Imaginez, investir dans « un coup de cœur », réaliser des travaux et découvrir que votre bien immobilier part en poussière. Une mésaventure que connaissent Vincent Boussougant et sa famille. Leur maison est rongée par la mérule. Il mène un combat pour demander l’annulation de la vente.
Le petit manoir, c’est son nom, est une ancienne bâtisse de maître datant de 1909. « Nous avons acheté cette maison en juillet 2022. C’était un coup de cœur », avance Vincent Boussougant. Son prix d’achat : 186 000 €. Il a très vite déchanté. Quelques semaines sont passées, avant de s’apercevoir que les menuiseries partent en poussière. Le contact est pris avec l’agent immobilier et les propriétaires de l’époque, « nous voulions savoir s’ils avaient connaissance de quelque chose, s’il n’y avait pas de désordre dans la maison ». Le pire reste à découvrir lors de travaux d’isolation au 2e étage. La charpente est fortement endommagée. Elle aussi se désagrège. Le constat est sans appel, l’ensemble des poutres de la charpente est rongé par la mérule.
Un diagnostic négatif
Le diagnostic livré avant la vente est négatif à la mérule, mais bel et bien positif aux champignons lignivores. Un champignon qui se nourrit du bois responsable de sa décomposition. Vincent Boussougant est formel, « l’agent immobilier avait en sa possession ce diagnostic ». Le propriétaire engage alors une procédure à l’amiable. Un expert est missionné pour constater et évaluer les dégâts, « ni l’agent immobilier, ni les anciens propriétaires n’étaient présents ». Aucun accord n’est trouvé.
Une poutre s’effondre
Les dégâts ne cessent de s’aggraver. Les bâtis de porte en bois, les planchers, les menuiseries… tout se décomposent. L’affaire est menée au pénal. Un expert judiciaire est mandaté. Son rapport mentionne que les travaux liés à la situation ne sont pas urgents. Et pourtant. Une poutre de maintien de la charpente s’est effondrée le 18 février 2024. Le risque d’effondrement de la bâtisse est important. Vincent Boussougant souhaite mettre sa famille en sécurité, « nous avons fait le choix de nous reloger nous-même le 25 décembre 2024. De repartir en location ». Cette mésaventure, Vincent Boussougant l’expose dans un courrier au Président de la République. La réponse de l’Élysée l’oriente vers le préfet du Pas-de-Calais. Ce dernier répond ne pas vouloir interférer dans la procédure judiciaire. Repartir en location à un coût. Le crédit immobilier court toujours. À cela s’ajoutent celui des travaux et maintenant le loyer. Les enfants n’ont pas changé d’école mais le transport scolaire limitrophe entre le Pas-de-Calais et la Somme (nouveau département de résidence) n’existe pas.
L’annulation de la vente espérée
Les attentes de Vincent Boussougant sont claires, « je demande l’annulation de la vente. Si nous avions eu le diagnostic avant l’achat, on n’aurait jamais acheté ». Des dommages et intérêts sont aussi demandés ainsi que le remboursement des travaux engagés la première année pour plus de 60 000 €. « Cette situation critique est liée à un manque d’entretien en raison de fuite en toiture ». Il est probablement trop tard, « nous ne sommes plus en mesure de réparer les fuites en raison du risque d’effondrement ce qui aggrave davantage la situation ». Les travaux sont chiffrés à plus de 300 000 €. Un coût trop important. À terme, « la maison pourrait disparaître ».
Quentin Dupuich
Contacté, l’agent immobilier nous renvoie vers son avocate qui n’a pas répondu à nos sollicitations.
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