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Depuis trois ans, un couple accueillait des prostituées sud-américaines dans un appartement. Interpellé, il devra répondre devant la justice de proxénétisme aggravé et de traite des êtres humains
L’effet de surprise a été total, ce lundi 3 novembre, pour un sexagénaire et sa compagne âgée de 46 ans, qui ne s’attendaient pas à se retrouver en garde à vue au commissariat central de Bordeaux. L’homme a été interpellé discrètement, vers 13 h 30, par les policiers de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) alors qu’il déjeunait tranquillement dans un restaurant du centre-ville. La femme a été…
L’effet de surprise a été total, ce lundi 3 novembre, pour un sexagénaire et sa compagne âgée de 46 ans, qui ne s’attendaient pas à se retrouver en garde à vue au commissariat central de Bordeaux. L’homme a été interpellé discrètement, vers 13 h 30, par les policiers de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) alors qu’il déjeunait tranquillement dans un restaurant du centre-ville. La femme a été arrêtée au même moment dans leur appartement, au 18e étage d’une tour, rue de l’Espéranto, à Lormont. L’opération, menée à l’initiative du Groupe de lutte contre le proxénétisme à la Division de la criminalité territoriale (DCT), avait été minutieusement préparée après de longs mois d’enquête.
Le couple étant soupçonné d’héberger des prostituées sud-américaines et de les avoir fait travailler à son domicile, depuis au moins trois ans. Lors de l’intervention dans l’appartement, les policiers ont découvert deux Colombiennes et une Dominicaine ainsi que la présumée proxénète.
Les prostituées vivaient dans une partie du T2 aménagé en maison close. L’une d’elles dormait sur un matelas, à même le sol, dans un placard de 2 mètres carrés.
L’affaire a vu le jour au mois de juin dernier, au lendemain d’un signalement après un vol aggravé suivi d’une séquestration de deux jeunes femmes sud-américaines qui se prostituaient. Les policiers de la DCT ont alors commencé à « gratter » et ont rapidement appris qu’elles habitaient avec leurs proxénètes. Les investigations de police technique leur ont permis d’apprendre que les filles étaient majoritairement des Colombiennes, recrutées par la quadragénaire lormontaise qui avait, elle-même, été prostituée il y a quelques années en Espagne. C’est là qu’elle aurait rencontré le sexagénaire qui serait ensuite devenu son compagnon en 2021. Cherchant à s’installer en France, l’homme lui aurait proposé son logement.
Affaire conclue, le couple s’installe à Lormont et, au fil des mois, un réseau de prostitution se met en place. Madame recrute, gère le standard téléphonique des annonces publiées sur un site Internet, accueille les clients et leur présente les trois filles qui défilent en petite tenue dans le salon. Le client n’ayant plus qu’à faire son choix.
Les prestations variaient de 50 euros le quart d’heure à 150 euros l’heure. Les prostituées travaillaient sept jours sur sept mais il y avait un turnover régulier. La police a recensé plus d’une dizaine de victimes qui auraient effectué une sorte de « sex tour » entre Bordeaux et l’Espagne. La proxénète percevait la moitié du montant de chaque prestation. Elle aurait empoché plusieurs dizaines de milliers d’euros ces trois dernières années. Les policiers ont pu démontrer qu’elle avait déposé 50 000 euros dans une banque espagnole.
Le proxénète, quant à lui, exerçant la profession de commerçant ambulant, se faisait remettre 300 euros par semaine pour la mise à disposition de son logement. Il assurait la protection armée des prostituées et aurait reconnu avoir exhibé un fusil pour faire fuir des individus.
À l’issue de 96 heures de garde à vue, le couple a été déféré devant le tribunal correctionnel pour être jugé en comparution immédiate, ce vendredi 7 novembre. L’affaire a été renvoyée au 16 janvier 2026. En attendant, la proxénète a été placée en détention provisoire et son compagnon sous contrôle judiciaire.
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