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Geoffrey Bonsignore. « Ça dépend du profil des acquéreurs et de leurs attentes. Le neuf, c’est plus compliqué car il y a de moins en moins de terrains. Le prix de l’are a augmenté. Toujours moins d’acheteurs ont la possibilité de construire. Et les banques sont plus frileuses pour l’achat de terrains nus. Le prix du neuf se situe entre 3 000 et 4 000 €/m2 sur Longwy et 20 km autour. Avec l’ancien, il y a plus de possibilités de trouver quelque chose d’abordable pour le rénover, malgré la montée du prix des matériaux. Prix qui ont encore augmenté au 1er avril, de 7 à 20 %, avec l’actualité géopolitique. »
« C’est vraiment selon le profil. Sur l’ancien, les banques peuvent poser des problèmes selon la classe énergétique. Si le bien est classé E, F ou G, 90 à 100 % d’entre elles imposent qu’une part du crédit accordé soit destiné à des travaux permettant d’atteindre le B, C ou D. »
« Mon ressenti est que les prix stagnent, dans le bassin, pour le moyen ou le bas de gamme. Sur les douze derniers mois, on est à +1,2 % concernant la commune de Longwy, pour l’ancien. Je constate cette situation depuis fin 2022-début 2023, moment où les taux des crédits des banques sont repartis à 4,3 %, 4,5 %, et que la montée folle des prix a commencé à se réguler. En revanche, je constate une augmentation des tarifs sur le haut de gamme, pour des offres atypiques qui ne peuvent pas être mises en concurrence : vue d’exception, sauna, jacuzzi, belles prestations… Pour un bien unique, il y a un prix unique. »
« Ça dépend. Un bien qui ne part pas, c’est souvent car il y a beaucoup de travaux à réaliser et que son prix est trop haut par rapport aux frais à engager. Il y a aussi d’autres faits… Certaines banques ont fait évoluer leur taux, jusqu’à +0,4 % en avril. Le budget des foyers en prend une claque. Mais ce que je dis ne sera peut-être plus vrai passé le 1er juin. En 2025, un bien ancien, après diffusion de l’annonce, je le vendais en 3,8 mois. Après, c’est une moyenne : certains ont été achetés en 48 heures ; pour d’autres, ça met six mois. En revanche, l’attractivité du secteur demeure. »
« Même si la majorité de mes clients sont des Français travaillant au Luxembourg, ça m’arrive de plus en plus de faire des visites en anglais, avec des gens venant d’autres pays parce qu’ils ne peuvent plus avoir accès à la propriété au Grand-Duché. Pour reprendre les termes de certains corps diplomatiques avec lesquels je travaille, pour les gros portefeuilles luxembourgeois, surtout depuis le Brexit : Luxembourg, c’est le Hong Kong de l’Europe. Et qui n’a pas envie d’habiter à trente minutes du Hong Kong de l’Europe ? »
« C’est très compliqué. Tout le monde recule vers la Meuse ou d’autres villes plus lointaines de la frontière. Comme une onde : les gens se décalent car ils ne peuvent plus acheter au Luxembourg. Ou louer, puisque le problème se pose aussi pour la location. À Luxembourg ville, la chambre se loue entre 1 000 et 1 200 €. »
« Non, juste une chambre, avec tout en commun. Une coloc’ quoi ! C’est très courant. Et ce qui se fait depuis quinze ans au Luxembourg arrive chez nous. J’observe ce phénomène depuis quatre ans sur Longwy et son bassin : les gens n’arrivent plus à se loger, même en location. Certains de mes clients investisseurs ne louent plus leurs appartements, mais les chambres de ces biens. La rentabilité est multipliée. Et comme les gens n’arrivent pas à se loger, ils les remplissent. Moi, je ne fais pas de location. Pourtant, les gens sont tellement désespérés, par rapport au petit nombre d’offres, qu’on me sollicite toutes les semaines. »