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Il ne fallait pas moins de trois tables rondes pour tout comprendre du marché de l’immobilier en Béarn et Soule. La traditionnelle conférence de l’immobilier en Béarn, organisée par le groupe Sud Ouest, avait lieu ce mardi 9 mai dans le cadre prestigieux de l’auditorium de Vigny au palais Beaumont de Pau.
Ces trois conférences thématiques ont permis de désépaissir le mystère autour du marché actuel, frappé de nombreuses secousses et d’inconnues. Elles s’accompagnent d’un supplément de douze pages cette semaine dans les journaux « La République des Pyrénées », « L’Eclair » et « Sud Ouest ».
La dynamique du marché était au menu de la première conférence qui faisait se côtoyer Hélène Lagahe, notaire à Billère représentant la Chambre interdépartementale des notaires ; Bertrand Harry, directeur général du groupe PG Immo et sa marque Square habitat, filiale du Crédit agricole Pyrénées Gascogne ; Julien Pardon, associé gérant du promoteur Axias Habitat ; Sandra Lonca, architecte d’intérieur Atelier Sandra Lonca.
Ce quatuor a expliqué combien l’année 2022 avait pu être euphorique en Béarn, avec un effet post-Covid qui pousse les Français vers les villes moyennes comme Pau. Étonnamment (sic), les biens avec jardin et balcon sont plus abordables ici que sur la Côte basque. Hélène Lagahe et Bertrand Harry ont cependant rappelé que les tensions internationales et la hausse des taux directeurs avaient des conséquences depuis le début de l’année. Les transactions reculent et les primo accédants sont moins visibles.
Julien Pardon a insisté sur la vitalité de l’activité pour les programmes neufs, où il retrouve une clientèle venue pour moitié d’outre-Béarn. Les nouvelles normes énergétiques fixées aux propriétaires loueurs ne viendront pas le contredire. Sandra Lonca a précisé comment son travail de remodelage sur mesure des intérieurs répondait aux attentes des clients. On préfère refaçonner son logement plutôt qu’en chercher un nouveau avec un emprunt trop lourd.
Le deuxième plateau de la matinée était consacré aux grands programmes de construction et rénovation. Thomas Zellner, directeur de l’habitat et de la rénovation urbaine de l’agglo de Pau, a expliqué la politique de la collectivité très active sur le cœur de ville. Pau pourra de surcroît miser sur le nouveau dispositif PSMV (plan de sauvegarde et mise en valeur) pour retoiletter son patrimoine remarquable. Le bailleur social Pau Béarn Habitat n’a pas attendu ces dispositifs pour se montrer actif en ville ; Olivier Subra a ainsi rappelé la récente livraison de la résidence Cœur Saint-Jacques derrière l’église éponyme. Il a également rappelé que le futur siège social de PBH se trouverait dans l’hyper centre, derrière La Poste.
Avec eux, Loubna Louza, directrice de l’agence de Pau du groupe Essor, a dessiné un peu plus précisément les contours du grand projet Bosquet, un immeuble EIC comme « ensemble immobilier complexe ». Par ses étages différenciés et par ses usages de différentes natures. Le projet avance mais il est encore trop tôt pour préciser la nature des futurs occupants. Rendez-vous à la conférence 2024 !
À ses côtés, Xavier Camlong, directeur territorial de Domofrance, s’est lui aussi attardé sur les projets de son groupe dans l’agglomération paloise, avec comme fil rouge la requalification complète du quartier du Moulin, au bas du château de Pau. Un chantier qui doit lui aussi veiller à l’augmentation du coût des matériaux.
C’est enfin une discussion autour du logement à bon marché qui a conclu la matinée. Joëlle Gras, sous-préfète au logement, a souligné que son action ne se cantonnait pas à la Côte basque et ses 24 communes en « zone tendue » immobilière. Le Béarn connaît lui aussi une hausse des demandes que n’accompagne pas toujours l’offre de logements. S’il y a 10 demandes pour une attribution au Pays basque, le rapport est de 5 pour 1 en Béarn. Thierry Montet, directeur de l’Office 64, a illustré par l’exemple cette observation, en rappelant les nombreux projets menés par le bailleur en zone rurale.
Le Comité ouvrier du logement (COL), par la voix de son directeur Imed Robbana, a montré qu’un rien d’ingéniosité pouvait faire des merveilles. C’est le cas en ce moment à Aydius, en vallée d’Aspe, où une opération de bail réel solidaire (foncier et bâti désolidarisés) doit permettre de proposer du logement accessible. Benoît Dupey, responsable du service Habitat au Département, confirmait ces tendances et rappelait le rôle primordial des acteurs publics pour répondre aux évolutions démographiques. État et collectivités sont des régulateurs et animateurs de l’immobilier social.
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