En pleine vague de chaleur, le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a présenté mercredi un projet de loi assouplissant la location des passoires énergétiques. Le texte, annoncé plus tôt à Marseille, permet de louer ces habitations mal isolées sous réserve d’un engagement de travaux, déclenchant la fronde des associations de locataires. Les maires obtiennent par ailleurs de nouveaux pouvoirs pour attribuer ou refuser des logements sociaux.
Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun vient de défendre mercredi en Conseil des ministres son projet de loi pour relancer une offre immobilière grippée. L’idée phare consiste à maintenir sur le marché les 700 000 habitations étiquetées comme des passoires énergétiques.
Les propriétaires pourront continuer à signer des baux à une condition stricte. Ils devront s’engager formellement à réaliser des rénovations en justifiant d’un contrat signé avec une entreprise et du versement d’un acompte.
L’annonce tombe au plus fort des températures estivales. Les associations montent immédiatement au créneau face à cette mesure accusée de protéger les bailleurs de biens mal isolés.
La Confédération nationale du logement, classée proche du Parti communiste, fustige cette décision. « Pendant que la France étouffe (…), Vincent Jeanbrun a trouvé sa priorité : sauver les bouilloires thermiques », attaque l’organisation de défense des locataires HLM.
Même son de cloche du côté de Greenpeace, qui y voit le « comble du cynisme ». Nicolas Nace, chargé de campagne transition énergétique, est cinglant envers l’exécutif.
« Des centaines de milliers de locataires, pour la plupart modestes, souffrent de la canicule dans des logements insalubres, surchauffés et invivables mais le gouvernement, déjà responsable de leur situation, choisit de reporter des travaux qui pourraient améliorer leur vie quotidienne », accuse le représentant de l’ONG.
Face à la fronde, le ministre plaide le pragmatisme pour traiter cette crise qu’il qualifie de « véritable bombe sociale ».
« L’objectif c’est bel et bien que ces logements soient rénovés », martèle Vincent Jeanbrun. « Si on ne permet pas au propriétaire d’avoir les ressources pour faire les travaux, probablement qu’il ne les fera jamais ».
Présentée en avril dernier à Marseille par le Premier ministre Sébastien Lecornu, cette loi ne s’arrête pas au seul diagnostic de performance énergétique. Elle dessine un troisième programme de renouvellement urbain pour répondre aux besoins des quartiers fragiles.
L’exécutif veut construire plus vite et mieux via une procédure d’urbanisme simplifiée. Les édiles locaux récupèrent de nouvelles prérogatives, sur la base du strict volontariat, pour faire avancer les dossiers.
Les maires pourront gérer directement les aides MaPrimeRénov’. Ils auront le droit de proposer des candidats pour les attributions, mais aussi de s’opposer à l’installation d’un ménage condamné pour trouble à l’ordre public.
Le gouvernement crée en parallèle un dispositif d’incitation à l’investissement locatif, baptisé statut du bailleur privé ou dispositif Jeanbrun. Ce mécanisme abaisse le seuil de travaux exigé lors de l’achat d’un logement ancien.
La surchauffe des bâtiments reste un angle mort préoccupant. Selon une étude du cabinet Pouget Consultants et de l’Alliance Ignes, un logement sur deux se révèle « insuffisamment adapté » aux épisodes caniculaires.
Des amendements viendront enrichir le texte pour faciliter le vote de chantiers de protection estivale en copropriété, comme l’installation de stores ou de volets.
« Il va falloir maintenant que cette question soit au cœur de nos préoccupations, y compris dans les normes et les exigences architecturales et environnementales », assure le ministre du Logement.
Des réflexions sont en cours pour faire évoluer les règles de préservation du patrimoine, souvent bloquantes pour les aménagements extérieurs. Les conseillers en rénovation énergétique devraient aussi être mieux formés pour intégrer systématiquement le confort d’été aux subventions globales.
Du côté des bailleurs sociaux, Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale pour l’habitat, juge que « ce texte de loi est nécessaire mais ne sera pas suffisant ».
Si elle salue la reprise en main du dossier par l’État et la coopération avec le secteur, elle annonce une vigilance particulière sur l’enveloppe du renouvellement urbain et les compétences communales. Le texte passera à l’Assemblée nationale à la rentrée, puis au Sénat cet automne, pour une adoption espérée en fin d’année.

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Reporter niçois diplômé en journalisme, Matthias Bellegarde a rejoint Nice-Presse en 2026. Expert de l’économie locale et de l’immobilier, il suit de près l’évolution des marchés et des entreprises entre Nice et Menton. Engagé pour une information transparente et vérifiée, il est signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction.
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