De mars à novembre 2025, ils avaient escroqué une quarantaine de personnes. Montant du préjudice : 45 000 euros. La mère a écopé de deux ans ferme, son fils de sursis.
Quarante-cinq mille euros de préjudice total. 43 faits pour l’une, 34 faits pour l’autre. Ce jeudi, Émilie Defarge, 45 ans et son fils Mathias, 20 ans, étaient jugés pour une interminable série d’escroqueries. Entre mars et novembre 2025, en famille, ces Cognaçais ont écumé les annonces Leboncoin du secteur et escroqué plus d’une quarantaine…
Quarante-cinq mille euros de préjudice total. 43 faits pour l’une, 34 faits pour l’autre. Ce jeudi, Émilie Defarge, 45 ans et son fils Mathias, 20 ans, étaient jugés pour une interminable série d’escroqueries. Entre mars et novembre 2025, en famille, ces Cognaçais ont écumé les annonces Leboncoin du secteur et escroqué plus d’une quarantaine de vendeurs. De Cognac à Saint-Michel en passant par Mosnac, Nercillac ou encore Aigre – la liste est longue – ils ont récupéré plusieurs véhicules, un camping-car, des caravanes, consoles, électroménagers et même des spas. Le tout, sans payer.
« Une véritable entreprise familiale », a résumé Me Emma Landry, l’avocate d’une victime. « Une fine équipe avec un modus operandi bien rodé », a ajouté Me Audrey Berneron.
Émilie, ou parfois son fils, repérait des annonces sur internet. Pour acheter, elle prétendait qu’elle ne pouvait pas payer en liquide et proposait un virement. « Je ne voyais pas l’arnaque », a confié une victime à la barre.
« Je faisais le virement mais il n’y avait pas les fonds sur les comptes et l’argent n’arrivait pas », explique-t-elle. L’enquête a fait apparaître qu’elle s’était créé 11 comptes bancaires, 7 adresses mails et disposait de plusieurs lignes téléphoniques. Les escroqueries se sont enchaînées. Parfois tous les jours. « Tant qu’elle gagne, elle joue », résume son avocate, Marianne Atrous-Lemouëllic. « Cela semblait tellement facile. »
« Je prenais les objets pour les vendre pour pouvoir faire des courses », indique Émilie Defarge. En perquisition, un canapé, un lit et du matériel multimédia ont pourtant été retrouvés chez elle. « Je m’en veux surtout d’avoir entraîné mon fils là-dedans. Je n’avais pas de moyens de transport, je lui ai demandé de m’emmener. » L’enquête a tout de même révélé que Mathias avait commis des escroqueries seul, en suivant le mode opératoire de sa mère.
Le tribunal s’est aussi intéressé à la personnalité des deux prévenus. Notamment à celle d’Émilie, sous curatelle jusqu’en juillet 2025. L’été dernier, le juge a toutefois levé cette mesure : « Il a dit qu’elle n’utilisait pas sa curatelle pour s’en sortir mais pour échapper aux foudres de la justice ! », a indiqué le procureur David Arnault. Le magistrat ne voit pas en Émilie Defarge « une personne vulnérable », loin de là. Cette dernière a d’ailleurs été condamnée plusieurs fois pour escroqueries et était en état de récidive.
Son avocate a dépeint « une femme dans la contrition », ce qui n’a pas convaincu la trentaine de victimes présente dans la salle d’audience. L’un des plaignants est venu expliquer qu’il avait voulu vendre sa caravane pour payer sa taxe foncière. Escroqué, il a dû emprunter de l’argent par ailleurs. Quant à Mathias Defarge, placé entre ses 2 et 14 ans ambitionne de quitter Cognac « pour se remettre dans le droit chemin. » Il travaille désormais dans un cirque.
Le tribunal a finalement suivi les réquisitions du procureur et a condamné Émilie Defarge à trois ans de prison dont un an avec sursis. Soit deux ans ferme avec maintien en détention. Son fils a écopé de deux ans de sursis probatoire.
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