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L’hémorragie est endiguée. Selon le bilan présenté par les Notaires de France lundi 8 décembre, l’année 2025 marque un retournement de tendance salutaire. Avec des volumes de ventes qui repartent à la hausse et des prix qui se stabilisent, les ménages retrouvent du pouvoir d’achat, même si le secteur du neuf reste le grand malade du logement.
© Conseil supérieur du notariat. Source : bases immobilières des Notaires de France
C’est un « ouf » de soulagement qui traverse les études notariales. Après une période d’ajustement brutal, 2025 se profile comme l’année de la normalisation. Loin des records d’après-Covid, mais loin aussi du marasme redouté, l’immobilier ancien français atterrit en douceur, porté par des fondamentaux qui s’assainissent, selon les chiffres dévoilés lundi 8 décembre par les Notaires de France.
Le signal le plus probant de cette vitalité retrouvée réside dans les volumes. L’époque de la dégringolade semble révolue : sur douze mois glissants, le nombre de transactions a atteint 921.000 ventes. Plus significatif encore, la courbe s’inverse franchement avec une évolution annuelle des volumes bondissant de +10,7% en France. Cette reprise n’est pas anecdotique : elle concerne la quasi-totalité du territoire, de la Haute-Garonne (+17%) à la Seine-et-Marne (+16%), même si quelques zones rurales comme la Creuse (-1%) restent en marge de l’euphorie.
Un redémarrage que les notaires attribuent à l’amélioration du pouvoir d’achat immobilier : la combinaison de prix assagis et de conditions d’emprunt stabilisées a redonné de l’air aux acquéreurs. En 2025, les Français ont regagné de la surface : en moyenne +3 m² pour les appartements et jusqu’à +5 m² pour les maisons anciennes par rapport à 2024.
Cette bouffée d’oxygène est visible dans les grandes métropoles, où la capacité de financement s’est reconstituée. À Strasbourg par exemple, un ménage remboursant 1.300 euros par mois peut désormais s’offrir 74 m² (+6 m² en un an), et jusqu’à 64 m² à Bordeaux. Même Paris, marché le plus tendu, offre un léger gain de surface.
Côté valeurs, la correction cède la place à une légère reprise, mais le marché reste à deux vitesses. Les projections des notaires pour la fin d’année 2025 anticipent une hausse des prix de 1,3% sur un an pour les appartements en France métropolitaine, tandis que les maisons, qui accusaient encore un léger recul au troisième trimestre (-0,4%), devraient terminer l’année dans le vert (+0,2%).
La carte de France des prix révèle toutefois des disparités persistantes. Paris repasse symboliquement dans le positif (+1,1% sur un an pour les appartements), tout comme Saint-Étienne (+0,8%) ou Le Havre (+0,8%). À l’inverse, certaines métropoles continuent de digérer les excès passés : Bordeaux voit le prix de ses appartements reculer de 3,7%, et Nantes de 0,1%. Pour les maisons, la tendance est similaire : si Le Havre grimpe (+1,9%), Lyon (-0,3%) et surtout Reims (-5,4%) affichent encore des baisses notables.
Si l’ancien retrouve des couleurs, le marché du neuf, lui, peine à sortir de l’ornière. Le contraste est saisissant. Les ventes d’appartements neufs affichent encore une évolution annuelle négative, bien que le rythme de la chute ralentisse (-5% au troisième trimestre 2025). Le secteur ne représente plus qu’une fraction marginale des transactions, sa part de marché s’érodant à 14%.
Même constat alarmant pour les terrains à bâtir, dont les ventes continuent de se contracter (-10% en rythme annuel), témoignant des difficultés persistantes de la construction de maisons individuelles.
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