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Après une année 2024 marquée par un creux historique, le marché du crédit immobilier a retrouvé en 2025 un nouveau souffle, notamment dans la région, selon Kathie Werquin-Wattebled, directrice de la Banque de France Auvergne-Rhône-Alpes.
Kathie Werquin-Wattebled, directrice régionale de la Banque de France en Auvergne-Rhône-Alpes. Photo d’archives Joël Philippon
Comment la production de crédits immobiliers a-t-elle évolué ces derniers mois ?
« Elle est bien repartie à la hausse en 2025, mais il faut rappeler que l’on partait d’une base basse. La production a augmenté d’environ 33 % par rapport à 2024. Aujourd’hui, au niveau national, nous sommes autour de 12 à 13 milliards d’euros de nouveaux crédits à l’habitat distribués chaque mois, hors renégociations.
Avant le retournement du marché, on était plutôt autour de 15 milliards d’euros mensuels. On retrouve donc progressivement un rythme plus normal. La production de crédits pour l’acquisition d’immobilier ancien retrouve presque à son rythme de croisière. »
La région suit la dynamique nationale
La région suit-elle cette tendance ?
« Oui, la région Auvergne-Rhône-Alpes suit la dynamique nationale. Il n’y a pas de spécificité particulière. On observe simplement des micro-marchés plus dynamiques, notamment en montagne.
Le Rhône est un bon échantillon pour visualiser la dynamique française car ce territoire possède une diversité de situations avec l’hypercentre lyonnais, la métropole, mais aussi des zones périurbaines et rurales lorsque l’on remonte vers Villefranche. Cela crée une variété de profils d’emprunteurs. »
Selon Kathie Werquin-Wattebled, « le neuf est toujours au ralenti. » Photo d’illustration Richard Mouillaud
La production de logements neufs s’écroule chaque année un peu plus.
Quelle place occupe le Rhône dans le crédit immobilier régional ?
« Sur l’ensemble des crédits à l’habitat accordés en France, l’encours atteint environ 1 218 milliards d’euros. La région Auvergne-Rhône-Alpes représente 13 % de ce total, soit environ 158 milliards d’euros. Le Rhône est le premier département de la région en volume de crédits avec un encours de 40,6 milliards d’euros, soit environ 3,4 % du total des crédits immobiliers en cours en France. »
Et en ce qui concerne le financement de l’immobilier neuf plus précisément, comment évolue le volume de crédit ?
« Le neuf est en revanche toujours au ralenti. On voit quelques petits collectifs qui se lancent dans des villes secondaires, mais les grandes opérations de promotion restent très rares. Les promoteurs hésitent à se lancer. Les prix ont fortement augmenté avec l’inflation après le Covid et la guerre en Ukraine. Cela a creusé l’écart de prix entre le neuf et l’ancien et les précommercialisations sont devenues plus difficiles.
L’enjeu pour la promotion immobilière, c’est de tenir : la production de logements neufs s’écroule chaque année un peu plus. Or, l’immobilier est un secteur avec beaucoup d’inertie : les projets qui ne sont pas vendus une année, ne seront pas mis en chantier l’année suivante et ce sera autant de logements en moins l’année d’après. Et je ne vois pas pour l’instant de signes de reprise, pas même avant 2027 voire 2028. »
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Comment évoluent les taux immobiliers ?
« Les taux se situent aujourd’hui autour de 3,30 % en moyenne, toutes durées confondues. Nous étions tombés autour de 3 % à 3,10 % en fin d’année 2025, mais ils se sont légèrement redressés.
Les taux longs ont un peu remonté. L’OAT à dix ans est repassée d’environ 3,30 % à 3,54 %. Ce sont ces taux de marché qui influencent les crédits immobiliers.
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Cela dit, un taux autour de 3,30 % constitue un prix d’équilibre. Cela permet aux ménages de financer leurs projets tout en rémunérant correctement les prêteurs. C’est plutôt sain. »
La directrice de la Banque de France Auvergne-Rhône-Alpes « n’imagine pas de véritable reprise en 2026 » pour le neuf. Photo d’illustration Clara Serrano
Un projet immobilier qui tient la route, qui est cohérent aux yeux du banquier, est financé.
Les banques continuent-elles d’accorder facilement des crédits ?
« Aujourd’hui, il n’y a pas de problème de financement, contrairement à ce qu’on a pu voir en 2023 par exemple. Les banques sont en bonne forme et disposent de liquidités. Un projet immobilier qui tient la route, qui est cohérent aux yeux du banquier, est financé.
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Les règles du Haut Conseil de stabilité financière restent les mêmes, avec un taux d’effort maximal de 35 %. Et les banques utilisent environ 16 % des possibilités de dérogation. Cela signifie qu’en moyenne un dossier sur six dépasse légèrement le seuil. »
Quelle dynamique pressentez-vous pour le marché en 2026 ?
« Pour l’ancien, nous devrions rester sur un marché assez sain. Comme les taux sont relativement stables, les banques prêtent plus facilement.
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En revanche, sur le neuf, je n’imagine pas de véritable reprise en 2026. On verra probablement quelques petits programmes, mais pas de grands lancements. Si redémarrage il y a, il pourrait plutôt intervenir vers 2028. Mais tout dépendra des évolutions économiques d’ici là. L’incertitude vient évidemment du contexte international. Un choc inflationniste lié à l’énergie, avec la guerre au Moyen Orient, pourrait modifier les perspectives, donc cela reste un point de vigilance. »
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