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Amendes fictives, fausses cartes vitales, vendeurs du Bon Coin disparus : les escroqueries en ligne se multiplient dans le département comme partout en France. Au tribunal, magistrats et enquêteurs font face à ce nouveau fléau.
Vanessa, habitante du Vallon, souhaite changer de téléphone début 2023. Elle va sur le site de petites annonces Le Bon Coin et trouve son bonheur. Elle envoie un mail au vendeur, il demande un acompte à hauteur de 150 €. Elle le verse, un rendez-vous est fixé à Albi : elle patiente plus de deux heures, le vendeur ne s’y présentera jamais.
Cette même année, fin août, un Millavois reçoit une amende sur son mail, elle est signée de l’organe officiel Antai. Elle est de 35 €, il veut payer au plus vite, ne se méfie pas, entre son RIB. Dans la foulée, il reçoit un coup de fil : un homme se présente comme conseiller bancaire, il lui dit qu’il vient de se faire pirater, qu’il faut rapidement mettre son argent sur un compte sécurisé. Il s’exécute. Un premier virement de 1700€, un deuxième de 1800€. Il l’apprendra un peu plus tard, mais il vient d’être victime d’une arnaque. « Ce qui est fou, c’est que l’appel était avec le vrai numéro de la fraude bancaire ! », dit-il, désabusé.
Jean-Claude de Baraqueville a vécu la même mésaventure : lui avait reçu un SMS signé de la Sécurité sociale pour mettre à jour sa carte vitale… Il a donné son RIB, un conseiller bancaire l’a appelé. On connaît la suite. Préjudice : 3 300€.
Dans leur malheur, les trois Aveyronnais se disent « chanceux ». Car on a retrouvé leurs arnaqueurs. Ce qui est rare, très rare, tant les dossiers de ce type affluent depuis plusieurs années dans les commissariats de police et brigades aveyronnaises. Avec des montants « parfois hallucinants », confie un enquêteur. Les campagnes de prévention ont beau être régulières, la France ne parvient pas à faire face à ce fléau. Usurpation d’identité, faux conseillers bancaires, escroqueries en ligne : en 2024, plusieurs centaines de milliers de ménages ont été touchées selon les chiffres de la Banque de France. Et bien souvent, on ne retrouve ni la trace des fonds, virés régulièrement vers l’étranger, ou des escrocs. Au tribunal de Rodez, la semaine passée, le parquet de l’Aveyron a donc souligné « l’excellent travail » des enquêteurs locaux.
Trois hommes étaient cités pour ces escroqueries. Un seul s’est présenté. Un jeune homme, 19 ans, arrivé de Paris 19e. C’est une « petite main », mais il a expliqué comment il était « mouillé » dans l’arnaque : sur le réseau social Snapchat, on l’a contacté pour se faire un « petit billet facile ». Il vit des revenus de la Mission locale, 590€ par mois. Là, il suffisait qu’il donne son RIB au réseau pour que les fonds soient transférés sur son compte avant d’être virés dans la minute qui suit. « C’est une erreur, je m’excuse », dit le jeune homme. Le procureur, Chérif Chabbi, évoque « une erreur de jeunesse » et souligne le fait qu’il se soit déplacé. « Ne l’accablons pas », dit-il en requérant du travail d’intérêt général, « une peine qui servira à la société ».
– « Cela vous convient ?, demande la juge Blandine Arrial.
– Oui, oui, très bien.
– Vous savez ce que c’est que du TIG ?
– Non…
– Vous voyez, vous êtes naïf et c’est comme ça que les réseaux se servent de vous ! », lui rétorque la présidente.
Le prévenu repart avec 70 heures de travail d’intérêt général à mener en région parisienne. Pour les deux autres arnaqueurs, non présents, les peines ont été plus lourdes. Celui du Bon Coin, déjà condamné à de multiples reprises pour des mêmes faits, a écopé de huit mois de prison ferme. Il vit dans le Tarn et devrait recevoir la sentence d’ici peu… Pour le faux conseiller bancaire ayant usurpé plus de 3 000 € à un Millavois, le tribunal a prononcé une interdiction de séjour en France durant 10 ans. Il est Libyen et personne ne sait désormais où il vit. « Ces arnaques ont des conséquences parfois graves sur les victimes, cela peut les mettre en péril financièrement. Je considère que lorsqu’on est en France, on n’y est pas pour escroquer », avait souligné le représentant du ministère public, Chérif Chabbi. « Je ne vous cache pas que je ne sais pas comment vous allez récupérer les sommes perdues… Je ne vous donne pas beaucoup d’espoir », confie la juge Arrial. Avant que l’un de ses assesseurs prenne la parole : « Rapprochez-vous de vos banques car elles doivent vous rembourser : elles ont une obligation de surveiller les transferts de fonds frauduleux », dit-il aux victimes, avant de confier : « C’est arrivé à ma fille il n’y a pas longtemps, elle a été remboursée… » Preuve que personne n’est à l’abri de ce véritable fléau.
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Dans ce genre d'affaires: police, justice se soucie peux des victimes en les traitant comme des gens naïfs, les banques ne sont pas mieux.
Les escroc de tout poils le savent bien et profite de la situation, ils savent qu'ils ont peux de risques de ce faire prendre, et que les sanctions sont minimes.
Quand aux victimes elles le sont deux fois: victime des escrocs et délaissés par la justice et les banques.
Les sites comme le bon coin et autres devrait être tenus pour responsables en hébergeant des gens malhonnêtes sur leur site.

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