La disparition de Brigitte Bardot, annoncée ce 28 décembre, ouvre la question de son héritage. Que va devenir son patrimoine? Comment sa succession sera-t-elle répartie entre son fils unique et la fondation qu’elle a consacrée à la cause animale ? Décryptage.
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Publié le
Écrit par Guillaume Botton (journaliste parentalité)
Longtemps associée à une image de star internationale, Brigitte Bardot, dont le décès a été annoncé ce 28 décembre par sa Fondation, avait pourtant fait des choix financiers à contre-courant tout au long de sa carrière. Son patrimoine, au moment de sa mort, est ainsi le résultat d’arbitrages assumés. Reste à comprendre ce qu’il en subsiste et comment il sera transmis.
Dans les années 1950 et 1960, Brigitte Bardot est l’une des actrices françaises les plus connues au monde. Mais cette notoriété ne s’est jamais traduite par une immense fortune. Après avoir mis fin à sa carrière en 1973, elle a en effet refusé la majorité des propositions commerciales susceptibles de lui assurer des revenus confortables. Selon le journaliste Yves Bigot, auteur d’une biographie sur l’icône, seuls deux contrats officiels ont été conclus au fil des décennies : l’un avec la maison Lancel pour un sac à main, l’autre pour une marque de prêt-à-porter diffusée en ligne.
Par ailleurs, la gestion financière de ses films ne lui aurait pas été favorable. Bien qu’elle ait coproduit plusieurs longs-métrages, Brigitte Bardot affirmait ne pas avoir perçu l’ensemble des recettes qui lui étaient dues, notamment sur les exploitations anciennes. Des procédures judiciaires ont été engagées dans les années 2000, sans transformer durablement sa situation patrimoniale.
La création de la Fondation Brigitte Bardot, en 1986, marque un tournant décisif. À cette époque, l’ancienne actrice ne dispose plus des fonds nécessaires pour lancer l’organisation. Pour réunir les trois millions de francs exigés, elle vend une grande partie de ses biens personnels : bijoux, meubles, souvenirs, parfois chargés d’histoire.
Depuis lors, la fondation est devenue la principale bénéficiaire de son patrimoine. Propriétaire de La Madrague depuis 1958, Brigitte Bardot a fait de cette maison emblématique de Saint-Tropez bien plus qu’un simple lieu de résidence. Acquise à l’époque pour l’équivalent d’environ 450 000 euros, la villa est devenue au fil des décennies un symbole indissociable de l’actrice, dont la valeur patrimoniale dépasse largement toute estimation financière. Brigitte Bardot avait d’ailleurs confié son souhait d’y reposer un jour, entourée de ses animaux. En parallèle, l’icône possédait également une seconde propriété sur les hauteurs de Saint-Tropez, où elle s’était progressivement retirée pour vivre à l’écart de l’agitation médiatique. En revanche, elle s’était séparée d’un autre bien immobilier : une villa située à Cannes, d’une superficie de 450 m² avec vue sur le massif de l’Estérel, mise en vente en 2020 pour 6 millions d’euros.
Sur le plan juridique, la situation successorale est strictement encadrée. Brigitte Bardot n’avait qu’un seul enfant, Nicolas, né en 1960 de son mariage avec Jacques Charrier. Leur relation, longtemps conflictuelle, s’était apaisée avec le temps, sans redevenir réellement proche. En droit français, un enfant est héritier réservataire. Cela signifie que la loi lui garantit une part minimale de la succession, appelée réserve héréditaire. Avec un enfant unique, cette réserve correspond à 50 % du patrimoine total. L’autre moitié, appelée quotité disponible, peut être librement transmise par testament, notamment à une fondation ou à une association. Concrètement, le fils de Brigitte Bardot percevra au minimum la moitié de ce qui compose l’actif successoral, une fois les dettes éventuelles réglées. Le reste pourra revenir à la Fondation Brigitte Bardot, conformément aux volontés exprimées par l’ancienne actrice.
 
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