Faute de logement, 30 % des 18-34 ans ont déjà renoncé à candidater à un emploi et 24 % à suivre les études ou formations qu’ils souhaitaient, selon un sondage Odoxa pour Nexity qui se penche sur les difficultés d’accès au logement chez les jeunes.
Qu’il s’agisse d’une location ou d’un achat immobilier, l’accès au logement reste difficile en France, notamment pour les jeunes. C’est en tout cas ce qu’il ressort d’une étude publiée ce mercredi 14 janvier par Odoxa pour Nexity*. En effet, 61 % des 18-34 ans assurent avoir déjà rencontré des difficultés à trouver un logement, soit 23 points de plus que les 35 ans et plus. Le coût du bien et la tension sur le marché sont les principaux freins pointés, tant pour la location que pour l’acquisition. Ainsi, sept jeunes sur 10 jugent que l’accès au logement est plus difficile qu’à l’époque de leurs parents.
Un sentiment qui a d’ailleurs été confirmé dans un récent rapport du Haut-commissariat à la stratégie et au plan. Ce dernier soulignait notamment que « l’effort financier pour accéder à la propriété s’est considérablement accru au fil des années ». L’indice du prix des logements, qui rapporte ces prix aux revenus des ménages, a progressé de plus de 70 % entre 1975 et 2025. Concrètement, « pour acquérir le même logement, avec le même taux d’effort initial et le même apport personnel, il faudrait compter théoriquement vingt-trois ans de remboursement en 2025 contre une dizaine d’années seulement en 1975 », souligne ce rapport. En parallèle, le poids du loyer dans les revenus des locataires a plus que doublé entre 1975 et 2015.
Cette situation n’est pas sans conséquences, puisque 86 % des jeunes indiquent qu’elle mine leur confiance en l’avenir et dégrade leur santé mentale. Surtout, faute de logement correspondant à leurs besoins, ils sont 40 % à avoir renoncé à habiter dans la ville qu’ils souhaitaient. Autre chiffre inquiétant : 30 % ont été contraints de renoncer à candidater à un emploi et 24 % à suivre les études ou formations qu’ils envisageaient.
Et lorsqu’ils réussissent à dénicher un bien, ils sont nombreux à relever des défauts importants. 69 % des sondés estiment que leur appartement ou maison présente au moins un problème lié notamment à l’isolation ou à l’humidité. C’est 14 points de plus que les 35 ans et plus.
De ce constat découleront peut-être des intentions de vote pour les prochaines municipales : 63 % des jeunes interrogés assurent être prêts à voter pour un candidat proposant des mesures facilitant l’accès au logement, et ce, quelle que soit son étiquette politique. À l’approche des élections qui se tiendront en mars prochain, cette problématique s’impose donc comme un enjeu politique clé, que les candidats ne pourront ignorer.
*Cette étude est basée sur un échantillon de 2 459 jeunes entre 18 et 34 ans, représentatif de cette population et d’un échantillon de 1 005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
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