« Nous sommes optimistes. On sort du brouillard. Ça se dégage ! »
Avant même que le soleil ne reprenne ses droits sur la Côte d’Azur, Me Stéphane Paolino a filé la métaphore météo, en ce lundi matin grisailleux, pour dépeindre le marché de l’immobilier.
Non pas avec des prévisions, mais avec « des chiffres tout frais, sur des ventes signées ».
Le délégué à la communication de la chambre des notaires des Alpes-Maritimes a présenté un tableau rassurant de l’activité immobilière. Dans l’ancien, du moins…
Sur le marché de l’ancien, la tendance est repartie à la hausse entre octobre 2024 et octobre 2025 : +5 %.
« Ça n’arrêtait pas de baisser. Nous avions l’impression d’avoir touché le fond. Et ça repart », salue Stéphane Paolino.
En France, fin septembre, les notaires recensaient 921.000 ventes sur une année glissante. Soit + 11 %.
Un retour au niveau de juin 2017. Si la hausse semble plus timide sur la Côte, « elle s’accélère sur le dernier trimestre, relativise Me Paolino. Ca repart partout équitablement. Or c’est le volume [des transactions] qui traduit le dynamisme d’un marché. C’est significatif d’une sortie de crise. »
Autre feu repassé au vert : les prix ont, globalement, cessé de flamber. Sur une année glissante (octobre 2024-2025), ils augmentent d’1,4 %.
« Il y a trois ans, nous avions assisté à une hausse de 7 % !, rappelle Me Paolino. On est en phase d’atterrissage des prix, ce qui est une chose saine pour le marché. Et il ne faut pas oublier que l’inflation est presque à 2 % ; ce n’est pas une augmentation, c’est une stabilisation. »
Les prix augmentent timidement à Nice (+0,6 %), plus sensiblement à Cannes (+2,6 %), Antibes (+2,3 %), Grasse (+2,2 %), Cagnes-sur-Mer (+2,7 %), et nettement à Menton (+4,3 %).
Ils grimpent encore dans le « secteur neige » (+3,1 %), reflétant l’engouement post-Covid pour les stations et le haut pays.
Le prix des maisons y bondit de 14,3 % ! A contrario, à l’échelle départementale, le prix des maisons dans l’ancien recule de 0,9 %.
Dans le neuf, les prix gagnent 4,2 %, pour porter le mètre carré à 6.400 euros en moyenne.
Le volume des transactions, lui, est en chute libre : l’investissement locatif dégringole de 55 %, la vente aux particuliers recule de 20 %.
Une conséquence directe de la fin du dispositif Pinel fin 2024, pour Me Paolino.
Conséquence : si l’immobilier sort de la crise, celle du logement persiste. « Cela impacte toutes les couches de la société. Ceux qu’on ne voit plus, ce sont les primo-accédants. »
Et la stabilisation des taux d’intérêt autour de 3,1 % ne suffit pas.
« Il faut revoir l’immobilier de fond en comble, plaide Me Paolino. On aimerait qu’il y ait une vraie volonté politique. Car l’immobilier, ce sont des humains derrière. Ce sont les Français ! »
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