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Strasbourg
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Les gens du quartier y avaient leurs habitudes : ils trouvaient leurs médicaments sur ordonnance et leurs tubes de vitamine dans la coquette pharmacie du Dôme , à l’angle des rues des Juifs, des Hallebardes et du Dôme. L’officine, dont les jolies boiseries étaient aussi prisées par le septième art, avait servi de décor au cinéaste Édouard Niermans, qui y avait tourné des scènes du téléfilm Le Septième Juré en 2007 avec l’acteur Jean-Pierre Darroussin. « Un pharmacien psychopathe… », s’était rappelée avec effroi l’une des pharmaciennes de l’officine, à l’évocation de ce souvenir.
Aléas du commerce, cette officine s’en est allée pour déménager dans un local plus spacieux, un peu plus loin, au 5 rue du Dôme en 2022. Laissant derrière elle un local idéalement placé avec vue sur la cathédrale dans une artère commerçante qui attire les boutiques de luxe. Plus particulièrement la haute horlogerie et joaillerie.
La nouvelle boutique Lepage aura une vue sur la cathédrale. Photo Philippe Dossmann
Les travaux doivent se poursuivre encore plusieurs mois.   Photo Philippe Dossmann
L’ouverture est prévue à la mi-mai prochain.   Photo Philippe Dossmann
Laissé en jachère depuis quelques années, le temps d’évaluer si des éléments boisés devaient être classés au patrimoine, selon plusieurs témoignages, le lieu n’en a pas moins suscité les convoitises par les commerçants du coin. La rumeur persistante dans le milieu laissait entendre qu’un des fleurons mondiaux de ce secteur – Rolex – cherchait un nouveau point de chute strasbourgeois.
Un conseiller de vente de montres de la bijouterie Jacquot rencontré mercredi 4 mars a confirmé ce jour-là qu’il s’agissait bien de l’ouverture prochaine d’une « boutique multimarque, avec aussi Rolex » dans le local caché par une palissade beige. Sans en dire davantage toutefois.
Le lendemain, ce jeudi 5 mars, le site d’information en ligne Actu Strasbourg annonce qu’il s’agit bien de la boutique Jacquot, située 10 rue du Dôme, qui va déménager « en mai prochain », un peu plus près de la cathédrale pour prendre possession de cette vaste cellule de quelque 300 m² sur deux niveaux.
Elle devrait également changer de nom en devenant “bijouterie Lepage”, une enseigne multimarques. Interrogé par le média sur le web, Sébastien Lepage, gérant associé du groupe éponyme – « qui compte 14 magasins en France » et dont le siège familial (cinq générations d’horlogers) se situe à Lille – confirme que les amateurs y trouveront les marques « Rolex, Chanel, Tudor ou Fred », mais aussi « un pôle entier dédié à l’horlogerie vintage d’occasion », qui est en vogue.
De quoi donner encore plus des airs de « place (Ven) dôme strasbourgeoise » à cette rue (qui débouche sur la place Broglie où s’est installée la boutique Hermès), comme la surnomme le couple Genton (Édouard et Melissa) – à la tête de plusieurs boutiques d’horlogerie et de joaillerie de luxe dans la rue du Dôme et celle du Temple-Neuf voisine.
Selon les spécialistes, le business des montres est passé de la reconnaissance sociale à l’objet de collection. D’ailleurs certains en possèdent plusieurs. Les prix varient de 5 000 euros à 500 000 euros pour les plus recherchées. S’offrir une montre de haute horlogerie représente ainsi un investissement : certains acheteurs jouent la surcote au niveau du second marché avec une montre rare. Posséder une telle montre est du même ordre qu’investir dans une voiture de luxe. L’encombrement en moins…
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