Sur le sujet domanial, le conseil métropolitain, réuni mercredi, a livré deux informations. D’abord, que la chose est éminemment complexe, avec un glossaire réservé aux initiés. Ensuite, que les évolutions en la matière, si infimes puissent-elles paraître, sont susceptibles de prendre plusieurs années. Alors qu’on pensait le projet « Mayol à Pipady » mort et enterré, TPM a ainsi annoncé que le prochain changement de statut de l’un des terrains convoités au Mourillon allait sans doute permettre de débloquer une partie de l’ambitieuse opération d’aménagement lancée en… 2019 !
En substance, le vice-président de la métropole Robert Cavanna a expliqué que le domaine public maritime (DPM), du côté de l’ancien arsenal autrefois utilisé par DCNS, avait enfin été délimité par le ministère de la transition écologique. Dont acte : ce plan au cordeau, tant attendu par la collectivité, va permettre le déclassement des emprises faisant partie du DPM « naturel » – historiquement recouvertes par la mer – ce que sollicite aujourd’hui TPM auprès de l’État. Bref, il ne manque plus que cette étape administrative pour que la collectivité puisse prendre possession de ces trois hectares de littoral (via une autorisation d’occupation temporaire) et ne s’attelle à la transformation des lieux.
« Je note qu’on a quand même mis la charrue avant les bœufs en annonçant (en 2019, ndlr), avec l’ancien président Hubert Falco, un projet qui n’était pas du tout ficelé », a déploré l’opposant du Rassemblement national Amaury Navarranne. « On avait lancé les concours et les consultations, auprès des cabinets d’architecture, avant de devoir rétropédaler. Sans oublier tout ce qu’on a dépensé en termes de communication et de marchés ! »
Piqué, Robert Cavanna a rétorqué que « ce projet avait fait l’objet de subventions de l’État. C’est plus tard qu’on nous a dit : attention, il y a une partie qui relève du DPM naturel. Au départ, personne ne nous avait prévenus… »
Reste à savoir quelle forme pourrait prendre le « Mayol à Pipady » du futur, pour cette partie là de l’opération. Un site accueillant un hôtel de luxe, une halle marine, un palais des congrès, quatre immeubles de bureau et un parc de deux hectares, comme annoncé, visuels à l’appui, il y a quatre ans ? Sans doute pas.
« L’ambition de la municipalité n’a pas changé : rendre la rade aux Toulonnais et reprendre possession de cette bande de littoral libérée par la Marine », a souligné la maire Josée Massi. Avant de préciser sa pensée. « Nous avons pris soin d’écouter les attentes mais aussi parfois les craintes des riverains. C’est pourquoi nous prévoyons des ajustements au projet initial, en faisant la part belle à la végétation et à un véritable accès au bord de mer. »
Quoi qu’il en soit, on est désormais prévenu : tout ça n’est pas pour demain.
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