Un peu moins de 300 personnes s’étaient rassemblées ce jeudi 17 mars à Reims pour protester contre la baisse du pouvoir d’achat et réclamer une revalorisation des salaires et des pensions.
Profs, ouvriers, retraités, personnels administratifs, travailleurs sociaux… Tous étaient réunis ce jeudi pour défendre leur pouvoir d’achat au cours d’une journée d’action nationale organisée par l’intersyndicale CGT, FSU, Solidaires, Unsa et CFE-CGC. À Reims, 250 manifestants ont défilé dans le calme et au son des chants et musiques révolutionnaires.
« On est là pour défendre la retraite et le pouvoir d’achat », explique Fabrice Sabatier. Ce cariste de 54 ans goûte peu la proposition du candidat Macron d’allonger la retraite à 65 ans. « Quand on voit les métiers pénibles que l’on fait… On est débout toute la journée à suivre les machines », illustre sa collègue Sylvie Maisonneuve, opératrice de finition de 59 ans. Son mari se fait peu de soucis pour son âge de départ : « Je suis un futur retraité. » Le montant de sa pension l’inquiète davantage. « Avoir travaillé toute sa vie pour avoir à peine 1 000 euros à la fin du mois », se désole le sexagénaire.

Alors, le couple se demande s’il pourra encore aider leur fille. « Ma gamine de 24 ans travaille, elle ne sort pas, elle est très raisonnable mais on est obligés de lui faire le plein une fois par moi. Elle en vient à se demander à quoi bon travailler », résume cette mère de famille.
Le prix du carburant, dépassant régulièrement les 2 €/litre, est au cœur de leur préoccupation. La baisse de 15 centimes au 1er avril annoncée par le gouvernement n’est pas suffisamment rassurante. « Je fais 90 bornes par jour pour travailler, lâche Fabrice Sabatier dans un rire nerveux. Ce qu’il faut c’est réduire vraiment les taxes. »
Sous les bannières d’un syndicat d’enseignant du second degré, Annie Becret, professeur en histoire-géographie dans un lycée rémois, constate également l’érosion de son pouvoir d’achat. « Ça fait dix ans que le point d’indice (servant à calculer les salaires des fonctionnaires, NDLR) est gelé. Sur cette période, j’ai perdu environ 25 % de salaire. »

Tout ça alors que ses conditions de travail se sont dégradées. « Avant, je gérais 4 classes, désormais c’est 6. Et les effectifs par classe sont plus nombreux. Sachant que les élèves ont changé et ne sont plus les mêmes. » Comprenez que la gestion des classes s’est compliquée au fil des années. « Le métier n’est plus reconnu… », désespère l’enseignante. Un constat partagé par sa consœur, documentaliste depuis quatre décennies. « On n’a pas le droit aux primes versées aux professeurs. Pourtant, on a un rôle pédagogique », s’agace Marie Cornu.

Derrières elles, deux irréductibles gilets jaunes. Dans leur dos, leurs revendications s’affichent directement sur le tissu fluo : « Je suis là pour la baisse des prix de carburants, le gaz l’alimentation et l’électricité . »
Les travailleurs sociaux étaient présents pour réclamer l’expansion de la prime de 183 €/mois actée lors du Segur de la Santé à l’ensemble des personnels des structures médico-social. « Il faut que les moniteurs éducateurs, les éducateurs sportifs, les techniciens spécialisés, etc. en bénéficient aussi car ils travaillent autant que nous avec les enfants », plaide Marie Briquet, éducatrice spécialisée depuis 7 ans.

Un discours partagé par ses collègues des services généraux. « Le personnel de l’ombre comme les chauffeurs ou les femmes de ménage sont oubliés. » Pourtant, ils sont au contact eux aussi des enfants quand il faut les transporter. Tout en conduisant, ils racontent devoir gérer 8 enfants et des situations de plus en plus compliquées. Quant aux femmes de ménage, elles doivent respecter de nouvelles contraintes avec le covid. « On a eu plus de travail sans reconnaissance », résume l’une d’entre elles.
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