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Sophie Barbet est responsable du service construction et habitat à la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM). Elle revient sur les enjeux du logement landais et les solutions mises en place par l’État
Quel regard portez-vous sur la situation du logement dans notre département ?
On fait face à un manque de logements accessibles aux revenus des Landais. Si on regarde l’évolution des prix des maisons, la moyenne départementale accuse une augmentation de 54 % entre 2010 et 2021. Le coût moyen en 2010 était de 175 545 euros. En 2021, ajoutez 95 000 euros et le prix moyen avoisinait 271 871 euros (plus 42 000 euros sur le prix moyen des appartements et plus 31 000 euros sur les terrains). Cette tension observée depuis 2010 rend difficile l’accès au logement aux revenus peu élevés des populations landaises, même si le revenu médian est plus important qu’en Lot-et-Garonne.
La récente crise immobilière a-t-elle aggravé la situation ?
Les bailleurs nous le disent, les difficultés rencontrées par la promotion immobilière ont des conséquences, oui. Tout est un peu grippé. Moins d’accès aux crédits, c’est moins de constructions et donc un parc locatif bouché.
Et pourtant les dispositifs d’investissement locatif ont été arrêtés…
L’État, régulateur du marché du logement, a mis un terme à ces dispositifs, mais a développé un autre produit en remplacement, dont on parle moins, qui est le logement locatif intermédiaire (LLI), ouvert aux promoteurs, aux bailleurs sociaux et qui donne de la TVA à taux réduit. C’est une nouvelle réponse et elle tend à se développer plutôt pas mal.
La tension sur le marché de la location a-t-elle d’autres conséquences, moins visibles, dans les Landes ?
Le travail avec Action logement a mis au jour une problématique : c’est la difficulté des entreprises à recruter car à certains endroits, comme dans le Seignanx, Macs, les Grands Lacs, des salariés ne peuvent se loger dans le parc locatif privé ou social. La crise a eu pour conséquence de ne plus permettre à certains publics d’accéder à la propriété et donc de rester en location. Mais le Prêt à taux zéro, revenu en avril, participe de la possibilité d’acheter.
Plusieurs communes landaises ont actionné l’augmentation de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires pour inciter les propriétaires à opter pour la location à l’année. C’est une solution que vous préconisez ?
Le rôle de l’État-conseil, quand une collectivité dessine son programme local de l’habitat, c’est de donner son avis régalien. Sur certaines communes du département, c’est un sujet. Sur Moliets-et-Maâ, il y a 83 % de résidence secondaire. Sur la communauté de communes de Macs (Maremne Adour Côte sud), c’est 40 % de résidence secondaire. Dans les Landes, le zonage qui permet de majorer la taxe d’habitation jusqu’à 60 % a été étendu de trois à 44 communes, pour actionner ce levier sur le sujet des zones tendues. Et de nombreuses municipalitésont voté la hausse maximum.
On se rapproche de la situation basque ?
On constate une attrition des résidences principales au bénéfice des résidences de tourisme. Il faut trouver ce compromis entre un département touristique, avec des besoins pour loger ces vacanciers, mais pas au détriment des résidences principales. Car on commence à voir, oui, certes de façon moins violente qu’au Pays basque, des populations qui se déplacent car elles ne peuvent plus se loger sur la Côte sud.
La production de logements sociaux est-elle toujours une préoccupation dans les Landes ?
Oui, et le nerf de la guerre, c’est le foncier. L’image des Landes, grand territoire avec du foncier accessible n’est plus vraie. Nous incitons, et le Département aussi, les collectivités à mener des politiques de stratégie foncière, d’acheter quand elles le peuvent. Une fois le foncier acquis, elles doivent se pencher sur les coûts de la transformation, les services de l’État accompagnent, notamment avec de le Fonds vert.
Quelle réponse apporter à la transition énergétique ?
Pour le parc public, XL Habitat majoritairement, mais aussi CdC Habitat, on a pris le sujet à bras-le-corps depuis longtemps. Mais sur le parc public, c’est un sujet. Sur 259 512 logements (dont 188 793 résidences principales), c’est 15 830 logements qui sont aujourd’hui qualifiés de passoires énergétiques (classés F ou G). 15,1 % des ménages landais sont en situation de précarité énergétique. Ma Prim rénov, subventionnée avec l’Anah (Agence nationale de l’habitat), est une réponse apportée aux propriétaires. En 2024, on a aidé à la rénovation totale de 234 logements sous plafonds de ressources modestes et très modestes et 2 186 logements pour des besoins ciblés (achat chaudière, isolation..). Huit espaces conseils France rénov ont été installés dans les Landes pour accompagner les particuliers et c’est gratuit (france-renov.gouv.fr).
Les Landes sont un département concerné par le vieillissement de la population. Comment les services de l’État se saisissent-ils de ce sujet ?
Nous travaillons à adapter les logements car le collectif ne pourra pas être la réponse pour tous. Avec l’Anah et le Département, on porte Ma Prime adapt pour les ménages aux ressources modestes. En 2024, on a permis à 298 logements d’être adaptés. C’est 70 % de l’objectif que l’on s’était fixé.
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