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Source : JT 20h Semaine
Il y a dix ans, la vague terroriste qui frappe alors la France s’abat cette fois sur une église. Le père Jacques Hamel est assassiné le 26 juillet 2016 par deux terroristes islamistes à l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray alors qu’il venait de célébrer une messe. Ce dimanche 26 juillet 2026, la commune organise une cérémonie de commémoration et tient à porter un message de paix et de fraternité. 
Dix ans après l’attentat, le parvis de l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray est officiellement rebaptisé « parvis Jacques-Hamel ».
« L’aurore ose quand elle se lève. Tenter, braver, persister, persévérer, s’être fidèle à soi-même, prendre corps à corps le destin, étonner la catastrophe par le peu de peur qu’elle nous fait, tantôt affronter la puissance injuste, tantôt insulter la victoire ivre, tenir bon, tenir tête ; voilà l’exemple dont les peuples ont besoin, et la lumière qui les électrise. » C’est cette citation des Misérables de Victor Hugo que la Ville a choisie pour incarner « l’esprit de dignité et de vigueur incarné par la population stéphanaise », affirme-t-elle. La citation, découpée en dix affiches exposées partout dans la commune, s’offre à la vue de tous pendant tout ce mois de juillet. 
Il est 9h quand le père Jacques Hamel, 85 ans, débute sa messe matinale devant trois religieuses et un couple de paroissiens. C’est l’un de ses derniers offices du mois avant des vacances en Auvergne où il devait partir avec sa famille. 
Cinq minutes plus tard, un jeune homme en polo bleu ciel entre par la sacristie et rencontre l’une des sœurs, Huguette Péron, 79 ans, et lui explique qu’il cherche des renseignements sur l’église. Elle lui conseille de revenir à la fin de l’office. La courte messe se termine vingt minutes plus tard. Comme à son habitude, le père Hamel conclut en disant : « Allez, passez une bonne journée. »
C’est alors que deux jeunes hommes entrent dans la sacristie, en lançant des cris en arabe. Le jeune homme au polo bleu, Adel Kermiche, 19 ans, habitant la commune, est cette fois en tenue de combat, tout de noir vêtu. Son complice, du même âge, Abdel Malik-Petitjean, venant de Chambéry (Savoie), porte une barbe épaisse et un bonnet noir.
Ils sont armés de couteaux. Leurs pistolets et ceintures d’explosifs sont factices. Adel Kermiche fait s’agenouiller le prêtre qui se débat. Le père Hamel tombe sur le dos et s’écrie : « Satan va-t-en! » L’assaillant va lui porter un premier coup de couteau à la gorge. Puis un deuxième. 
Dans la confusion qui règne dans l’église, vers 9h35, sœur Danièle s’échappe par une porte latérale et va prévenir le conducteur d’une fourgonnette qui, lui, appelle la police.
À l’intérieur de l’église, les deux jihadistes, fichés S, qui se réclament de l’organisation État islamique (EI), s’en prennent au paroissien Guy Coponet, 86 ans, qu’ils ont obligé à filmer l’assassinat du prêtre. Sous les yeux de son épouse, ils le poignardent au bras, dans le dos et à la gorge. Le vieil homme s’écroule, mais survit. Les agresseurs vont aussi chanter, porter de multiples coups de poignard à l’autel, vandaliser des objets de culte.
À l’extérieur, la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) a pris position aux abords de l’église, dont les alentours sont sécurisés. Les policiers tentent alors de négocier avec les preneurs d’otages, puis d’investir l’église. En vain. Quelques minutes plus tard, les jihadistes, dissimulés derrière leurs otages, sortent par la sacristie. Puis ils s’écartent et s’élancent, menaçants et armés, vers les forces de l’ordre. Ils sont abattus par le feu nourri des policiers.
L’otage gravement blessé est évacué, il s’en sortira après deux opérations chirurgicales. Puis l’église est fouillée pendant plusieurs heures avec minutie : on craint que les assaillants y aient caché des explosifs. Un large périmètre autour de l’église est interdit d’accès. 
En début d’après-midi, le président François Hollande fait une déclaration devant un mur de caméras, françaises et étrangères, qualifiant l’égorgement du prêtre d' »ignoble attentat terroriste« . « Ce sont les catholiques qui ont été frappés, mais ce sont tous les Français qui sont concernés« , lance-t-il.
De cet effroyable événement, une amitié est née : celle de Roseline Hamel, sœur de la victime, et de Nassera Kermiche, mère d’un des deux meurtriers. En dix ans, les deux femmes n’ont jamais cessé de se soutenir mutuellement dans leur souffrance. Elles racontent ce cheminement dans un livre, Sœurs de douleur, écrit avec le journaliste Samuel Lieven et publié en février 2025. Depuis, les deux amies ont voyagé partout en France à l’occasion de conférences et de rencontres pour transmettre leurs valeurs de paix, d’amour et de pardon.
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Trois proches des deux terroristes ont été condamnés en mars 2022 pour « association de malfaiteurs terroriste » à des peines de huit à treize ans de prison. Le quatrième accusé, Rachid Kassim, propagandiste de l’organisation État islamique, présumé mort en Irak, a été condamné en son absence à la perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans pour « complicité ».
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