En juin 2026, les taux de crédit immobilier se figent en France autour de 3,4 % sur 20 ans, alors que la BCE s’apprête à trancher. Cette courte accalmie suffit-elle à relancer votre projet sans alourdir durablement votre budget ?
Les taux de crédit immobilier font enfin une pause en juin 2026. Après une remontée continue depuis le début de l’année, ils se calent autour de 3,40 % sur 20 ans, malgré les tensions autour de l’Iran et la volatilité des marchés. Les banques n’ont pas refermé le robinet et continuent de financer les projets. Pour les ménages qui hésitent encore, cette accalmie change la donne.
Les baromètres des principaux courtiers donnent la mesure de cette stabilisation. Chez Meilleurtaux, les taux moyens s’affichent à 3,25 % sur 15 ans, 3,39 % sur 20 ans et 3,44 % sur 25 ans. Pretto est un cran au-dessus avec 3,37 %, 3,47 % et 3,53 %, tandis qu’Empruntis se situe à 3,35 %, 3,45 % et 3,55 %. Les taux se rangent donc entre 3,25 % et 3,55 % selon la durée et la banque.
Pour les acteurs du secteur, le mot d’ordre est la prudence. « En juin, on observe des ajustements de taux en légère hausse, entre -0,01 et +0,15 point, selon les durées et les profils. Des variations qui demeurent modérées et concernent essentiellement les durées de crédit courtes (15 ans) et les hauts revenus (>80k nets annuels) », détaille Pierre Chapon, CEO et cofondateur de Pretto, dans MySweetImmo. Malgré tout, Meilleurtaux estime la production de crédits en hausse d’environ 10 % sur un an, Pretto autour de 6 % sur le premier trimestre 2026.
En toile de fond, les marchés restent nerveux. L’OAT 10 ans, qui sert de référence aux taux fixes, a franchi le seuil de 4 % le 20 mai avant de refluer autour de 3,61 % au 28 mai 2026. La Banque centrale européenne se réunit le 11 juin et plusieurs responsables évoquent une hausse de 0,25 point du taux de dépôt à 2,25 %. Les courtiers misent pourtant sur de simples ajustements, sans choc brutal sur le crédit immobilier.
Pour un emprunt type de 250 000 € sur 20 ans, le niveau du taux pèse lourd. À 3,47 % (Pretto), la mensualité tourne autour de 1 446 € hors assurance pour un coût total supérieur à 97 000 €. À l’inverse, une offre « Vente Flash » comme celle de LCL à 1,99 % ramène la mensualité à 1 264 € et le coût à 53 400 €, soit 43 800 € d’intérêts, ou 182 € par mois, de différence.
L’accès au crédit dépend aussi fortement de l’apport. Chez Eloa, il atteint en moyenne 79 000 € pour un capital emprunté de 264 141 € sur près de 23 ans, soit environ 23 % du prix du bien. Les primo-accédants n’apportent qu’un peu plus de 54 000 € et allongent souvent la durée à 20 ou 25 ans pour rester sous les 35 % d’endettement. « Les futurs emprunteurs ne doivent pas attendre une chute massive des taux », prévient Ludovic Laborde, cofondateur d’Eloa, cité par MoneyVox.
Les courtiers ne promettent ni catastrophe ni cadeau pour les prochains mois. « Aucune hausse massive des taux, ni forte baisse, n’est à attendre jusqu’à la rentrée de septembre », estime Guillaume Fourt, directeur des partenariats bancaires chez Meilleurtaux, dans MoneyVox. Le marché reste toutefois loin des années fastes, avec environ 38 milliards d’euros de crédits produits au premier trimestre 2026 contre 56 milliards au début 2022, signe d’une reprise encore progressive.
Pour les ménages qui se lancent, tout se joue désormais sur le choix de la banque. « Dans un marché où les banques continuent de sélectionner finement les dossiers qu’elles souhaitent financer, la qualité du profil emprunteur et la mise en concurrence des établissements restent déterminantes pour obtenir les meilleures conditions », souligne Pierre Chapon.