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Ce budget peut permettre d’acheter un bien en bord de mer, mais il faudra faire quelques concessions.
Deux départements concentrent à eux seuls près de la moitié des annonces sur le réseau l’Adresse : la Vendée et l’Hérault. Photo Mourad Allili/Sipa
Une maison face à la mer, les pieds dans l’eau ou presque, un appartement avec une terrasse donnant sur l’horizon… le bien avec vue mer reste un rêve immobilier pour beaucoup de Français.
Contrairement aux idées reçues, il est encore accessible dans certains endroits du littoral, à moins de 200 000 €, selon le réseau d’agences immobilières L’Adresse qui a analysé 200 annonces de biens avec vue mer actuellement en vente en France. Près d’un tiers affichent des prix sous le seuil des 200 000 €. 
De très forts écarts existent selon les régions et les littoraux. Si le prix médian des biens avec vue mer s’établit à 319 750 €, pour une surface médiane de 73 m² et un prix au m² de 4 968 €, ces chiffres masquent une amplitude considérable.
Ainsi, il est possible de s’offrir une vue mer à partir de 75 000 € en achetant un studio de 34 m² avec travaux en Vendée, quand une maison avec un tel horizon affiche un prix médian de 653 500 € pour 141 m². Sans compter les villas et demeures de prestige dont les prix dépassent le million d’euros…
« Le marché de la vue mer est l’un des plus polarisés de l’immobilier français, remarque Brice Cardi, président de l’Adresse. On peut trouver aussi bien des studios en station vendéenne à moins de 100 000 €, accessibles à des primo-investisseurs par exemple, que des demeures de prestige à plusieurs millions d’euros au Pays basque. Mais entre les deux, l’appartement avec vue mer reste une valeur accessible. » 
Deux départements concentrent à eux seuls près de la moitié des annonces sur le réseau l’Adresse : la Vendée et l’Hérault. La Vendée s’impose donc comme le marché pivot de l’accessibilité littorale, avec un prix médian départemental de 198 600 € et une offre démarrant à 75 000 €, principalement autour de Saint-Jean-de-Monts et Saint-Hilaire-de-Riez. L’Hérault, et Sète en particulier, séduit par son éclectisme avec des biens allant de 139 000 € à 1,34 million d’euros, territoire porté par l’étang de Thau et une attractivité culturelle croissante.
L’Aude (Narbonne-Plage, Tuchan), avec un prix médian de 179 950 € et une offre dès 89 990 €, reste le marché le plus confidentiel du panel, encore méconnu des acheteurs nationaux. 
« Ces biens à moins de 200 000 € répondent à un profil très spécifique : quasi exclusivement des studios (20-30 m²) ou des 2 pièces (30-55 m²) en copropriété, dans des résidences de vacances souvent construites dans les années 1970-1990. Les charges de copropriété médianes atteignent 955 € par an (1 301 € en moyenne), un coût récurrent à intégrer dans le calcul de rentabilité », détaille l’Adresse.
Il s’agit le plus souvent de produits d’investissement locatif saisonnier, qui se loueront facilement car la demande est forte, d’avril à octobre. « Mais ce n’est pas la résidence secondaire de rêve pour une famille. Pour ça, il faut accepter de mettre un budget de 300 000 € à 400 000 € minimum, dans des départements plus abordables que la Côte d’Azur ou la Côte Basque », analyse Brice Cardi.
Achat en bord de mer : des risques à prendre en compte
Vous devez prendre en compte plusieurs éléments avant d’acheter en bord de mer. L’érosion du trait de côte est un risque à intégrer dans tout achat littoral. « Acheter avec vue mer, c’est aussi acheter sur un territoire en mouvement, remarque l’Adresse. Selon le Cerema, un quart du littoral métropolitain est en érosion, soit environ 1 700 km de côtes menacées, un phénomène qui s’accélère avec le changement climatique. »
« Depuis 2022, la loi Climat & résilience impose aux communes exposées de publier une carte de recul du trait de côte et aux vendeurs de mentionner ce risque dans l’acte de vente. Un bien situé en zone rouge peut voir sa valeur diminuer, son assurabilité se restreindre et faire l’objet à terme d’un relogement préventif. Ce risque est consultable sur le portail Géorisques et doit être intégré à la réflexion patrimoniale, au même titre que le diagnostic de performance énergétique (DPE) », conseille le réseau d’agences immobilières.
L’état du bien doit aussi être pris en compte. La moitié des biens analysés par l’Adresse a plus de 40 ans. Parmi les biens disposant d’un DPE renseigné (73 % du panel) : 74 % sont classés C ou D, ce qui est en cohérence avec l’âge du bâti. Mais 15 % sont classés E, F ou G et sont donc concernés par les restrictions de mise en location de la loi Climat & résilience : les G ne se louent déjà plus, les F suivront en 2028, les E en 2034, sauf si le projet de loi permettant de décaler ces échéances, sous conditions de travaux, est voté.

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