Le conseil municipal de Nice a adopté vendredi une révision à la baisse des contraintes pesant sur les propriétaires de locations saisonnières de type Airbnb. Alors que l’accès au logement frappe durement les actifs, la durée maximale de location bondit de 90 à 120 jours, provoquant une passe d’armes féroce avec l’opposition.
Le ballet incessant des voyageurs cherchant leur adresse sur un écran de smartphone va pouvoir se poursuivre avec de nouvelles règles du jeu sur la Côte d’Azur. Face au grand défi de l’habitat pour ceux qui travaillent sur notre territoire, la politique locale opère un virage inattendu en faveur des bailleurs.
La durée légale pendant laquelle un propriétaire azuréen peut proposer sa propre maison ou son appartement aux vacanciers s’allonge drastiquement. Le plafond réglementaire passe de 90 à 120 jours par an.
Cette modification efface la rigueur imposée l’an dernier par l’ancienne municipalité. La précédente équipe s’inscrivait alors dans le sillage direct de la loi Le Meur pour tenter de freiner l’augmentation continue des offres de courte durée chaque année.
Pour le maire Eric Ciotti, cet allongement relève d’une évidence et du strict respect de la propriété privée. L’édile UDR estime que la politique menée par le macronisme a fait des propriétaires ses « vaches à lait ».
#Surtourisme. À Nice, la mairie d’Éric Ciotti va présenter un plan favorable aux locations Airbnb, la gauche dénonce « un scandale »#Nice06 #Airbnb @JulienPICOT06 @NiceEcolo @JulietteChesnel @patrickallemand
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Malgré cet allègement acté par sa majorité, l’élu promet de conserver la maîtrise du parc immobilier. « Il ne faut plus qu’on augmente le nombre de locations meublées touristiques », a affirmé le premier magistrat lors de la séance.
Les enjeux financiers demeurent massifs pour les caisses de la commune. La ville perçoit chaque année 25 millions d’euros au titre des taxes de séjour, une manne dont 10,6 millions d’euros proviennent exclusivement du secteur des meublés de tourisme.
L’autre grand volet du texte concerne les loueurs qui dépassent les limites fixées et nécessitent une autorisation de changement d’usage. La validité de ce précieux document administratif grimpe de trois à cinq ans.
Ce choix découle d’un constat purement pragmatique. Le département municipal chargé de scruter l’ensemble des dossiers de la commune ne compte actuellement que dix agents.
En espaçant les renouvellements administratifs, la ville espère libérer du temps pour ces fonctionnaires. L’objectif est de leur permettre de mener des vérifications in situ, des contrôles sur le terrain qui demeuraient jusqu’à présent quasi-inexistants.
Les quotas instaurés précédemment dans les quartiers les plus touchés de la métropole subissent également un assouplissement. La mesure apparaît comme un compromis stratégique pour éteindre une procédure engagée par des loueurs devant la justice administrative.
Du côté des bancs de la gauche, la décision a immédiatement fait l’effet d’une bombe, le texte étant dénoncé comme « un scandale ». Les élus d’opposition fustigent le décalage béant entre cette délibération et la difficulté quotidienne des habitants à trouver un toit à l’année.
Juliette Chesnel-Le-Roux n’a pas mâché ses mots face à la ligne défendue par l’exécutif local. « On met désormais autant de meublés touristiques sur le marché qu’on ne crée de logements sociaux », a déploré la conseillère municipale de gauche.
La représentante de l’opposition a terminé son intervention en attaquant frontalement la vision de la majorité en place. « L’extrême droite dit défendre les Niçois en remplaçant ses habitants par des porteurs de valises à roulettes », a-t-elle lancé.
Reporter niçois diplômé en journalisme, Matthias Bellegarde a rejoint Nice-Presse en 2026. Expert de l’économie locale et de l’immobilier, il suit de près l’évolution des marchés et des entreprises entre Nice et Menton. Engagé pour une information transparente et vérifiée, il est signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction.
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