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Il aura été plus facile de vendre sa maison que d’acquérir une propriété en 2025 au Québec alors que la province enregistre sa troisième meilleure année en termes de ventes résidentielles, selon l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ).
On est près des niveaux pandémiques, mais les années 2020 et 2021 demeurent les meilleures années pour la vente de maison au Québec à ce jour.
«Dans l’ensemble du marché, dans la propriété plus abordable ou la copropriété, pas mal toutes les régions du Québec – Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières, Drummondville, etc. – ont eu un marché à l’avantage des vendeurs de propriétés», a confirmé à Noovo Info Marc Lefrançois, courtier immobilier agréé chez Royal LePage.
Il y a donc eu 97 214 ventes résidentielles au Québec en 2025, un bond de 8% par rapport à 2024, selon les données de l’APCIQ.
«En comparaison, la moyenne des dix dernières années se situe autour de 89 000 ventes, plaçant 2025 bien au-dessus des attentes», a mentionné l’APCIQ.
Selon M. Lefrançois, cette hausse des ventes s’explique notamment par la confiance des Québécois et des Québécoises dans leur économie.
«L’économie a un impact important sur le marché immobilier», a expliqué M. Lefrançois, en ajoutant que la situation entre les États-Unis et le Canada aura peu influencé le marché immobilier québécois dans la dernière année.
«L’immobilier c’est un actif financier, ça prend une confiance dans l’économie, les gens doivent avoir confiance dans leur emploi.»
De façon plus précise, en 2025, les ventes d’unifamiliales ont grimpé de 8 % au Québec avec 63 210 transactions, celles de copropriétés ont crû de 5 % avec 24 232 unités vendues et les ventes de plex ont bondi de 13 %, avec 9 477 transactions.
Les marchés les plus «dynamiques» en termes de ventes résidentielles pour 2025 sont Drummondville (+11%), Sherbrooke (+9%), Montréal et Saguenay (+8%), Trois-Rivières (+5%) et Québec (+5%), selon l’APCIQ.
Selon Marc Lefrançois, c’est d’ailleurs vraiment la Ville de Québec qui s’est démarqué le plus en 2025.
«La folie qu’on voyait pendant la pandémie s’est poursuivi à Québec. C’est dû au fait notamment que Québec devient de plus en plus une métropole […], il y a un éveil économique à Québec», a-t-il expliqué.
Une autre cause qui fait en sorte que les ventes de maisons ont été en hausse en 2025, et que le marché immobilier favorisait les vendeurs, réside dans le débalancement de l’inventaire, c’est-à-dire qu’il y avait beaucoup d’acheteurs et peu (pas assez) de nouvelles constructions.
«Après la pandémie, il y a eu presqu’un arrêt de nouvelles mises en chantier. Ça reprend tranquillement, mais il y a un long délai […] On a vu récemment que certaines municipalités prennent un temps fou avant d’autoriser les permis et ça créer un décalage entre l’offre et la demande et encore une fois ça favorise les vendeurs de propriétés», a précisé M. Lefrançois.
Selon le l’APCIQ, l’offre de propriétés à vendre s’est légèrement contractée (-2 %) en 2025, avec en moyenne 35 279 inscriptions en vigueur dans le système Centris.
La tendance des dix dernières années indiquait plutôt un inventaire dépassant généralement les 50 000 propriétés.
Selon les chiffres de l’APCIQ la rareté est plus criante à Québec (-26%), Saguenay (-18%), Drummondville (-16%) et Sherbrooke (-4%).
À l’inverse, certaines villes affichent des hausses au niveau de l’offre, dont Rimouski (+14 %) et Mont-Tremblant (+5 %).
«Montréal, Gatineau et Trois-Rivières, affichent aussi un léger gain de 1 % de leurs inscriptions en vigueur, presque entièrement attribuable à la copropriété», a indiqué l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec.
Selon les données de l’APCIP, le prix médian des unifamiliales a poursuivi sa flambée en 2025, où la moitié des maisons au Québec se sont vendues au-dessus de 491 500$.
Par rapport à 2024, il s’agit d’une hausse de 9%.
Le prix médian des copropriétés a quant à lui augmenté de 5 % pour atteindre 398 000 $. Le prix médian des plex a connu la plus forte augmentation à l’échelle de la province, soit de 13 %, avec une valeur médiane qui a atteint 660 000 $.
L’APCIQ note des bonds «spectaculaires» de prix à Saguenay (+22 %), Trois-Rivières (+30 %) et Drummondville (+21 %).
Pour 2026, Marc Lefrançois estime qu’on pourrait assister à un «certain essoufflement » au niveau de la hausse des prix des maisons.
«C’est sain d’ailleurs de voir ça parce qu’un moment donné un marché ne peut pas monter de façon significativement plus élevée que, par exemple l’augmentation des salaires, et rester sain», a-t-il précisé.
M. Lefrançois note qu’il ne faudrait pas s’étonner non plus que certaines villes présentent des augmentations de prix. Ça pourrait être le cas notamment pour la Ville de Québec.
La «guerre des enchères» – qui a connu son apogée pendant la pandémie – était encore présente en 2025 selon le type d’achat et le lieu de vente.
«Tout ce qui peut s’adresser à un premier acheteur ou à quelqu’un qui est en location qui déménage vers une propriété, jusqu’à 700 000$, c’est la folie furieuse dans bien des marchés. Sur l’île de Montréal moins, mais dans les régions oui […] : une propriété de 500 000$ ou 600 000$ était souvent vendue sur le coup de 3, 4 ou 5 offres simultanées»
Les acheteurs auront peut-être un certain sursis en 2026, avec un peu plus de choix et une plus grande capacité de négocier, mais il ne faut pas s’attendre à ce que le prix des maisons baisse, a prévenu Marc Lefrançois.
«Au niveau financier, la pression malheureusement va être là, il va y avoir des sacrifices ou des choix à faire», a-t-il mentionné.
Journaliste
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