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Par Ariane L'HOMME
Publié le 25/06/26 à 18:34
À gauche, Simon Souminant, directeur de Legendre Méditerranée, et à droite, Baptiste Pietri, président du Groupe Constructa, ont montré la pose d’une pièce préfabriquée sur le chantier de la tour M99.
/ Photo Lucie AMALRIC
Le bruit est presque absent. Seule la grue domine le chantier. En quelques minutes, une pièce de façade de 8,7 tonnes vient se fixer au dixième étage de la future tour M99 à Marseille. « En une demi-heure, on réalise la façade de deux chambres étudiantes« , explique Simon Souminant, directeur de Legendre Méditerranée, tandis que l’imposant élément en béton blanc trouve sa place avec une précision millimétrique sur les fondations de ce qui fera bientôt partie de la skyline de Marseille. Cette pose symbolique illustre le choix assumé de la préfabrication hors site des constructeurs. Au total, près de 600 éléments de façade et plus de 1 000 pièces préfabriquées seront assemblés sur le chantier et non construits. Produites en Ardèche, ces pièces arrivent prêtes à être installées, ce qui limite les nuisances et améliore la qualité d’exécution.
Pour Jean-Baptiste Pietri, président du Groupe Constructa, architecte, maître d’œuvre et maître d’ouvrage de la tour, l’édifice M99 représente l’aboutissement d’une ambition née il y a près de vingt ans. « C’est la première tour de logements construite en France depuis une cinquantaine d’années« , rappelle-t-il. Édifiée au cœur d’Euroméditerranée, la tour de 99,9 mètres, accueillera 102 logements, une résidence étudiante de 96 chambres, un hôtel DoubleTree by Hilton de 130 chambres ainsi qu’un restaurant panoramique. Le chantier s’inscrit dans la transformation des anciens espaces portuaires marseillais. « Ici, la ville a fait le choix de la verticalité comme symbole du renouveau urbain et technologique« , souligne Jean-Baptiste Pietri, évoquant un quartier où se côtoient déjà La Marseillaise, La Porte Bleue et les grands équipements culturels du front de mer.
Le recours à la préfabrication répond aussi aux contraintes d’un chantier particulièrement complexe, coincé entre voies de circulation, tramway et immeubles. « Nous sommes passés à un véritable processus industriel. Tout est planifié des mois à l’avance et les dérives sont fortement limitées« , explique Simon Souminant. Selon lui, trois à quatre éléments sont installés chaque jour, avec des équipes réduites d’environ six personnes sur ces opérations.
Au-delà du gain de temps, estimé entre 20 et 30%, la méthode améliore également la sécurité et réduit l’impact environnemental. Le béton blanc, teinté dans la masse et formulé avec un liant bas carbone, permettrait de diminuer d’environ 25% l’empreinte carbone des éléments concernés tout en garantissant une finition impossible à obtenir avec un béton entièrement coulé sur place. « La préfabrication coûte plus cher, on ne peut pas l’utiliser partout, mais le gain qualitatif est considérable« , insiste Jean-Baptiste Pietri. Pour l’architecte, cette technique ouvre de nouvelles perspectives pour la construction française. La livraison de M99 est prévue à l’été 2028, achevant ainsi le quatrième acte architectural des Quais d’Arenc et permettant à Marseille de rayonner encore davantage.
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