Du Champ-de-Mars au Luxembourg en passant par Saint-Germain-des-Prés, la clientèle fortunée se presse dans les VIe et VIIe arrondissements. Jusqu’à 100 000 euros le m2.
Des hôtels particuliers des XVIIIe et XIVe siècles ou des immeubles XVIIe, les VIe et VIIe arrondissements n’en manquent pas. Il suffit de se promener rue Jacob, rue des Saints-Pères ou le long du Champ-de-Mars et de ses avenues parallèles pour les observer. Et de scruter le montant des dernières transactions exceptionnelles pour comprendre l’attrait de ces quartiers : avenue Elisée-Reclus, sur le Champ-de-Mars, un 600‑m² en duplex avec rooftop, à rénover, a été vendu 26 millions d’euros à un entrepreneur français, tandis que rue du Cherche-Midi, l’ancien hôtel particulier de Gérard Depardieu a trouvé preneur à 22,6 millions d’euros.
Parmi les ventes à venir, celle d’un 220-m² avec jardin et terrasse, près du jardin du Luxembourg, proposé à plus de 20 millions d’euros, devrait bientôt se conclure. Ces transactions témoignent de la vitalité du marché de luxe. A condition « que le bien coche toutes les cases, à savoir l’adresse, la vue, l’espace extérieur, la qualité du bâti, la climatisation, la sécurité, le clés en main, explique Arsène Colarossi, directeur général de Breteuil Immobilier. Une règle qui vaut aussi bien pour des acquéreurs internationaux attachés à la France cherchant un pied-à-terre que pour une famille française bourgeoise privilégiant un environnement sécurisé de qualité ».
Pour l’ultraluxe, à ces critères s’ajoutent également la rareté du bien, son caractère patrimonial et un jardin à l’abri de tout regard. « Les acquéreurs fortunés recherchent un morceau d’histoire et un art de vivre, résume Antoine Blandin, de Varenne. Il n’est plus question de raisonner en métrique mais en coup de cœur d’un bien unique. »
Entre la rue du Bac et la rue de Lille, une maison avec jardin, objet rarissime dans le secteur, vendue off market, est proposée autour de 100 000 euros le m². Mais tous les biens n’atteignent pas ces prix stratosphériques. « Sur ce créneau, où la négociation de 3 à 5 % fait partie du deal, la pépite parisienne demeure une diversification patrimoniale sûre, et à ce titre, affiche des prix soutenus », souligne Nicolas Hug, de Ménager et Hug.
L’historique Saint-Germain-des-Prés fait toujours recette, avec des lieux et événements qui illustrent un dynamisme culturel bien ancré ici : Le Flore et Les Deux Magots pour les cafés mythiques, la librairie L’Ecume des pages, la place de Furstenberg et l’atelier Delacroix à deux pas de l’église Saint-Germain-des-Prés, l’école des Beaux-Arts rue Bonaparte, les galeries du Carré Rive Gauche, le festival Jazz à Saint-Germain… « Les étrangers, Américains, Brésiliens, Italiens, ou les Français, capitaines d’industrie ou cadres supérieurs, raffolent de ce Paris vivant, bohème, où il fait bon flâner à toute heure et où l’on peut tout faire à pied », observe Iris Tang, directrice d’Emile Garcin Rive Gauche.
Rue des Beaux-Arts, un appartement de 147 m² totalement rénové et meublé, au troisième étage d’un immeuble en pierre de Paris avec ascenseur, mais avec vis-à-vis proche, a comblé des Australiens qui ont déboursé 4,88 millions d’euros, soit 33 000 euros le m², pour en devenir propriétaires. Boulevard Saint-Germain avec vue directe sur l’église, une Parisienne s’est fait plaisir en s’offrant un 172-m², à rénover, pour 5,2 millions d’euros. Rue Jacob, il est encore temps d’acquérir ce 165‑m², à rénover mais sans ascenseur, pour 4,55 millions d’euros.

A côté de ce VIe arrondissement cosmopolite et bouillonnant s’adosse un autre VIe, plus familial, avec pour lieu de rassemblement le fameux « Luco » – le jardin du Luxembourg –, où l’on peut croiser Catherine Deneuve ou Alain Finkielkraut venus en voisins. « Dans le périmètre compris entre les rues Vavin, Notre-Dame-des-Champs et Assas, la qualité des écoles privées, les facultés de renom, la proximité du jardin et des brasseries légendaires comme le Select ou la Coupole attirent les familles parisiennes fortunées qui se projettent sur un long terme », confie Pauline d’Assigny, directrice de Daniel Féau Luxembourg.
Rue Guynemer, au troisième étage d’un immeuble récent, un 122-m² a été cédé 3,6 millions d’euros. Près de la rue Vavin, il n’a fallu que quelques jours à une famille française pour se laisser séduire par un 191-m² en dernier étage et ses 161 m² de terrasse, au prix de 5,89 millions d’euros.
Dans le VIIe arrondissement, le quartier du Gros-Caillou est le pendant de celui de Vavin. « Avec les commerces des rues Saint-Dominique et Cler, les écoles et la proximité du Champ-de-Mars, le secteur attire les familles bourgeoises du XVIe », affirme Roger Abecassis, directeur de Consultant Immobilier. Rue Jean Nicot, un duplex de 120 m² avec terrasse de 100 m² et vue tour Eiffel, est affiché à 4,5 millions d’euros.
Le secteur des rues du Bac, de Grenelle et de Varenne est aussi très convoité. « Il allie la solennité des hôtels particuliers des ministères à ceux destinés à des particuliers, relève Emmanuelle Lepidi, directrice de Vaneau Rive Gauche. S’y ajoute la convivialité de la rue du Bac et du Bon Marché. »
Dans ce périmètre, une maison avec jardin a flirté avec les 50 000 euros du m². En revenant côté Invalides et Champ-de-Mars, le 140 Grenelle décline de petits hôtels particuliers récents et sécurisés, avec conciergerie. L’un de ces biens rares à la vente, de 350 m², a changé de mains pour 10 millions d’euros.
Mais, notamment pour les étrangers, « le Graal reste les abords du Champ-de-Mars avec vue tour Eiffel », note Charles Gensollen, directeur de Junot 7e. A condition « d’être en étage élevé avec une exposition sud-ouest pour bénéficier de la vue », ajoute Edouard du Breuil, directeur de Propriétés Parisiennes Sotheby’s International Realty.
L’insécurité, l’insalubrité et le bruit ne découragent pas les acquéreurs prêts à tout pour voir scintiller la Dame de fer. Seul hic : dans les très chics avenues Frédéric-Le Play, Emile-Deschanel ou Elisée-Reclus, alliant immeubles haussmanniens et années 1930, les ventes sont rarissimes. Mieux vaut remonter vers Ecole-Militaire, où un appartement de plus de 200 m², avec terrasse plus vaste pour mieux apprécier la tour Eiffel, dépasse 10 millions.
Enfin, on peut toujours s’acheter un « morceau » de Paris au fil de la Seine, quais d’Orsay, Anatole-France ou Voltaire, avec vue imprenable sur tous les monuments de la rive droite. Quai Anatole-France, un 385-m² avec pièces de réception, cinq suites et de somptueuses parties communes attend son maître pour 16 millions d’euros.
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