« Nous, on parle plutôt d’une morosité et d’un marché stable en ce début d’année 2026 par rapport à 2025 », tranche Me François Gauthier, notaire délégué à la communication. « On ne constate pas de reprise de l’investissement immobilier dans la région. »
Selon les données notariales, 2025 marque un regain d’activité. À l’échelle nationale, les transactions dans l’ancien progressent de 12 %, sans retrouver les sommets de 2021. Dans la Marne, la dynamique reste plus timide : les volumes reculent encore légèrement (-3 %), traduisant davantage une stabilisation qu’un redécollage. « Pour ce début 2026, on reste sur des volumes de vente assez faibles, identiques à 2025, un volume de transactions qui ne reprend pas », confirme le notaire.
Côté prix, l’atterrissage se confirme. Les appartements anciens stagnent (+0,3 %), quand les maisons progressent modérément (+3,1 %, à 180 000 € en médiane). « On est sur une stabilité des prix », observe Me Gauthier. Un point d’équilibre semble se dessiner, malgré des disparités territoriales.
Sur le terrain, pourtant, le signal est plus encourageant. « On observe une remontée des acheteurs, c’est l’élément le plus marquant », souligne Adriano Ramires, directeur d’agences Laforêt dans la Marne et l’Aube.


La demande repart, les réseaux enregistrent davantage de transactions : le marché se remet en mouvement. Mais sans élan franc. « On est sur un marché relativement mou et peu fluide, avec des délais de vente longs », insiste Me Gauthier. D’où une lecture prudente : « Ce n’est pas une reprise de fond, mais un rebond technique », analyse Adriano Ramires. Après le choc de la remontée des taux et de l’ajustement des prix, leur stabilisation suffit à relancer mécaniquement la machine.
Car tout reste suspendu aux conditions de financement. « Le marché est très sensible aux taux », rappelle Me Gauthier. Or, la légère hausse amorcée début 2026 « est un signal plutôt négatif si elle se confirme ». Même réserve chez Adriano Ramires : « On n’est pas sur une reprise linéaire et durable », mais sur un marché « capable de repartir comme de se rebloquer rapidement ». Cette fragilité est accentuée localement. À Reims et alentours, une clientèle majoritairement issue des classes moyennes dépend étroitement du crédit. « Ici, sans financement, le marché s’arrête très vite », résume-t-il.


Le neuf, lui, reste à la peine. « Il est exsangue », constate Me Gauthier. Quelques signaux positifs émergent néanmoins. Le nouveau dispositif fiscal Jeanbrun en faveur des bailleurs privés constitue « un bon signe pour les investisseurs », malgré « des contraintes importantes, notamment en rénovation énergétique », qui pourraient en limiter la portée.
Autre levier : l’évolution du calcul du DPE, notamment pour les logements chauffés à l’électricité. « Cela va permettre de rehausser le classement de nombreux biens : 700 000 logements pourront rester ou revenir sur le marché locatif », souligne le notaire. Un bol d’air pour un parc locatif sous tension.


Enfin, le reflux attendu des performances financières pourrait réorienter l’épargne vers la pierre. « Cela peut ramener certains investisseurs vers l’immobilier », anticipe Me Gauthier.
Au final, le marché immobilier marnais amorce un redémarrage aussi réel que fragile. Entre signaux de reprise et incertitudes persistantes, la prudence s’impose. « On est sur un marché sous surveillance : il est trop tôt pour parler de véritable reprise », résume le notaire. « Ça repart vite, mais ça peut aussi se bloquer tout aussi rapidement », conclut Adriano Ramires. Une reprise, donc – sous conditions.


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