Alors que les municipalités continuent de serrer la vis contre la location touristique type Airbnb, les investisseurs commencent davantage à s’orienter vers de la longue durée.
Une lueur d’optimisme. En un an, le spécialiste de la location meublée traditionnelle, Lodgis, enregistre une hausse de 94 % de la demande de propriétaires souhaitant faire de l’investissement locatif en longue durée dans les grandes villes françaises. « C’est un vrai signe positif, après deux ans d’attentisme des investisseurs. Ils relancent progressivement leur projet » , se réjouit Alexis Alban, président de Lodgis. En cause, un contexte plus favorable : après un pic à 4,15 % fin 2023, le taux moyen des crédits immobiliers est descendu à 3,09 % au troisième trimestre 2025, selon l’Observatoire crédit Logement/CSA .
En parallèle, l’entrée en vigueur, il y a tout juste un an, de la loi Le Meur a rebattu les cartes de l’investissement immobilier. Alors que cette loi – qui encadre la location courte durée et qui modifie le régime fiscal « micro‑BIC » de la location meublée non professionnelle (LMNP) – était dans les tuyaux depuis avril 2023, « son application nous a enfin permis d’y voir plus clair et d’accompagner clairement les investisseurs » , explique Alexis Alban.
Résultat : « On a de plus en plus de bailleurs qui changent de stratégie et qui abandonnent la location courte durée type Airbnb ou Booking pour passer en meublé traditionnel » , détaille-t-il. Ils représentent ainsi 20 % des propriétaires-bailleurs, selon la constation de Lodgis. Une dynamique qui s’explique également par une politique locale de plus en plus sévère à l’égard des logements de tourisme.
Instauration de quotas, refus de SCI, mesure compensatoire… Ces dernières années, de nombreuses villes ont durci les conditions d’autorisation de mise en location saisonnière . A titre d’exemple, Paris, Lyon, le Pays basque et plus récemment La Rochelle , obligent les propriétaires louant leur résidence secondaire en courte durée à acheter un second bien, de même surface, pour le mettre en location longue durée. Une mesure tellement restrictive que seulement cinq autorisations en compensation ont été enregistrées au Pays basque depuis 2023. De son côté, Lyon en comptabilise trois dans l’hypercentre de la ville.
Autrement dit, ces mesures locales découragent les bailleurs qui voudraient se lancer sur de la location courte durée. « On observe notamment un retour des profils qui veulent opter pour le statut LMNP (via le régime micro-BIC ou réel) » , au détriment de la location vide, jugée moins rentable, précise Alexis Alban. « Toutes les dernières transactions réalisées par des investisseurs ont été actées en LMNP pour des raisons fiscales essentiellement » , compète Marie-Ange Hoarau, franchisée chez Laforêt à Marseille.
Même si un regain d’intérêt pour la location longue durée est observé, les investisseurs restent malgré tout encore vigilants. En effet, le volume de mandats signés n’a progressé « que » de 12 % par rapport à l’année dernière, constate Lodgis. « C’est un bon début, mais le marché locatif reste encore très tendu » , nuance son président.
A Paris, il faut compter en moyenne 33 candidats par annonce. C’est 2,6 fois supérieur à la moyenne nationale, selon le baromètre Manda, spécialisé en gestion locative. Nice et Lyon enregistrent également un niveau de tension locative particulièrement préoccupant, avec respectivement 26 et 19 candidatures par annonce, souvent supprimée très rapidement du site de location. « En une matinée, je reçois une cinquantaine de demandes » , assure même Marie-Ange Hoarau, qui travaille dans le 11e arrondissement de Marseille.
Pour désengorger le marché locatif, les professionnels de l’immobilier appellent régulièrement l’exécutif à encourager l’investissement locatif. Comment ? En créant un statut du bailleur privé pour améliorer la fiscalité des concernés , notamment pour la location vide. Et bonne nouvelle, le nouveau ministre du Logement, Vincent Jeanbrun , a annoncé ce vendredi 17 octobre que ce statut sera proposé au projet de loi de finances (PLF) 2026 via un amendement. Reste à savoir si les parlementaires choisiront ou non de changer une nouvelle fois la fiscalité.
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