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Publié le 29.09.2025
Juliette Verdes
Partager la publication « Logement : avec l’aide de l’Europe, les régions agissent pour réduire la facture d’énergie »
Chaque épisode de canicule ou de grand froid révèle l’ampleur du nombre de logements mal isolés. Dans les Hauts-de-France, en Normandie ou en Île-de-France, de vastes programmes de rénovation énergétique sont à l’œuvre grâce au soutien de l’Union européenne, pour lutter contre les passoires thermiques, préserver la santé des locataires et améliorer leur quotidien.
Avec plus de 40 % de logements énergivores en 2022 selon l’Insee, la Normandie, les Hauts-de-France et l’Île-de-France sont confrontées à un nombre important d’habitats mal isolés. Une situation qui pèse à la fois sur le confort des ménages et sur leurs finances, avec la hausse des prix de l’énergie.
Dans la continuité des objectifs européens, visant un parc immobilier à émissions nulles d’ici 2050, les régions financent aujourd’hui une large partie des travaux de rénovation : isolation thermique, modernisation des équipements collectifs, installation de panneaux solaires…
Dans les Hauts-de-France, 26 % du parc social et 43 % du parc privé sont en proie à une mauvaise performance énergétique. La région compte une proportion importante de logements individuels, en particulier dans le bassin minier. L’hétérogénéité du bâti complique encore les chantiers de rénovation : certaines de ces maisons sont classées monuments historiques ou inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. À Cergy, en Île-de-France, les bâtiments construits dans les années 1970 présentent des défauts énergétiques majeurs. Une problématique que connaît aussi la ville du Havre, en Normandie, où les grands ensembles sociaux vieillissants doivent être adaptés aux normes actuelles.
La réussite de ces rénovations repose d’abord sur l’adhésion des locataires et copropriétaires. En particulier lorsque les résidents restent dans leur logement pendant toute la durée des travaux. Dans les Hauts-de-France, le « Pass Copropriété », un dispositif innovant porté par la Régie régionale du service public de l’efficacité énergétique (SPEE), fait le lien entre les maîtres d’ouvrage et les habitants à chaque étape. Ce service externalisé de la Région assure des missions de conseil, de médiation, d’accompagnement et de financement dans les projets de rénovation thermique des copropriétaires.
Le dispositif a fait ses preuves à Villeneuve-d’Ascq, où les habitants des quelque 156 logements de la résidence Les Facultés sont majoritairement propriétaires. Les copropriétaires ont été consultés lors de la phase préliminaire des travaux, dès 2019, et tout au long du chantier. Le projet a bénéficié de nombreuses aides, notamment de la métropole lilloise et du dispositif MaPrimeRénov’. L’autre moitié du financement provient d’un des fonds de la Région et d’éco-prêts à taux zéro financés par l’Union européenne.
Ce chantier d’envergure, démarré en 2022, a nécessité deux ans de travaux pour rénover entièrement les 9 bâtiments de la résidence, avec une baisse attendue de 47 % de la consommation énergétique. Si l’essentiel de la rénovation repose sur l’isolation par l’extérieur, pour réduire le besoin de chauffage des appartements, le gain énergétique a été maximisé avec des travaux d’étanchéité des toits-terrasses, une amélioration des systèmes de ventilation mécanique, et une isolation des planchers bas donnant sur les vides sanitaires.
À Tourcoing, 48 logements sociaux d’une résidence du quartier des Orions ont été réhabilités suivant la même méthode de rénovation totale, en milieu occupé. Ce chantier de près de deux ans a obtenu une subvention du Fonds européens de développement régional (FEDER) à hauteur de 192 000 euros, sur un total de 3,6 millions d’euros de travaux. Outre l’isolation par l’extérieur, les parties communes ont bénéficié de quelques améliorations : rénovation des combles, peinture des cages d’escalier, création de deux locaux pour les vélos, fermeture des accès extérieurs aux sous-sols… Dans les logements, d’importants travaux de réfection de l’électricité ont eu lieu, ainsi qu’un remplacement des interphones, des équipements sanitaires et des radiateurs. Le tout sans perdre de vue l’aspect esthétique, puisque les briques rouges qui font le charme de la région ont été conservées sur la façade extérieure.
À Cergy (Val-d’Oise), 237 logements sont en passe d’être rénovés dans la résidence des Chênes, qui vient de bénéficier d’une vaste opération de réhabilitation énergétique. Menée par Immobilière 3F, l’un des principaux acteurs du logement social en Île-de-France, cette rénovation concerne cinq barres d’immeubles datant des années 1970.
À l’époque, ce projet immobilier ambitieux et novateur, situé dans le quartier de la préfecture, constitue le cœur de la « ville nouvelle » de Cergy. Ce grand ensemble urbain est créé ex-nihilo pour désengorger Paris et répondre au manque de logements et d’équipements administratifs, commerciaux et scolaires. Le quartier combine un centre commercial, de nombreux loisirs et des zones d’habitat collectif, ainsi que des espaces verts. Aujourd’hui, ce complexe est vieillissant et présente des lacunes énergétiques importantes.
Pour y remédier, Immobilière 3F a intensifié sa dynamique de réhabilitation des logements ces dernières années. « L’objectif visé est d’améliorer la performance énergétique des bâtiments, en passant de l’étiquette E à C, grâce à une isolation complète, la modernisation des systèmes de chauffage et de ventilation, ainsi que l’installation de panneaux photovoltaïques« , explique le chef de projet patrimoine à la Direction de l’immobilier durable. Avec, à la clé, une réduction attendue d’environ 50 % des consommations d’énergie pour les habitants.
Sur un coût total de près de 6 millions d’euros, l’Union européenne a pris en charge près de 2,4 millions d’euros, soit 40 % du montant de la rénovation. Par ailleurs, 61 % de l’enveloppe provient de prêts bancaires souscrits auprès de la Caisse des dépôts, garantis par la ville Cergy.
Pour améliorer le confort de vie des locataires, le bailleur a misé là encore sur une rénovation totale du bâtiment en site occupé. L’isolation thermique extérieure des façades s’accompagne d’une réfection de l’étanchéité des toits-terrasses, d’une isolation des planchers et faux plafonds, de nouvelles VMC et de radiateurs plus performants. Les salles d’eau ont elles aussi bénéficié d’un rafraîchissement : appareils sanitaires, revêtements de sols, faïence et peintures… « Les travaux ont été organisés de sorte que le locataire puisse toujours bénéficier d’un point d’eau pour son confort quotidien« , précise Immobilière 3F.
Enfin, la société « a souhaité intégrer une production d’énergie renouvelable photovoltaïque« . Concrètement, « l’énergie produite permettra la consommation individuelle sur les parties communes des cinq bâtiments, tandis que le surplus alimentera d’autres bâtiments d’Immobilière 3F dans un périmètre de 2 km« .
Comme à Villeneuve d’Ascq, une concertation a été mise en place avec les locataires dès la phase d’étude, par le biais d’une réunion publique d’information pour présenter le programme des travaux de réhabilitation, les entreprises titulaires des marchés de travaux et les différents interlocuteurs. Ils ont aussi été associés au choix des teintes et à l’apparence des pignons des bâtiments.
À l’est du Havre, le quartier Soquence, reconstruit après la seconde guerre mondiale, change de visage depuis une dizaine d’années sous l’impulsion de la municipalité, avec une prolongation de la ligne C du tramway dans le quartier.
Le bâti fait aussi peau neuve : 652 logements sociaux, gérés par le bailleur social Alcéane, se mettent au vert. Ainsi, 14 bâtiments devraient voir leur performance énergétique bondir, avec un passage d’un diagnostic de performance énergétique (DPE) d’une classe E à B, voire A pour certains immeubles, tandis qu’une certification BBC Effinergie est en cours d’instruction. Ce label valorise des projets exemplaires de rénovations basse consommation et bas carbone.
La relation avec les locataires est assurée pendant toute la durée des travaux : « cafés chantier », actions de communication, formulaires pour recueillir l’avis des locataires, site internet dédié au suivi des travaux… Le chantier devrait être livré début 2026.
L’opération de rénovation des résidences représente un investissement massif de près de 21 millions d’euros. Pour financer ces travaux, Alcéane mobilise 5 millions d’euros de fonds propres et bénéficie d’une aide européenne (FEDER) de 4,7 millions d’euros. Le bailleur a également recours à des prêts de la Banque des Territoires, à hauteur de 11 millions d’euros.
Ces fonds ont permis d’isoler et de moderniser entièrement les bâtiments, mais aussi d’installer des panneaux solaires pour couvrir 15 % des besoins électriques, réduisant les factures collectives et individuelles. Les loyers des logements ont été légèrement revus à la hausse, mais Alcéane mise sur une réduction des charges locatives, notamment du coût du chauffage, alors que les prix de l’énergie ne cessent de progresser. « Une meilleure isolation des bâtiments, c’est moins de consommation d’énergie et donc des dépenses locatives en baisse« , explique le bailleur. « La fourniture gratuite d’électricité grâce au dispositif d’autoconsommation collective apporte une source supplémentaire de réduction des charges pour les ménages« , ajoute Alcéane.
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