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Article rédigé par Léa Afonso
Journaliste
La Dépêche du Midi
Marché locatif sous tension, transactions ralenties, investisseurs frileux… À Toulouse, le secteur de l'immobilier continue de faire face à de nombreuses difficultés. Sébastien Bénet, président de la Fédération nationale de l'immobilier de Haute-Garonne, fait le point sur la situation et décrypte les nouvelles pratiques qui transforment le métier, des réseaux sociaux à l'intelligence artificielle.
Alors que le marché immobilier traverse une période de fortes tensions à Toulouse, Sébastien Bénet, président de la Fédération nationale de l’immobilier de Haute-Garonne (FNAIM 31), dresse un état des lieux du secteur. Manque de logements, difficultés d’accès au crédit, pénurie de biens à louer, nouvelles stratégies de vente…
Quelle est la situation actuelle du marché de l’immobilier à Toulouse ?
Le marché est hyper tendu. Sur le volet locatif, nous ne parvenons pas à répondre à toutes les demandes. C’est devenu un véritable parcours du combattant pour trouver un logement, avec une demande très forte face à une offre insuffisante. Concernant les transactions, les acquéreurs sont bien présents, mais les projets prennent beaucoup plus de temps à se concrétiser. Les conditions de financement restent compliquées, les taux d’emprunt demeurent élevés et le pouvoir d’achat des ménages s’est dégradé. À cela s’ajoute un manque de logements neufs et un retard important dans la rénovation énergétique. Les biens les plus abordables sont souvent des logements construits dans les années 1970, qui nécessitent parfois d’importants travaux. Enfin, nous constatons une véritable panne des investisseurs, liée à un manque de confiance.
Pour faire face à cette crise, quelles sont les nouvelles solutions et les nouveaux modes de vente qui se développent ?
Il existe une tendance à utiliser tous les moyens de communication. Les plateformes comme Le Bon Coin, Bien’ici ou SeLoger restent incontournables, mais les réseaux sociaux, YouTube ou les groupes WhatsApp prennent une place de plus en plus importante. Entre agents immobiliers, une plateforme permettant de partager les mandats exclusifs se développe. On multiplie aussi les journées portes ouvertes, comme nous l’avons fait avec Babagaya ou Mister Freeze. Et, l’intelligence artificielle commence à s’intégrer dans les outils de recherche et les pratiques des professionnels.
Qu’en est-il de l’utilisation des réseaux sociaux ?
Ils sont devenus un véritable outil de diffusion des biens auprès d’un groupe de followers ou d’un public ciblé. Cette tendance est particulièrement visible dans l’immobilier de luxe, un secteur qui fonctionnait autrefois dans la discrétion mais qui mise désormais largement sur sa visibilité en ligne. Les vidéos à l’Américaine rencontrent un vrai succès et permettent aux agents de développer leur notoriété. Aujourd’hui, cette image fait rêver, y compris les jeunes. Ceux que je forme ne parlent que de cela. Mais, il est parfois difficile de savoir ce qui se vend réellement derrière.
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