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En ce début d’année, Daniel(1) fait grise mine. Les belles ambitions affichées le 7 décembre 2021 semblent d’un autre temps. « Les dernières infos que j’ai eues ne sont pas bonnes. Ça patine. » Aux premières loges à Toulon il y a deux ans pour la présentation de la grande opération d’aménagement du littoral entre la piscine du Port-Marchand et la DGA, cet acteur du projet Mayol à Pipady n’a plus guère l’espoir qu’on puisse un jour faire appel à ses services.
« Soit il y a un revirement dans les six mois, soit on attend la campagne des municipales pour voir si des candidats relancent la machine », croit-il savoir. « Mais plus ça traîne, plus l’équation économique se complique. Et plus il y a de chances que ça capote… »
Personne ne pense encore que les installations imaginées sur le front de mer du Mourillon seront inaugurées en 2026, comme l’avait annoncé Hubert Falco, alors président de la Métropole. Pire, depuis quelques mois, l’hypothèse d’un abandon pur et simple du dossier porté par TPM fait son chemin, y compris dans les étages de l’hôtel de ville de Toulon.
« L’affaire est pliée, estime cet élu. Désormais, tout le monde attend les prochaines élections pour inventer, là-bas, quelque chose à mettre dans son programme… » Exit la construction d’un hôtel de luxe, d’une halle Marine, d’un palais des congrès, de quatre immeubles de bureaux ou d’un parc de deux hectares sur l’ex-terrain occupé par DCNS ? Pas si sûr.
« Le projet mettra peut-être vingt ans à se faire mais il se fera », assure Josée Massi. Catégorique, la maire de Toulon n’hésite pas à annoncer un déblocage imminent: « Avant tout démarrage du chantier, il faut une décision sur le sujet de la domanialité du terrain. On aura une réponse des ministères de la Transition écologique et des Armées cette année. »
On devrait alors savoir où se trouvent précisément les limites du domaine public maritime – terres historiquement recouvertes par la mer – sur cette propriété de la Défense. Selon les conclusions des services de l’État, l’usage des lieux est ainsi susceptible de varier.
Avec ce détail qui n’en est pas franchement un: « Les biens du domaine public ne peuvent être cédés », précise la loi.
« Ce n’est pas fini, évidemment », affirme encore l’élu métropolitain Yannick Chenevard, qui évoque un rendez-vous programmé entre autorités civiles et militaires à ce propos cette semaine. D’après lui, la complexité du dossier tient en grande partie à la maîtrise du foncier.
« Il faut définir ce qui est utilisable au profit du projet et ce qui relève des éléments stratégiques de la Défense nationale », expose-t-il. Celui qui est aussi député Renaissance dit être allé directement à la pêche aux informations, à Paris, du côté du ministère des Armées.
Cette démarche a également été effectuée par l’ancien maire de Néoules et sénateur de gauche André Guiol, ce qui a fait grincer quelques dents. « Je vois que TPM intéresse jusque dans le moyen Var », n’a pas manqué d’ironiser Jean-Pierre Giran, à la tête de TPM depuis les ennuis judiciaires d’Hubert Falco.
André Guiol réfute toutefois une quelconque initiative politique télécommandée. « Je suis un ancien ingénieur du CTSN, devenu aujourd’hui DGA Techniques Navales, explique le parlementaire. Je connais bien l’endroit. C’est par curiosité que je suis allé me renseigner auprès du directeur de cabinet du ministère des Armées. »
Ce qu’il a appris? « Le projet avance. Plutôt qu’une cession du site, on s’oriente vers une Autorisation d’occupation temporaire (AOT) délivrée par la Défense à TPM ». Pour rappel, c’est déjà grâce à une AOT que la métropole a récupéré le môle des torpilles et la plage de Pipady en 2010.
« Outre le travail de géomètre qui consiste à redéfinir le front de mer et figer la domanialité, il y a une question de compensation financière, poursuit le sénateur. La Défense se demande si elle ne pourrait pas bénéficier des retombées d’éventuelles activités lucratives sur le site. »
Reste que ces activités seront peut-être redéfinies. Jean-Pierre Giran a ainsi émis quelques doutes sur le contenu de la plaquette présentée il y a deux ans par Hubert Falco. « Le monde change. Même si je suivrai l’avis de la maire de Toulon, je suis assez favorable à ce qu’il y ait une actualisation de l’ensemble du projet. Avec peut-être moins de constructions… »
Il faudra alors convaincre les opérateurs privés de revoir leur copie, eux qui avaient prévu d’investir la coquette somme de 150 millions d’euros… et d’en récupérer un peu plus encore.
1. Le prénom a été modifié
À Toulon, le projet "de Mayol à Pipady" pas remis en cause, affirme le ministère des Armées
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