Mais que se passe-t-il sur le marché immobilier ? Alors que les professionnels du secteur pariaient en janvier dernier sur une année 2026 en progression, avec des prévisions dans le vert entre 950.000 et 980.000 ventes, l’observatoire annuel BPCE, (Banque Populaire, Caisse d’Epargne et Natixis) qui vient d’être publié, douche les prévisions de reprise, conséquence de la guerre au Moyen Orient.
890.000 transactions en 2026. Un chiffre qui fait froid dans le dos pour la plupart des agents immobiliers. L’année avait pourtant bien commencé. Le contexte économique de 2025 favorisait une reprise des ventes sur les marchés, accompagnée d’une légère hausse des prix qui n’était pas de nature à décourager les ménages pour mener à bien leurs projets immobiliers.
Patatras, la hausse du nombre de ventes mensuelles, observée au cours des deux premiers mois de 2026, a laissé place à un net recul au mois de mars (−8 % par rapport à mars 2025). Les raisons de cette chute sont à chercher et à trouver du côté des incertitudes économiques, liées à la situation géopolitique.
La guerre en Iran agit comme une bombe à fragmentation sur l’économie et entraîne une reprise de l’inflation notamment sur les denrées alimentaires. Il y a également l’inquiétude des Français sur l’état des finances publiques du pays. Enfin, une remontée des taux d’intérêt immobiliers est observée, à 3,22 % en moyenne sur le mois de mars, au moment du déclenchement de la guerre en Iran.
Ils devraient atteindre entre 3,43 et 3,77% au 4ème trimestre sur 20 ans, selon les prévisions de BPCE, conséquence d’un cout de l’argent de plus en plus élevé sur les marchés pour la France. Résultat : le moral des consommateurs et la confiance flanche, entraînant dans sa chute le pouvoir d’achat immobilier des ménages.
Après quatre années de chute, le marché du neuf paraît enfin sortir de l’ornière, mais demeure à des niveaux de construction et de commercialisation de logements exceptionnellement bas.
Plusieurs signaux apparaissent tout de même positifs avec la remontée des autorisations de constructions (+16 % sur un an) et des mises en chantier (+14 %). Ils n’indiquent toutefois pas une sortie de crise.
La commercialisation de logements neufs par les promoteurs immobiliers ne bénéficie pas encore de cette récente amélioration de la production de logements, qui est observée, en revanche, sur le marché de la maison individuelle.
Après une progression de seulement (+0,4 %) en deux ans, les prix pourraient très légèrement reculer sur l’année (−0,1 % au 4e trimestre 2026 sur un an). Autre baisse, la demande de crédits immobiliers. Ce repli devrait s’accentuer au second semestre 2026, en raison de la hausse des taux et de la dégradation de l’activité. À 175 milliards d’euros, la production de crédits serait ainsi en baisse de 6 % en 2026.
Au cours des 10 dernières années, près de 80 % des transactions immobilières ont nécessité un crédit à l’habitat. La multiplication par 4 du taux moyen des nouveaux crédits immobiliers aux ménages entre le 4e trimestre 2021 et le 1er trimestre 2024 a fait chuter à 65 % cette part. Il s’agit du niveau le plus bas enregistré depuis 2012, première année où cette donnée est disponible.
Selon BPCE, l’augmentation d’un point des taux d’intérêt s’accompagne en moyenne d’une diminution de 6 points des demandes de crédits. Malgré tout, sur 2025 et le début de cette année, les crédits en primo accession restent dynamiques à l’inverse des financements immobiliers des secundo accédants, pour lesquels la production de crédits a été divisée par deux ces dernières années.
Cet article vous a plu ? Vous aimerez aussi…
Suivez-nous sur: