Avant les SCPI, l’assurance-vie ou le PER, les conseillers en gestion de patrimoine constatent qu’un premier achat immobilier précoce et bien calibré pèse plus, à 50 ans, que vingt ans de versements en Bourse. Mais un mauvais choix peut bloquer une stratégie pendant neuf ans. Décryptage.
Quand un conseiller en gestion de patrimoine accompagne ses clients sur quinze ou vingt ans, certaines trajectoires reviennent. Celles qui fonctionnent — patrimoine multiplié, fiscalité optimisée, transmission préparée — partagent presque toujours un point de départ identique : un premier investissement immobilier engagé tôt, structuré dès la signature autour d’un régime fiscal cohérent et d’un horizon long. Avant la diversification en assurance-vie, avant les SCPI, avant le Plan d’épargne retraite.
Pour Jordan Sarralié, conseiller en gestion de patrimoine à Orléans, le constat n’a rien d’idéologique : il tient à la mécanique du financement. « Le premier bien acheté à 30 ans vaut souvent plus, à 50 ans, que 20 ans de versements sur un PEA. Pas parce que l’immobilier surperforme la Bourse — parce qu’on emprunte pour l’acheter. » L’effet de levier du crédit, inaccessible aux placements financiers classiques, transforme une capacité d’épargne modeste en patrimoine substantiel.
La première question touche au régime fiscal. Correspond-il à votre tranche marginale d’imposition ? Un dispositif de défiscalisation calibré pour un contribuable en tranche à 41 % perd l’essentiel de son intérêt en tranche à 11 %. Pire, il peut verrouiller le bien pendant 9 ans au nom d’un avantage fiscal qui ne se matérialise jamais pleinement. « Un mauvais dispositif, c’est neuf ans de patrimoine bloqué. Et neuf ans de stratégie qui ne peut pas être déployée », alerte Jordan Sarralié. La règle consiste à choisir le régime après avoir analysé son profil fiscal, jamais l’inverse.
La deuxième question concerne la gestion. Pour les biens en résidence services, en SCPI ou via un montage clé en main, le gestionnaire pèse souvent plus que la fiscalité. « Quand le bien est en résidence services ou via une SCPI, c’est le gestionnaire qui fait 80 % de la rentabilité réelle, pas la fiscalité », martèle le CGP. Une vacance locative prolongée, des charges qui dérapent ou un bail commercial mal négocié peuvent annuler tout l’avantage fiscal sur lequel reposait l’opération. Un track record sur dix ans et la solidité financière du gestionnaire valent davantage qu’une plaquette commerciale.
La troisième question relève de la zone géographique. Est-elle viable hors avantage fiscal ? C’est l’écueil que les CGP voient le plus souvent. « Le bon dispositif fiscal dans la mauvaise ville produit le pire résultat possible : une niche fiscale qu’on doit garder pour ne pas la rembourser », résume Jordan Sarralié. Un bien doit pouvoir se louer et se revendre sans le levier fiscal, sur la base de critères classiques : tension locative, démographie, dynamique économique, accessibilité. Si l’opération ne tient que par la défiscalisation, elle ne tient pas.
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