la région ?
J’inverserais le rapport vélo/voiture sur la métropole. Il faudrait un réseau cyclable à la hollandaise.
Qu’est ce qui vous manque quand vous n’êtes pas dans la région ?
Cela m’est arrivé souvent de vivre ailleurs. Dans ces moments-là, c’est l’odeur de la Méditerranée qui me manque. Les pins, la posidonie…
Si vous deviez vivre dans une autre région, laquelle choisiriez-vous ?
Je choisirais sans hésiter l’Espagne. Et plus spécifiquement Valence. C’est ma deuxième ville. Elle est régulièrement classée parmi les endroits les plus agréables à vivre. Il y a une raison ! La qualité de vie y est exceptionnelle.
Qu’est ce qui vous met de bonne humeur le matin ?
Savoir que je vais voir des amis !
Et de mauvaise humeur ?
Je dirais les problèmes de chantiers. C’est assez régulier. Il y en a toujours. Ça fait partie des travaux, et donc de mon métier.
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22 mai 1976 : naissance à Bordeaux. Il vit ensuite en Bretagne avant de s’installer à Hyères.
Février 2001 : diplôme d’architecte à Marseille après un Erasmus en Espagne. Il travaille ensuite à Paris, Rotterdam.
2007 : fonde Gestin architectes, son agence installée à Toulon.
Octobre 2025 : lauréat du prix ArchiCote.
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