Il est de retour. Le guichet de demande d’aides à la rénovation énergétique MaPrimeRénov’ va rouvrir lundi midi comme promis, après la promulgation du budget de l’Etat pour cette année, indique vendredi le ministère de la Ville et du Logement à l’AFP.
Faute de budget, MaPrimeRénov’ et toutes les autres aides de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) étaient suspendues depuis le début de l’année. « L’adoption définitive du budget 2026 va permettre de reprendre l’instruction des dossiers restés en attente depuis la fin de l’année 2025 », et de recommencer à déposer de nouveaux dossiers, annonce le ministère.
A partir de lundi, tous les ménages pourront demander une subvention MaPrimeRénov’ et les barèmes restent les mêmes qu’annoncé mi-2025. L’enveloppe prévue pour le dispositif en 2026 est de 3,6 milliards d’euros de crédits de l’État et 500 millions d’euros de certificats d’économie d’énergie (CEE, des aides proposées par les fournisseurs d’énergie).
L’Anah prévoit cette année de financer 120.000 rénovations globales, qui impliquent au moins deux gestes de rénovation énergétique (68.000 en copropriété et 52.000 logements individuels). Mais aussi 150.000 travaux de rénovation isolés (le changement d’une chaudière – hors biomasse, qui en est exclue – ou de fenêtres).
Or, l’isolation seule des murs sera exclue du guichet. Un point qui interroge, alors qu’entre 20 et 25% des déperditions de chaleur d’une maison non isolée d’avant 1974 se font par les murs, selon l’Agence de la transition énergétique (Ademe), citée par l’UFC Que Choisir. C’est moins que par le toit (25 à 30 %), mais plus que par les fenêtres (10 à 15 %) ou les sols (7 à 10 %).
De même, ces objectifs pour l’année 2026 sont déjà amputés par les 83.000 dossiers MaPrimeRénov déposés en 2025, mais dont l’instruction a été suspendue.
La suspension du dispositif et le retard pris dans les octrois de subventions « a eu pour impact l’allongement des délais moyens de réponse, actuellement supérieurs à six mois pour les rénovations d’ampleur, et trois mois pour les rénovations constituées d’un unique geste de travaux », prévient le cabinet du ministre Vincent Jeanbrun.
Pour les ménages qui veulent effectuer une rénovation énergétique globale de leur logement, « un rendez-vous personnalisé avec un conseiller France Rénov’ est désormais obligatoire avant le dépôt d’une demande d’aide », est-il rappelé. MaPrimeRénov’ pour les rénovations d’ampleur avait été suspendu pendant l’été 2025 à cause d’un trop grand nombre de demandes et de tentatives de fraudes. A partir de septembre, le guichet avait été rouvert uniquement pour les ménages très modestes et avec un barème d’aides plus restreint.
Un trou dans la raquette? 1 logement locatif privé sur 7 est une passoire énergétique (étiquette F ou G)

Une très grande majorité des logements du parc locatif privé sont des passoires énergétiques: ils sont 1,1 sur 7,7 millions de logements à être classés G (donc déjà interdits à la location) ou F (interdits en 2028). Or, la crainte des travaux ou l’incertitude réglementaire peuvent décourager les propriétaires de biens en mauvais état, ce qui occasionne des logements vacants: 2,4 millions dans le parc privé en France.

Outre MaPrimeRénov’, l’association Bail Rénov’ (créée en 2023 sous l’égide du ministère du logement) accompagne les propriétaires privés dans la rénovation de leur(s) logement(s) à louer. Le dispositif est gratuit et sans conditions de ressources. Il vient aider les propriétaires à monter des dossiers d’aides, mais aussi les accompagnants intermédiaires (administrateurs de biens, notaires, banques).

L’association a aidé 35.000 propriétaires l’an dernier, pour rénover quelque 45.000 logements. Sur les propriétaires accompagnés depuis le début, 60% ont acquis leur bien via un dispositif d’investissement locatif (et 32% par héritage ou donation).
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