« Je l’ai vu là-bas, il a traversé la route ». Il y a deux semaines, Jérôme se trouvait dans sa voiture lorsqu’il est tombé nez à nez avec un loup. « Il était un peu paniqué et apeuré », se souvient cet habitant de Fréjus. « Je ne suis pas étonné qu’il soit là, mais plutôt de le voir à 10h30 du matin ».
Ces dernières années, les apparitions de loups se sont multipliées dans le département du Var. À tel point que leur présence, si bien redoutée, est aussi devenue banale pour les habitants. « Deux trois jours avant, une chèvre s’était fait attaquer juste là derrière », insiste au micro de BFM Toulon Var Jérôme.
Pour les spécialistes, la venue de l’animal en ville est due au manque de proie sauvage et l’extension des zones urbaines. « Il y a déjà quinze ou même vingt ans, on observait des loups près des villages et maisons. Simplement, aujourd’hui, il y a plus de loups dans plus de départements, donc il y a plus de possibilités que des loups viennent et passent près des maisons », analyse Jean-David Abel, référent du réseau biodiversité chez France Nature Environnement.
Les territoires fréquentés par le loup se sont continuellement étendus en dix ans, passant de moins de 10 départements à plus de 60.
Lundi, les ministres de l’Agriculture Annie Genevard et de la Transition écologique Mathieu Lefèvre ont annoncé qu’ils autoriseraient les tirs contre un loup ayant attaqué un troupeau même si ce dernier n’est pas protégé des attaques du canidé.
« Protégé ou non, l’éleveur aura le droit à un tir de défense », a souligné Annie Genevard en visite en Haute-Marne, département marqué par des attaques décuplées après l’installation récente d’une meute de loup.
Outre l’éleveur, les agents des brigades mobiles d’intervention spécialisées et les louvetiers pourront également effectuer des tirs « de prélèvement » (c’est-à-dire abattre des loups) et mener des battues « pour défendre aussi des élevages non protégés » a ajouté la ministre.
Interrogé, le cabinet du ministre délégué a souligné que cette « nouveauté » figurerait dans le futur arrêté, attendu « dans les prochaines semaines ».
Les ministres ont en outre confirmé qu’ils autorisaient en 2026 l’abattage de 21% des 1.082 loups dénombrés en France, avec « la possibilité d’activer les 2% supplémentaires » prévus, soit l’autorisation de tuer jusqu’à 248 loups. En 2025, le quota était de 19%, soit 190 loups tués.
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