Dans une campagne municipale à droite toute, la question du logement est éclipsée au profit de celle de « l’insécurité ». Mais alors que la véritable insécurité réside dans le sans-abrisme et le mal-logement, il faut exiger la réquisition sans indemnités des logements et bureaux vides, ainsi qu’un blocage et une baisse des loyers.
Révolution Permanente Bordeaux
11 mars
D’un côté de la carte postale, « Éco quartier » Ginko, nouveau quartier Belcier, de l’autre, des loyers qui explosent, des expulsions. Pour les classes populaires, il est devenu impossible de se loger à Bordeaux, et pour ceux qui n’ont pas le choix, il reste les logements insalubres et les passoires énergétiques. Dans le cadre des élections municipales, Révolution Permanente se présente avec la candidature de Petra Bernus, étudiante infirmière, pour exiger un plan à la hauteur de la crise du logement que subissent les habitants.
L’actualité locale récente regorge d’exemples de conditions de vie scandaleuses dans des résidences gérées par des bailleurs sociaux à Bordeaux. À Grand-Parc, dans la résidence Catalpa, les résidents ont été contraints de saisir la commission départementale de conciliation sans réponse du bailleur social « Incité » face aux problèmes de moisissures. À Cauderan, dans une résidence du bailleur « Domofrance », les habitants alertent depuis des années sur les inondations à répétition et les pannes d’ascenseur, à Cenon, les habitants d’une résidence de ce même bailleur alertent sur les problèmes d’humidité, de froid et de cafards, quand d’autres, à Eysines, dénoncent les régulières pannes de chauffage.
Les types de mal-logement sont multiples : suroccupation, infestation de nuisibles, passoires thermiques, moisissures et humidité. Dans les logements à bas prix, on retrouve souvent plusieurs de ces problèmes, en particulier dans les logements sociaux de la ville. Par exemple, le taux de suroccupation des logements est deux fois plus élevé à Bordeaux que la moyenne nationale selon l’Insee, atteignant les 19,3%.
De plus, ces dernières années, plusieurs immeubles ou balcons se sont effondrés, faute d’entretien nécessaire. De l’insalubrité à la dégradation des façades et des fondations des immeubles, un seul responsable : la spéculation. Les spéculateurs, qui refusent d’investir dans les rénovations, préfèrent laisser vivre les locataires dans des conditions scandaleuses, ou laisser vivre dehors les milliers de SDF que comptent la ville de Bordeaux en laissant des logements vacants tomber en ruine.
Tout cela n’a cependant empêché ni les propriétaires ni les bailleurs sociaux d’augmenter les loyers. Ces trente dernières années, le prix au mètre carré a explosé à Bordeaux : entre les années 1990 et aujourd’hui, au mètre carré, le loyer moyen a doublé et le prix à la vente a été multiplié par quatre. Rien que sous le mandat de Pierre Hurmic, l’augmentation moyenne des loyers atteindrait 10%, pendant que la part de résidences secondaires et de logements touristiques a continué d’exploser. Derrière le Bordeaux carte postale, les classes populaires sont chaque jour un peu plus chassées du centre-ville par l’explosion des loyers, ou directement par la police qui mène une véritable politique de harcèlement dans les quartiers populaire.
Une situation pour laquelle Pierre Hurmic porte une lourde responsabilité. Bien qu’il ait construit des logements sociaux, son taux reste largement en dessous du minimum légal, déjà bien insuffisant. Surtout, il soutient un projet comme celui d’Euratlantique, la plus vaste opération d’aménagement urbain en cours sur le territoire français en dehors de Paris, symbole de la gentrification de la métropole bordelaise et de la volonté de rendre Bordeaux compétitive à l’échelle européenne. Le tout loin des intérêts des habitants de la ville. La mairie EELV prétend lutter contre l’augmentation des loyers avec la mise en place d’un encadrement des loyers depuis 2022. Dans les faits, cet encadrement n’empêche en rien l’augmentation et sert davantage à accompagner le marché immobilier pour éviter les soubresauts qu’il peut connaitre en période de crise. Il reste largement inappliqué, comme en atteste une récente étude de la Fondation pour le logement qui constate que près d’un tiers des annonces ne respectent pas l’encadrement. Et les étudiants sont particulièrement touchés par ces loyers exorbitants, les petites surfaces étant celles concentrant le plus de non-respect de l’encadrement. En six ans, la mairie a de plus multiplié les expulsions de lieux de vie, jetant des dizaines de personnes à la rue.
En matière de logement, la France insoumise dispose d’un programme bien fourni, pourtant il se résume à une seule logique : essayer de « réguler le marché du logement ». Il comporte des mesures restant dans le cadre actuel – très étroit – des institutions en tentant de négocier avec les bailleurs sociaux la rénovation des logements et le gel des loyers, et d’autres recyclant des mesures dont l’inutilité est déjà largement éprouvée comme l’extension du dispositif « permis de louer » et l’encadrement des loyers. En somme, un programme qui s’adapte à la défense acharnée de la propriété privée par les candidats de droite et d’extreme-droite, du RN à Dessertine en passant par Cazenave, qui cherchent tous à finir de transformer Bordeaux en terrain de jeu pour les spéculateurs.
Alors que l’État et le gouvernement multiplient les offensives austéritaires, un tel programme qui mise sur les institutions existantes et la négociation, en mettant sous le tapis la matrice de la propriété privée apparait comme une impasse. Entretenir l’illusion que des mesures aussi minimales que la rénovation des logements sociaux ou le gel des loyers pourraient s’obtenir par la négociation avec les bailleurs sociaux est une erreur. Une négociation d’autant plus illusoire que les bailleurs sociaux bordelais comme aquitains n’hésitent pas à violemment expulser des locataires, ou les laissent vivre dans des conditions d’insalubrité scandaleuses.
Quant à la « brigade pour le droit au logement », ses prérogatives sont particulièrement floues et semblent s’inscrire dans un cadre qui ne chercherait qu’à faire appliquer l’encadrement existant déjà bien minimal, et ce, dans le cadre étroit des règles préfectorales déjà existantes. Dans ces conditions, l’Etat et ses préfectures – qui dispose d’un pouvoir de contrôle administratif sur toutes les décisions municipales – ainsi que la loi ÉLAN, qui réserve notamment au préfet la possibilité de fixer les loyers dans certaines « zones tendues », seraient en mesure de s’opposer à toute mesure réellement contraignante portée par une telle brigade, si tant est qu’elle le fasse.
C’est une évidence : se loger, comme tout, est de plus en plus cher, et les salaires ne suivent pas. À Bordeaux, dans la métropole, et dans toute la France, il faut exiger la baisse immédiate et le gel immédiat des loyers et des charges locatives, ainsi que l’interdiction des expulsions et l’annulation des dettes pour loyers impayés.
Alors que des milliers de personnes dorment à la rue à Bordeaux, dont des dizaines d’enfants, avec par exemple rien qu’à l’école des Menuts 1 enfant sur 5 qui est SDF, ce sont 30 000 logements qui restent vacants rien que dans la métropole.
A gauche, au cœur de ces municipales, la revendication de la réquisition des logements vides semble partagée par la France Insoumise. Mais si le mouvement en fait une mesure phare, il souhaite l’appliquer dans le strict cadre de la loi. Or nous ne pouvons avoir aucune illusion dans la loi de 1945 censée permettre à l’État de réquisitionner temporairement les logements vacants, ni dans le pouvoir des préfets à l’appliquer. Cette loi, très peu appliquée depuis sa promulgation, permet de mettre en place une mesure temporaire par laquelle le propriétaire est indemnisé.
Nous sommes convaincus qu’une revendication radicale comme la réquisition ne peut être arrachée que par l’organisation et la mobilisation collective, et qu’elle doit permettre de réquisitionner sans indemnités ni compensations pour ceux qui ont accumulé des profits en laissant ces logements inoccupés. Cette revendication vaut également pour les bureaux vides, ainsi que pour les sièges des banques et assurances, afin qu’ils soient transformés en logements ou en lieux de vie collective, sous le contrôle des habitants et des travailleurs.
Les revendications développées ici, élaborées en dialogue et à partir des vécus et témoignages des habitants, sont celles que défend Révolution Permanente et sa tête de liste Petra Bernus dans les élections municipales de Bordeaux. Nous sommes convaincus que seule l’organisation collective, par en bas, des habitants et travailleurs eux-mêmes nous permettra d’imposer ces revendications. Il est nécessaire de les porter haut et fort pour reprendre Bordeaux aux riches et aux spéculateurs.
Alors pour faire exister cette voix, vote, organise-toi avec Révolution Permanente et viens au meeting du vendredi 13 mars à 19h à la Maison Cantonale de la Bastide (20 rue Châteauneuf, Bordeaux) en présence d’Anasse Kazib, cheminot et porte-parole de Révolution Permanente et Julien Le Guet, militant de Bassine Non Merci et figure réprimée des mobilisations de Sainte Soline.
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