La plateforme Airbnb a reversé, l’an dernier, 210 millions d’euros de taxe de séjour aux communes et aux intercommunalités françaises, a indiqué la plateforme la semaine dernière dans un communiqué. C’est 5% de plus qu’en 2024, pour cette taxe ajustée par les communes entre 1 et 5 % du prix hors taxe de la nuitée par personne.
La plateforme a reversé cette taxe à plus de 26.600 communes, sur les 34.875 que compte l’Hexagone, dont un tiers à des communes rurales (sachant qu’elles représentent 38% des réservations). C’est 900 communes de plus que l’an dernier, souligne la plateforme, mais moins qu’en 2018, 2019 et 2021 (avec un record à 29.000 communes en sortie de Covid, mais pour un montant total de taxe alors plus de deux fois inférieur).
Cet écart s’explique parce que les plafonds de cette taxe, fixés par les communes ou les intercommunalités, ont augmenté depuis 2021. Une taxe additionnelle peut également être instituée par les départements (10%) ou les régions.
Dans ce contexte, Airbnb présente des chiffres en forte progression dans certains départements ruraux. La Mayenne, par exemple, a récolté 180.000 euros de taxe de séjour liées à Airbnb l’an dernier (+102 % en un an), tout comme le territoire de Belfort (80.000 euros, +81%) ou l’Orne (240.000 euros, +45%). Parmi les 10 départements qui connaissent la plus forte croissance de ces recettes, seul un n’est pas considéré comme rural: il s’agit des Alpes-Maritimes, où la somme de la taxe a atteint les 15 millions d’euros l’an dernier (+35% en l’espace d’un an).
Cette tendance est également valable dans certaines communes moyennes. La plateforme indique avoir reversé 100.000 euros à plus de 310 communes, dont la moitié compte moins de 20.000 habitants. Les stations de montagne sont particulièrement concernées, à l’image de La Salles les Alpes (135.000 euros), Arâche-la-Frasse (130.000 euros), Bagnères-de-Luchon (125.000 euros), ou encore les Orres (120.000 euros), cite la plateforme.
« Airbnb a permis de réchauffer un nombre considérable de lits », ajoutait-il. Autrement dit, la location de meublés touristiques a permis de soutenir la rénovation énergétique des logements. Pour l’heure, les meublés déjà présents sur le marché échappent encore à l’interdiction de location des passoires thermiques, qui ne s’appliquera pas avant 2034 (contre 2025 et 2028 pour les étiquettes G et F dans le droit commun). Les nouveaux logements G, en revanche, ne peuvent plus être proposés sur ces plateformes (à l’exception des résidences principales).
Aujourd’hui, les grandes villes représentent encore la majeure partie de la somme totale de la taxe de séjour. Paris reste incontestablement en tête du classement avec 26,8 millions d’euros reversés en 2025 (soit 4,9 millions d’euros de moins que le record de 2023, de 31,7 millions d’euros). Airbnb n’a en revanche pas communiqué ses données de l’année 2024, où se sont déroulés les Jeux olympiques de Paris.
La capitale reste largement au-dessus de ses voisines Nice (5,6 millions d’euros reversés l’an dernier), Marseille (plus de 3,2 millions d’euros), Lyon (2,2 millions) et Bordeaux (plus de 1,3 million d’euros). Depuis 2025, une taxe de séjour additionnelle s’applique en région francilienne au profit d’Île-de-France Mobilités. Elle s’élève à 200% de la taxe de séjour et permet de financer les infrastructures de transports. Elle s’ajoute à une autre taxe additionnelle, « Grand Paris », de 15%, qui permet de financer le nouveau réseau du Grand Paris Express.
Parallèlement, la ville de Paris met en place la nouvelle législation introduite par la loi Le Meur: elle limite à 90 jours par an la location de courte durée d’une résidence principale (contre 120 jours auparavant), instaure des quotas de meublés par quartier et exige une compensation (en l’occurrence, transformer en logements des locaux non dédiés à l’habitation, comme des bureaux ou des commerces, à hauteur de la surface à compenser, et ce, dès le premier appartement touristique).
La fiscalité, au niveau national, est également moins intéressante pour les propriétaires: à partir de cette année 2026, les abattements forfaitaires sont réduits. Les logements non classés bénéficient d’un abattement de 30% dans la limite de 15.000 euros de revenus locatifs par an, contre 50% dans la limite de 77.700 euros par an pour les meublés classés (c’est-à-dire répondant à un certain nombre de critères).
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