Toulouse (Haute-Garonne) innove en devenant la première ville européenne à accepter la cryptomonnaie dans les transports. Une transaction immobilière via le Bitcoin a été actée près de la Ville rose au début de l’année 2025. La preuve d’un essor, timide mais réel, des usages concrets des cryptos, malgré les défis réglementaires.
La ville de Toulouse (Haute-Garonne) fait parler d’elle en ce début d’année 2025 dans le milieu de la cryptomonnaie. « Tisséo demeure à la pointe de l’innovation et devient le 1er opérateur de transport européen à proposer la solution de paiement en cryptomonnaie » annonçait le 17 mars l’opérateur de transport en commun de la Ville rose. Un bon coup de communication mais aussi la preuve d’un intérêt croissant pour cette monnaie numérique et de son emploi de plus en plus répandu « In Real Life » (IRL). Une transaction immobilière, toujours près de Toulouse au début de l’année 2025, confirme son utilisation grandissante.
Quelques mois après la première transaction immobilière 100 % en bitcoins en France, BitcoinImmo a récidivé le 28 mars, avec la vente d’un terrain proche de Toulouse. Les BTC ont ensuite été convertis en euros grâce à l’exchange BullBitcoin pour payer le vendeur.

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« Nous avons accompagné un client local qui a acheté un terrain à bâtir affiché à 150.000 euros. Ce client détenait des cryptoactifs et souhaitait les utiliser pour cet achat. Il nous a contactés pour gérer la partie transactionnelle, explique Nicolas Fourclay, cofondateur de Bitcoinimmo. Nous avons donc joué le rôle d’intermédiaire et utilisé sa cryptomonnaie pour acheter le terrain, dont il est aujourd’hui propriétaire. »
Contrairement à une transaction directe en cryptomonnaie, la société spécialisée dans ce type de transaction met en place une solution via un Prestataire de Services sur Actifs Numériques (PSAN), régulé par l’AMF. C’est via le PSAN que le client convertit ses cryptoactifs en euros. « Ainsi, bien que l’acheteur ait payé en Bitcoins, le vendeur du terrain a reçu des euros, car ce dernier ne souhaitait pas être payé en cryptomonnaie. Nous gérons la mise en relation pour les aspects notariaux, administratifs et financiers. » précise Nicolas Fourclay.
Ce type de transactions reste encore un marché de niche, mais « la demande augmente » selon les professionnels. Souvent des personnes impliquées dans le secteur de la « tech », avec une bonne culture financière. Mais tous les écueils n’ont pas disparu. « De nombreux notaires restent encore assez réticents même si certains commencent toutefois à s’y intéresser, constate Renaud Escot, deuxième cofondateur de Bitcoinimmo. Pourtant, le Bitcoin apporte une transparence sur les fonds que les monnaies n’offrent pas toujours. Bitcoin n’est pas anonyme, mais pseudonyme : toutes les transactions sont traçables sur la blockchain. »
Hubert Letinier, président Chambre des notaires de Haute-Garonne explique les raisons de cette défiance. Tout d’abord, aujourd’hui en France, il est interdit de payer en totalité en Bitcoins. « Une vente doit se faire en monnaie et les cryptomonnaies n’en sont pas, souligne l’officier public. Quand on paye un ticket de métro à Tisséo en bitcoins et bien cela passe par une plateforme qui les transforme en euros versés sur le compte de Tisséo. »
Il y a aussi la question des impôts et les frais notariaux. Ils ne peuvent être réglés en « aucun cas en cryptomonnaie. » Concernant la vente d’un bien immobilier, « elle peut se faire dans le cadre d’un échange, explique Hubert Letinier. C’est-à-dire que l’on se met d’accord. Mon terrain vaut tant de tes Bitcoins. Et on fait l’échange. Mais il faut que le notaire maîtrise parfaitement la rédaction de ce type de contrats. »
« C’est typiquement dans ce genre de cas que des gens font appel à nous et notre réseau afin de travailler avec des notaires et avocats qui connaissent les cryptoactifs et la réglementation française » concède Nicolas Fourclay.
💰 Cryptoactifs, cryptomonnaies : comment s’y retrouver ? Contrairement aux idées reçues, les « cryptos » ne sont pas des monnaies au sens juridique et présentent des risques.
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Renaud Escot et Nicolas Fourchet n’en sont pas à leur coup d’essai. En décembre 2024, les deux entrepreneurs ont finalisé la vente de deux places de parking moyennant 0,33 bitcoin, soit 35 000 euros.
Transports en commun, vente immobilière, la présence des Bitcoins s’étend dans plusieurs secteurs du commerce même si son utilisation reste marginale. Ainsi, près de 25 magasins de la ville de Talence, en Nouvelle-Aquitaine, proposent ce mode de paiement alternatif pour payer sa pizza ou sa bouteille de vin. Aujourd’hui seulement 2 % des transactions chez les commerçants équipés s’effectuent via la cryptomonnaie.

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