Ils frémissent depuis le mois d’août dernier: quelques centièmes par ci, quelques dizièmes par là… Les taux d’intérêt des crédits immobiliers sont repartis légèrement à la hausse ces derniers mois, mais restent relativement stables. Ils sont, d’un côté, tirés par le retour des transactions et l’instabilité du contexte politique. De l’autre, retenus par la volonté des banques de conquérir de nouveaux clients en ce début d’année, après trois années d’apathie sur ce type de crédits.
Les courtiers attestent en effet d’un contexte « légèrement haussier », mais « pas brutal »: selon les chiffres de Cafpi relevés en décembre, qui regroupe 120 banques partenaires, les taux fixes des prêts immobiliers proposés par les banques s’élevaient en moyenne à 3,11% pour les prêts à 15 ans, à 3,25% pour les prêts à 20 ans et à 3,35% pour les prêts à 25 ans. Soit une hausse comprise « entre un et quatre centièmes » en un mois, « ce qui est finalement très peu », remarque Caroline Arnould, directrice générale de Cafpi, auprès de BFM Business.
En 2026, la tendance serait également à la stabilité. D’apès le Capfi, qui a reçu fin décembre les barèmes appliqués par les banques début 2026, « on voit que la moitié d’entre elles reste à des taux stables, qui ne bougent pas, et que l’autre moitié prévoit des petites hausses, allant jusqu’à +0,10%. Mais il n’y a rien d’inquiétant ».
Cette retenue s’explique en partie par la volonté des banques de conquérir de nouveaux clients, alors qu’elles sortent de plusieurs années d’atonie sur le marché immobilier. En 2025, le volume de crédits à l’achat d’un logement a bondi de 40%, pour avoisiner les 140 milliards d’euros, dont 10 à 12% sont des PTZ. Un dispositif qui a été assoupli et élargi à de nouveaux ménages au printemps dernier et ce, jusqu’en décembre 2027.
Mais il faut garder à l’oeil l’impact d’indicateurs politiques et géopolitiques, déterminants pour les prochains mois. Exemple récent avec les obligations assimilables du Trésor (les fameuses « OAT »), à savoir les taux d’emprunt de l’Etat: le 22 décembre, soit trois jours après l’échec du vote sur le budget en Commission mixte paritaire, l’OAT à 10 ans a atteint les 3,62%. Cet indicateur, qui détermine en partie le niveau des taux de crédits immobiliers, est ensuite redescendu, avant de réaugmenter pour atteindre aujourd’hui les 3,6%.
En décembre dernier, la BCE a effectivement, pour la quatrième fois, reconduit ses taux. Si elle a souvent tendance à s’aligner aux décisions du Fed américaine, qui pourrait revoir ses taux à la baisse cette année avec son changement de gouvernance attendu, le contexte mondial rebat les cartes pour la BCE. L’instance européenne suivra-t-elle son homologue américain ?
Sachant qu’au troisième trimestre, la croissance de la zone euro a atteint les 0,3%, un résultat meilleur qu’anticipé.
Dans ce contexte, les banques, tout comme les entreprises, sillonent afin de bâtir leur stratégie au-delà des enjeux politiques – autant que possible à tout le moins. « Les banques anticipent aujourd’hui ces tensions, qu’elles ont intégré à leurs grilles », soutient Caroline Arnould. De fait, elles tentent de manoeuvrer large.
Globalement, le pouvoir d’achat immobilier a quant à lui progressé en 2025: cela signifique qu’à montant égal, la surface d’un bien acheté est plus importante, en allant (pour une mensualité de 1.000 euros) de -1,67 mètre carré à Toulouse (57,5 mètres carrés) à +3,29 mètres carrés à Lille (60,5 mètres carrés).
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