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Un père et son fils étaient dans le box des prévenus pour trafic de drogues de synthèse devant le tribunal de Béziers. Le grand-père, accablé par la situation de sa descendance était, lui, dans la salle d’audience. Ce mercredi, ces trafiquants ont été condamnés à des peines de 4 ans de détention dont un avec sursis probatoire de deux ans pour le père et 2 ans dont un avec sursis probatoire durant deux ans. Père et fils ont été maintenus en détention.
« Cette affaire est un véritable drame, un gâchis, explique Me Luc Abratkiewicz qui défend les prévenus. Ce procès a été un moment très touchant. On a vu le père et son fils regarder celui qui est venu les soutenir (le grand-père, NDLR) dans ce moment difficile et finalement, s’excuser, devant lui, de tout ce qu’ils ont fait. C’était, à mon sens, un grand moment d’humanité. Les stupéfiants leur font perdre toutes les références morales et éducatives. Ils avaient tout pour réussir, une éducation très sérieuse et la drogue a tout foutu en l’air. Le fils, il n’aime pas en parler, il a vécu un drame personnel avec le décès de sa mère. Quant au père, un toxicomane défaillant, il n’a pas su prendre soin de son enfant. Le fils est la victime de son père. Il absorbe et de son côté, le grand-père les a portés à bout de bras. Au final, c’est lui qui est atteint dans sa dignité. Le père aurait pu tout réussir, mais il a rencontré la drogue. Les faits sont là, mais il faut surtout les obliger à se soigner. » Face à tout cela, le grand-père, un chef d’entreprise qui a travaillé toute sa vie, en larmes, dans la salle d’audience, a marqué le coup. Il a fait face dignement malgré une colère intériorisée qui ne laissait personne indifférent.
Le père, 46 ans, et le fils, 21 ans, ont été interpellés après une dénonciation anonyme. Ils avaient organisé à Béziers un fructueux trafic de drogues de synthèse qu’ils importaient en France via internet. Chez eux, on pouvait acheter des amphétamines, de la 3MMC, de la cocaïne, de la MDMA et de l’ecstasy… En plus de tout cela, les policiers, qui ont perquisitionné le domicile, ont récupéré 11 000 € en espèces. « Je comptais m’arrêter dès que j’aurais trouvé du travail, va confirmer le fils. Je n’avais plus rien et cela me permettait de vivre et de payer ma consommation. »
De son côté, le père, 10 condamnations, se contentait de consommer et de ravitailler quelques contacts. « Je ne savais pas que mon fils avait plongé là-dedans. J’étais perdu, ailleurs. Je n’ai pas su l’empêcher de plonger ». Pour la petite entreprise, tout avait, malgré tout, été très bien pensé. Ils avaient même trouvé une adresse où se faire livrer leurs commandes sans attirer l’attention et ils s’apprêtaient à se créer des faux documents d’identité. « Je vais arrêter, a ajouté le père. J’ai bien reçu le message. »
« Ne vous trompez pas sur la gravité de ce trafic, a insisté le procureur de la République, Raphaël Balland. Ceci n’est pas moins grave que le trafic de résine de cannabis qui affiche aujourd’hui des taux de THC énormes. Ils savaient l’effet que faisaient leurs produits. Ils ont structuré une véritable entreprise. Nous pourrions même parler de professionnalisme. Dans cette histoire, le père a fait son choix et il a entraîné son fils. Et, s’adressant au prévenu le plus âgé. « Vous avez fait de votre fils un dealer ». Même ça, cela ne vous a pas arrêté. » Dans la salle d’audience, le grand-père encaisse, mais encaisse mal. Pourtant il s’y était préparé. Surtout quand il entend que son fils encourt une peine de 20 ans de détention. Le procureur va requérir trois ans de détention pour le père et deux ans dont un avec sursis probatoire durant trois ans pour le fils. À l’issue de l’audience, le tribunal est allé au-delà des réquisitions du procureur. Le père a pris la parole pour s’excuser auprès de son père. « J’ai honte de ce que j’ai fait. De ce que je t’ai fait. Regardant le tribunal. « J’ai honte face à mon père. J’en ai pris conscience maintenant que je ne suis plus sous l’emprise de la drogue. »
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