C’était dans son programme, le voici désormais mis en musique: le nouvel exécutif de la ville de Paris a annoncé ce mardi, lors de la première séance du Conseil, vouloir actionner le levier fiscal sur les logements vacants afin de désserer la tension locative dans la Capitale.
Après avoir mis en place, lors du dernier mandat, l’encadrement des loyers (mesure contestée par l’opposition de droite, faisant en ce moment l’objet d’une étude par deux économistes, commandée par le gouvernement), mais aussi une fiscalité accrue sur les meublés tourististiques, le nouvel exécutif s’apprête à agir sur la fiscalité. L’objectif: doubler, à partir de 2027, le taux de la taxe sur les logements vacants (qui deviendra la « taxe sur les locaux d’habitation »), qui passerait ainsi de 17% à 30% de la valeur locative cadastrale la première année de vacance d’un bien, et de 34 à 60% pour la seconde.
Aujourd’hui, le montant de cette taxe varie entre 1.500 et 2.000 euros selon l’adjoint au Logement, Jacques Baudrier, réélu à cette fonction en mars. Il pourrait donc doubler à partir de 2027.
Cette mesure est inscrite dans la loi de finances 2026, et devra être à nouveau débattue dans le projet de loi 2027. « On s’est battu pour obtenir un amendement lors des débats. Depuis, on a le droit de multiplier le taux de la taxe par deux, donc on annonce dès maintenant que nous allons le faire », explique Jacques Baudrier.
L’objectif est ici de toucher 150.000 logements considérés comme vacants par la ville, « 70.000 en vacance frictionnelle, c’est-à-dire en attente d’être vendus ou reloués, et 80.000 en vacance structurelle », précise l’élu, qui ajoute que « selon l’Etat, 36.000 logements sont vacants depuis plus de deux ans à Paris ». Cela correspond environ à 14% du parc privé dans la capitale.
« On souhaite aussi avoir une pleine maîtrise de la taxe sur les résidences secondaires, soit 150.000 logements », explique encore l’élu. « Au total, les logements inoccupés (résidences secondaires et logements vacants) représentent 28% du parc privé. Le nombre de logements inoccupés progresse de 7.000 par an, c’est insoutenable ». Ici, l’éxécutif pointe un sujet de spéculation immobilière. « À Paris, 40% des logements privés sont détenus par des personnes qui possèdent au moins cinq bien immobiliers », a souligne le maire, Emmanuel Grégoire.
Le nouvel exécutif explique vouloir peser, dans le projet de loi de finances 2027, sur le sujet de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, aujourd’hui corrélée à l’évolution de la taxe foncière. Son objectif serait de les décorréler les deux, en vue de pouvoir augmenter le niveau de taxation.
Autre annonce, l’exécutif veut créer une « brigade de protection du logement » d’environ 150 personnes qui interviendra « dans la lutte contre les meublés de tourisme illégaux, l’habitat insalubre et les marchands de sommeil, la prévention des expulsions ainsi que pour le respect de l’encadrement des loyers ».
Cette brigade accompagnera également les locataires confrontés à des « pratiques abusives, telles que les détournements de baux, les ventes à la découpe ou encore certaines pratiques de spéculation visant à chasser les locataires en place ». Cette brigade doit regrouper des personnels déjà en poste, mais des recrutements sont également prévus. Un portail unique en ligne permettra aux habitants de signaler directement leurs difficultés.
Dans l’opposition, le conseiller de Paris Aurélien Véron a vivement critiqué la politique de la majorité, accusée de « menacer » les propriétaires avec des préemptions et des surtaxes, alors qu’ils contribuent déjà à hauteur de « près de 4 milliards d’euros par an » en impôts. Il dénonce également le « passage sous silence de la réalité du parc social », où des « immeubles sont laissés à l’abandon ». Aujourd’hui, 320.000 demandeurs sont en attente d’un logement social.
Grégory Canal (DVD), coprésident avec Rachida Dati du groupe d’opposition de droite Paris Liberté, a quant à lui fustigé une « espèce de chasse au logement vacant », comparant la nouvelle brigade à une « sorte de milice administrative », s’attirant aussitôt les condamnations de la gauche.
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