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“Blandine, aidez-moi à vendre mon appartement, j’ai plein de problèmes financiers.” Quand Camille (tous les prénoms ont été modifiés) contacte Blandine Roy, fondatrice de l'agence Immobilier et Conseil à Paris, elle lui lance un cri de détresse. “Elle n’arrivait plus à payer ses charges”, se souvient l’agente immobilière.
Avant son décès, la mère de Camille vivait dans un studio de 27 mètres carrés, détenu en indivision avec sa sœur décédée. Les ayants droit de cette dernière l’avaient laissée jouir du bien. En 2025, à la mort de sa mère, Camille contacte Blandine pour vendre le studio dont elle était devenue propriétaire pour moitié, l’autre appartenant à Safa, sa cousine, depuis le décès de sa tante. Seul hic : les deux cousines ne se parlent plus depuis 30 ans à cause de différends familiaux. “Je pense que ma cousine n’a jamais vu le studio”, confie Camille à Blandine.
L’agente immobilière prend contact avec Safa. “Elle ne souhaite pas bloquer la vente et accepte le mandat, raconte Blandine Roy. En revanche, elle m’avoue qu’elle ne veut pas revoir sa cousine lors de la vente et qu’elle se fera représenter.” Safa profite néanmoins de cette occasion pour demander des nouvelles de Camille à l’agente. “Je lui explique qu’elle a vraiment besoin de l’argent de la vente pour régler une dette de 20 000 euros qu’elle doit au syndicat des copropriétaires de l’appartement dans lequel elle vit et repartir à zéro”, se souvient Blandine Roy.
Blandine Roy trouve un acquéreur qui achète le studio en rez-de-chaussée pour 200 000 euros. Comme prévu, “Safa n’est pas venue à la promesse de vente, elle s’est fait représenter”. Quelques jours plus tard, le rendez-vous chez le notaire pour signer la vente est pris. Contre toute attente, Safa est finalement venue. Après 30 ans, les deux cousines se retrouvent donc dans l’étude de ce notaire parisien.
“J’en pleure de cette histoire”, confie Blandine Roy en se souvenant de la scène. Safa n’était pas simplement venue pour signer l'acte. Elle a annoncé à Camille qu’elle lui donnait 9 500 euros “pour la remettre à flot. Elle ne voulait pas de merci, ce geste était réalisé en mémoire de leurs mères”.
“C’est un acte d’autant plus généreux que Safa est locataire de sa résidence principale et qu’elle a des enfants”, ajoute l’agente immobilière. À noter qu’une donation entre cousins est taxée à 55%, ce qui représenterait 5 225 euros de frais de donation. “Mais il est possible que ce don ait été fait à l’amiable. Le notaire a pu virer l’argent de l’appartement à parts égales et elles ont pu s’arranger entre elles ensuite”, suppose une notaire interrogée par Le Figaro Immobilier. Tant que le don n’est pas déclaré à l’administration fiscale, aucun droit de mutation n’est exigé. Toutefois, s’il est révélé ou déclaré ultérieurement, il pourra être soumis à taxation. “Les deux femmes ne se reverront sans doute jamais après cet événement, mais c’était une belle histoire.”
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