C’est une première en France lancée par un bailleur social dans la Marne. Trois maisons de 110 m2 sont en construction dans l’agglomération rémoise après discussions avec des médecins du centre hospitalier qui ont participé à la conception de lieux sur-mesure.
Créer l’apaisement. C’est l’objectif premier de ces trois maisons qui vont voir le jour dans l’agglomération de Reims (Marne) à l’initiative du bailleur social Plurial Novilia. L’environnement doit s’adapter à des besoins particuliers : ceux des enfants autistes. Comment construire des logements qui répondent à leurs besoins ? C’est auprès de médecins, neuropsychiatres et autres spécialistes du CHU de Reims, que le cabinet Mata Architecture a trouvé des solutions. Le bruit, la lumière, la surcharge d’informations ou encore la difficulté de repérage dans l’espace sont autant de problématiques sur lesquelles l’architecte Mélanie Thiériot a dû se pencher. La notion d’architecture inclusive prend alors tout son sens.
« On ne peut pas appliquer les recettes de conception standard. Ça suppose de changer son regard. Il a fallu par exemple éloigner les sanitaires de la chambre pour éviter les bruits parasites, comme l’eau qui coule. On a évité les couloirs en cul-de-sac car ça crée une angoisse chez certains enfants. La lumière est partout diffuse mais peut être modulée par des variateurs ».
Un langage architectural qui contribue à donner un maximum d’intimité et de chaleur aux lieux. Une attention particulière a aussi été accordée aux textures : le plancher est souple, de couleur beige, sans barre de seuil pour protéger les pieds. Dans cette mission, l’architecte rémoise a collaboré avec l’association l’Amitié qui accompagne les familles dont l’un des membres est touché par un trouble psychique. Absorber le son, amortir les chutes, parfois fréquentes, ou encore éviter les angles saillants pour éviter les blessures : ces maisons doivent être un cocon sécurisant pour l’enfant et ses proches. Autre particularité, l’intérieur du logement sera prééquipé. Une cuisine intégrée sera installée avec tout l’électroménager encastré.
« Il est possible de fermer cette pièce à clé et l’électroménager a été conçu pour être sans risque avec des plaques à induction ou un four en hauteur », détaille l’architecte. Toute une batterie de placards sur-mesure sera aménagée dans les espaces de vie. La télévision sera également intégrée dans un placard coulissant. « Nous prenons en compte le bien vivre de la famille dans toute sa globalité. C’est pour cela qu’on a créé des espaces pour chacun : parent ou frère et sœur », rappelle Mélanie Thiériot.
Une salle d’apaisement est ainsi prévue. Cette pièce de 8 m2, sans ouverture sur l’extérieur, fera office de « bulle de repos » en cas de crise de l’enfant autiste. Tous les espaces sont aussi isolés du brouhaha extérieur grâce à un système d’isolation très performant. « La maison est également isolée par l’intérieur. Les bruits des enfants ne viendront donc pas gêner les voisins. Toute l’acoustique a été traitée avec soin », précise-t-elle.
Car bien souvent ces familles locataires sont exclues de logements collectifs à cause de conflits de voisinage en lien avec la pathologie de leur enfant. « J’espère que ce projet inspirera bon nombre de bailleurs sociaux, en vue de faciliter la vie quotidienne de ces enfants et de leur entourage », conclut Johnny Huat, directeur général de Plurial Novilia. La livraison des trois bâtiments est prévue au premier trimestre 2026.
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