L’homme, adepte du « woofing », se faisait offrir le gîte et le couvert par des agriculteurs pendant plusieurs semaines avant de les escroquer et de s’évanouir dans la nature.
Depuis plusieurs années, il profitait de la générosité des gens qui l’accueillaient pour mieux les voler. Un escroc en série, soupçonné d’avoir abusé financièrement de plusieurs personnes depuis au moins 2021, a été interpellé ce mardi 11 février à Jonzac, en Charente-Maritime, a fait savoir au Parisien la gendarmerie nationale.
Adepte du woofing, cet homme se faisait offrir le gîte et le couvert par des agriculteurs — le plus souvent des femmes gérant seules leur exploitation — en contrepartie de services manuels rendus, profitant de leur confiance pour les voler ou les escroquer. L’arnaqueur, qui changeait régulièrement d’identité, allait de victime en victime, agissant toujours avec le mode opératoire.
Le 17 août dernier, une exploitante agricole pousse la porte de la gendarmerie de Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard. Elle explique avoir accueilli un homme chez elle pendant un mois, après avoir déposé une annonce de woofing sur le site Leboncoin. Mais après quatre semaines passées chez elle, nourri, logé, blanchi, l’individu s’est subitement volatilisé en lui dérobant 15 000 euros en liquide.
La brigade de recherche de Bagnols-sur-Cèze se met sur le dossier. Rapidement, ils se rendent compte que l’agricultrice est loin d’être sa première victime. L’homme a déjà plusieurs escroqueries, vols ou abus de confiance à son actif : dans le Finistère en 2021, en Ille-et-Vilaine en 2023, Haute-Garonne en 2024, en Gironde en septembre 2024, dans les Pyrénées-Orientales d’avril 2024 à janvier 2025 et enfin dans le Gard en août 2025.
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Et l’escroc ne s’arrête pas là. En décembre dernier, l’homme séjourne sur une nouvelle exploitation dans les Hautes-Alpes. Là encore, il abuse de la confiance de son employeur et lui dérobe son camping-car Volkswagen.
Mais pour les enquêteurs, difficile de le localiser. « L’homme savait passer sous les radars, changeant à chaque fois de prénom, de numéro de téléphone et de lieu », explique la cellule investigation de Radio France qui a enquêté sur lui. Ils surveillent alors minutieusement ses réseaux sociaux. Et ça paye. Ce mardi 11 février, l’escroc est géolocalisé dans une ferme à Jonzac, où un couple l’a accueilli. Sur place, les gendarmes l’interpellent et retrouvent le camping-car volé un mois plus tard dans les Hautes-Alpes.
Ce n’est pas la première fois que l’homme est interpellé. En 2023, après deux plaintes déposées contre lui pour escroquerie, il avait été arrêté. Mais l’escroc avait été relâché dans l’attente de sa convocation devant la justice. Il était en cavale depuis. Selon Radio France, l’escroc ciblait ses victimes, le plus souvent des femmes vivant seules en milieu rural, sur des petites annonces sur Le Bon Coin ou Tinder. « Manipulateur, il savait se faire apprécier, et se rendre indispensable avant de disparaître en emportant leurs économies », selon nos confrères.
À l’issue de sa garde à vue, il est passé devant un juge des libertés et de la détention de Saintes (Charente-Maritime), ce jeudi 12 février, qui l’a incarcéré pour sa condamnation à deux ans de prison en 2023 par le tribunal judiciaire de Tarbes. Il devrait être entendu prochainement pour la plainte déposée par l’agricultrice du Gard.
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