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Article rédigé par
Midi Libre
Dans sa série consacrée aux imprimeurs du Biterrois, Midi Libre poursuit son immersion dans un métier en pleine mutation. Troisième volet avec l’imprimerie Martin, installée en centre-ville de Béziers depuis plus de soixante ans.
Philippe Martin a appris le métier d’imprimeur très jeune dans l’imprimerie créée par son père en 1964. « On sortait de l’école et on venait ici faire les devoirs, mais aussi apprendre le métier à ses côtés. À 7 ou 8 ans, je savais déjà composer avec les lettres en plomb, sourit-il. C’est mon père qui m’a fait aimer ce métier ! » Dans l’atelier, les anciennes casses typographiques et autres machines d’époque témoignent encore des débuts de l’imprimerie, avant l’arrivée de l’offset à la fin des années 1970 puis du numérique dans les années 2000.
Affiches, brochures, carnets autocopiants, papiers à en-tête, billetterie, faire-part, livrets de messe, sets de table ou étiquettes de scellage : l’imprimerie Martin travaille aussi bien pour les professionnels que pour les particuliers, un segment que peu d’imprimeurs traditionnels continuent aujourd’hui à développer. « Ce qui est intéressant également, c’est que nous touchons tout le monde. Du commerçant à l’avocat, du chirurgien à l’artisan, c’est toujours différent », résume Philippe Martin. Longtemps dominé par les volumes et les prix, le secteur voit aujourd’hui revenir une demande plus qualitative. « Les gens veulent du beau, pour marquer les esprits », poursuit l’imprimeur. Papiers de création, grammages spécifiques, découpes ou finitions particulières : l’entreprise mise ainsi sur des supports plus sensoriels et personnalisés. « Le toucher, le grain ou le rendu des couleurs sont des choses que l’on ne voit pas à l’écran », souligne Karine Martin, qui a rejoint son mari en 2003 pour développer la partie création graphique.
Face aux plateformes d’impression en ligne, l’imprimerie mise sur le conseil et la proximité. « Les clients viennent avec une idée, on regarde ensemble le papier, les couleurs, le format… On contrôle aussi les fichiers avant impression lorsqu’ils les ont créés eux-mêmes », explique Karine Martin. Une façon d’éviter les mauvaises surprises. « Il nous arrive de refaire des travaux commandés sur internet parce qu’il y avait des erreurs ou que le rendu ne correspondait pas aux attentes. » Restée volontairement boulevard de Strasbourg, l’imprimerie revendique aussi sa proximité avec sa clientèle, alors que les imprimeurs de centre-ville ont presque disparu du paysage local. Aujourd’hui, l’imprimerie continue d’associer offset traditionnel et numérique selon les besoins. « Nous sommes petits, mais complets ! Et demain, nous ferons peut-être moins, mais nous ferons toujours de belles choses », conclut le couple Martin.
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