« La clientèle qu’on a l’habitude de gérer est haut de gamme et souvent internationale, très éduquée et sensible à l’art, à la beauté, l’architecture. Avec les footballeurs, ce sont plus des nouveaux riches et des enfants gâtés capricieux, et ça n’a rien de péjoratif. » Richard Bellanger est directeur de l’agence immobilière de luxe Haussmann Prestige.
Créateur de son entreprise il y a quinze ans, il entretient des relations très proches avec le PSG. « On travaille très clairement avec le PSG, confirme-t-il. Aujourd’hui, il semblerait que mon numéro de portable circule entre les joueurs et que le club les encourage à me contacter. »
« Madame veut être près de Neuilly pour mettre les enfants à l’école, alors que Monsieur veut être proche du centre d’entraînement et habiter à Saint-Germain-en-Laye ou au Vésinet. Et à la fin, c’est souvent Madame qui gagne… »
Richard Bellanger, directeur de l’agence immobilière de luxe Haussmann Prestige
Lors des cinq dernières années, la tendance était à l’achat de biens sur des budgets situés entre 10 et 20 millions d’euros. « En général, les joueurs prenaient le temps de négocier dans leur contrat la prise en charge d’un loyer ou du logement à l’hôtel pour prendre le temps d’acheter. » Mais, désormais, la transition s’est faite naturellement vers la location, en raison de la durée moins longue des contrats et de la férocité du mercato.
Un marché des transferts que Richard Bellanger peut deviner. Grâce à sa collaboration avec le PSG, il connaît régulièrement l’identité des joueurs qui rejoindront le club parisien l’été suivant. « Je suis pas mal sollicité par vous, les journalistes, concernant les demandes de logement des futurs joueurs du PSG. (Rires.) On sait tout à l’avance ! »
Les nouvelles demandes se situent dans l’Ouest francilien. Première raison : rester à portée du Camp des Loges (à Saint-Germain-en-Laye, en attendant la livraison du nouveau centre, à Poissy, à l’horizon juillet 2023). Seconde raison, moins connue : être proche de l’école internationale de Neuilly-sur-Seine, très prisée par les joueurs accompagnés de leurs familles, dont celle de Lionel Messi.
« Madame veut être près de Neuilly pour mettre les enfants à l’école, alors que Monsieur veut être proche du centre d’entraînement et habiter à Saint-Germain-en-Laye ou au Vésinet. Et à la fin, c’est souvent Madame qui gagne… (Rires.) »
Dans un autre univers, d’autres agents tentent de combler les attentes de joueurs bien moins médiatisés et rémunérés qu’au PSG. À Niort, un professionnel s’est forgé la réputation de l’agent immobilier officiel des Chamois (L2), devenant ami avec plusieurs, d’abord au sein d’une grande structure, et désormais dans sa propre agence. « Lors de la signature des recrues, les agents m’appelaient pour me mettre en relation avec les joueurs afin de leur trouver un bien. »
Concernant les exigences de logement, les joueurs en famille cherchent en majorité une grande maison à la location, entre 1 000 et 2 500 euros par mois, alors que les joueurs qui viennent seuls, comme Florian Martin ou le regretté Emiliano Sala, à l’époque, veulent être proches du centre-ville, à proximité des restaurants et de la vie nocturne.
« Certains n’ont pas de valeurs. Une fois, on a retrouvé des préservatifs usagés dans le lit d’un joueur qui laissait son appartement »
Un agent immobilier à Niort
Mais la belle facette de ces rencontres peut se transformer en mauvaise surprise. L’agent immobilier niortais en a fait les frais avec une nouvelle génération qu’il considère, à l’image de Richard Bellanger, comme « des enfants pourris gâtés. Certains n’ont pas de valeurs. Une fois, on a retrouvé des préservatifs usagés dans le lit d’un joueur qui laissait son appartement. On est aussi tombés sur des steaks congelés à l’abandon dans le réfrigérateur, mais aussi sur un joueur parti du jour au lendemain sans donner de nouvelles et laissant son T2 comme si de rien n’était dans un état déplorable. »
Selon lui, « 50 % des joueurs laissent les appartements dans des états pitoyables et ça risque de passer à 80 %. Je suis propriétaire de plusieurs appartements, je n’en louerai pas un seul à un joueur du Chamois. Avec le comptable du club, on était convenus que le club ne paie pas le salaire du joueur parce que parfois, la caution ne suffisait pas et qu’il fallait compenser les frais de remboursement (pour la remise en état du bien) ».
Pour la plupart des recrues étrangères de Niort, les agents logent leurs jeunes joueurs sans consultation. « Ils n’ont pas le choix. Certains font de la visioconférence pour se projeter. Mais beaucoup d’agents louent sans demander. Et si les joueurs ne sont pas contents, tant pis pour eux… »
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