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Henri Barthès, érudit, spécialiste d’écritures médiévales, membre de la Société archéologique de Béziers, ne peut tolérer le récit qui est fait du siège de Béziers du 22 juillet 1209 dans le spectacle son et lumière estival, projeté sur l’église de la Madeleine tous les soirs. Il y oppose une autre vision et interprétation de l’Histoire, à partir de documents et d’arguments précis. Passionnant.
Henri Barthès est un homme de textes. Pas d’images. Ancien fonctionnaire de mairie, ancien maire de Saint-Geniès-de-Fontedit (2008 à 2014), président de la Société archéologique de Béziers pendant une dizaine d’années, il est d’ailleurs toujours membre de celle-ci. il a fait ses études en paléographie : c’est-à-dire l’étude des écritures anciennes et en particulier médiévales.
« Il est excessif sur la noirceur générale du tableau et extravagant sur la cruauté »
Sa démarche est entièrement scientifique et personnelle, dénuée d’affect. Il entend pourtant donner résonance à ses arguments : pour lui, le son et lumière estival, projeté chaque soir sur l’église de la Madeleine, à Béziers, est « très beau en couleurs, très joli, mais il pèche par excès ». « Et tout récit excessif perd de sa crédibilité », enchaîne-t-il. Avant de développer : « Il est excessif sur la noirceur générale du tableau dépeint et extravagant sur la cruauté relatée. »
Pour rappel, cette saison, le spectacle son et lumière a pour thème Les Cathares, notamment le sac de Béziers, le 22 juillet 1209. « Il est dit que les flots de l’Orb sont teintés du sang des Biterrois : c’est une erreur historique fondamentale qui se répète depuis des années », estime-t-il.
« Ce sont des visions de l’Histoire qui s’affrontent »
Il faut rappeler que la construction de l’histoire avec un grand H est jonchée d’hypothèses. Et c’est bien une version, une interprétation, de cet épisode de l’Histoire de Béziers, qu’Henri Barthès, érudit, habitué des couloirs des archives, remet en cause. « Ce sont des visions de l’Histoire qui s’affrontent. » Autre élément : « La thèse de la résistance des Biterrois s’appuie sur des sources narratives de récits de guerre qui obéissent à un modèle littéraire, des récits écrits très postérieurement aux faits, entre 40 et 80 ans après les événements. On peut y opposer des sources diplomatiques comme les actes reçus par les notaires ou des actes de justice. » En clair : des documents datant de l’époque elle-même.
Henri Barthès rappelle ainsi l’existence d’une liste de 222 noms, dont une copie se trouve à la Bibliothèque nationale de France, 222 noms de suspects d’hérésie, des Biterrois qui auraient été livrés… Une liste qui mettrait un coup au mythe des Biterrois résistants. « En 1247, Saint Louis a ensuite envoyé des magistrats pour enquêter sur les excès commis pendant la croisade et opérer les restitutions qui s’imposaient ». Les procès-verbaux de cette enquête, consultables aux Archives nationales, attestent aussi de l’existence de cette liste où des noms avaient été inscrits « non pas pour faits de religion mais par haine et jalousie… »
« Il faut réviser les assertions faciles et catégoriques sur la doxa historique »
Quant à l’ampleur du massacre et le nombre de victimes… « Il y a alors 5 à 6 000 habitants à Béziers. Le recueil des actes cartulaires (documents officiels, actes de vente, testaments, etc. NDLR) n’établit pas la rupture sociologique » ou démographique. « S’il y avait eu autant de victimes, fatalement, des noms de famille auraient disparu… »
Henri Barthès a produit huit pages sourcées et documentées avec minutie, pour expliquer et étayer son propos qui pourrait se résumer ainsi : « Entre le spectacle et la réalité historique, il y a un monde, c’est beaucoup plus compliqué, pas aussi simpliste. » Quant au tropisme de résistance sur la base des événements de 1209 : « Il est immensément contestable. Et la mémoire de Casimir Péret et Jean Moulin (qui apparaissent à la fin du spectacle, tout comme Riquet NDLR), elle ne gagne pas à être comparée aux événements de 1209. »
Pour ce passionné de textes, exigeant, « il faut réviser les assertions faciles et catégoriques de la doxa historique. » Son ambition : « Informer les Biterrois que ce que l’on raconte n’est pas tout à fait exact, sans acrimonie, dans une démarche pacifiste ». Et pour l’avenir : « Éviter cette même surinterprétation, à partir d’une historiographie romantique qui n’est plus soutenable. » Voilà une prise de parole publique qui devrait faire causer.
Henri Barthès publiera en 2027 les archives de l’abbaye de Valmagne, 1500 pages en deux tomes. Il a par ailleurs traduit « Le bréviaire d’amour », l’une des grandes œuvres du Moyen Âge. Ainsi qu’un traité agricole en latin, datant du 18e siècle.
"C’est un débat qui n’est pas clos", concède Jean Muller, le directeur de l’office de tourisme Béziers Méditerranée, également passionné d’histoire et auteur du scénario du spectacle "Cathares" commandé à l’entreprise ID Scènes. "Au sujet du 22 juillet 1209, certains historiens affirment qu’il n’y a pas eu beaucoup de victimes, d’autres que si… Mais ce spectacle n’est pas le lieu de querelles de chiffres, d’ailleurs aucun nombre n’est annoncé. Certaines sources font état d’un massacre terrible, de sang jusqu’à hauteur de cheval, ce n’était pas la croisade s’amuse, c’était quand même quelque chose de violent, il ne faut pas tomber dans l’excès inverse. Quant au spectacle, ce n’est pas une thèse de doctorat, il est délicat d’y développer plusieurs hypothèses, on a donc choisi une tradition à laquelle on veut rester fidèle. D’ailleurs ces récits ont été utilisés pour l’exposition de Toulouse sur les Cathares, laquelle n’a pas mis en doute la véracité du massacre biterrois. Le spectacle est fidèle à ce qu’a pu être l’histoire et accessible à tous". Sans occulter les querelles et les débats d’historiens sur le siège de Béziers, Jean Muller souligne ainsi : "Elles ne sont pas le lieu d’un spectacle estival."
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La dite croisade des albigeois n'est qu'un des premiers épisodes de la conquête-annexion-colonisation par l'église romaine et les roitelets francs parisien d'un empire qui s'étalera sur huit siècles et cinq co continents. Génocides, déplacements ethniques, répression, tortures, galères, roues cachots ont été nécessaires pour imposer un roi-republique, une seule langue, une religion unique.
La seule question aujourd'hui est :que ferons-nous de ce passé ?
Pensez-vous que les spectateurs qui assistent au
Spectacle le soir retiennent tous les détails ce qui s'est passé le 22 juillet 1209?
Peut être que monsieur Barthez pourrait être présent sur un stand pour rectifier cette interprétation de l'Histoire.
Pas certain qu'il y aurait autant de personnes attentives comme pour le spectacle proposé.
Quant aux activités diverses, l'été comme l'hiver
Beaucoup de communes souhaiteraient en avoir
Comme à Béziers
C'est un spectacle qu'il faut prendre pour un spectacle ! J'y ai assisté et j'ai passé un bon moment . La foule qui m'entourait semblait aussi avoir apprécié . Béziers bouge , Béziers vit , Béziers connait des moments conviviaux, c'est le seul but de ces manifestations . Monsieur Barthés n'a qu'a faire une conférence Historique tous les soirs et vérifier combien de personnes les suivront … Assez des rabat-joie !