Publié : 7h39 par Yann Launay
Après une longue période de ralentissement, le marché reprend doucement des couleurs. Le nombre de ventes repart à la hausse, lentement mais sûrement. Selon Nicolas Bosquet, notaire à Binic-Étables-sur-Mer, dans les Côtes-d’Armor, et porte-parole des notaires bretons, les volumes progressent de près de 4,7 %, mais cette reprise reste contrastée selon les territoires.
« Dans les zones où les prix ont commencé à baisser, effaçant presque la hausse observée après le Covid, les ventes repartent plus franchement. C’est le cas notamment en Loire-Atlantique et en Ille-et-Vilaine. À l’inverse, dans les départements où les prix tiennent encore, la reprise est plus timide ». Un rééquilibrage que Nicolas Bosquet estime nécessaire, avec des vendeurs « qui acceptent les prix actuels et des acheteurs qui peuvent enfin trouver des biens correspondant à leurs besoins. »
Le blocage observé ces dernières années dans l’Ouest s’explique à la fois par des prix élevés et par l’attentisme des acheteurs, dans un contexte politique et géopolitique instable. Si cette instabilité demeure, le marché montre malgré tout des signes de redémarrage, qui devraient se confirmer dans les mois à venir.
Selon Nicolas Bosquet, le besoin de logement reste bien réel. Le contexte international n’efface pas cette nécessité, et les acheteurs semblent s’adapter à un environnement devenu plus incertain. Après le coup d’arrêt provoqué l’an dernier par la dissolution, le marché apparaît aujourd’hui plus dynamique, malgré l’absence de budget. Une forme d’habituation qui pousse vendeurs et acheteurs à avancer.
Les premiers signes de reprise sont donc bien là, avec davantage de transactions. Mais au moment où le marché commence à se redresser, les taux d’intérêt repartent à la hausse. Emprunter pourrait coûter un peu plus cher dans les mois à venir.
Faut-il pour autant attendre pour acheter ? Pour Nicolas Bosquet, si la remontée des taux suscite toujours des inquiétudes, les niveaux actuels restent raisonnables, autour de 3 à 3,5 %. Des taux qu’il juge normaux, contrairement à ceux, très bas, observés il y a quelques années. Aujourd’hui, les acquéreurs disposent d’un large choix de biens, avec des marges de négociation plus importantes. Le marché est donc plus favorable aux acheteurs, qui ont repris la main.
En forte difficulté ces dernières années, il ne représentait en 2025 qu’une part très réduite des transactions dans l’Ouest. Mais un dispositif prévu dans le futur budget pourrait relancer la machine, avec la création d’un statut du bailleur privé. L’objectif : inciter les investisseurs à revenir, dans le neuf comme dans l’ancien avec travaux. Un retour jugé essentiel pour soutenir la construction et l’ensemble de la filière du bâtiment
Ce marché de l’investisseur privé a pratiquement disparu, il y a un impact sur la construction, et les entreprises de construction. Tout ce qui est favorable à redynamiser, à donner envie aux investisseurs de revenir sur le marché immobilier ne peut être qu’encouragé.«
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