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Gel des réserves financières des banques russes en Europe et aux États-Unis, blocage des accès de la banque centrale russe au marché des capitaux, exclusion du système Swift, avoirs des personnalités de premier plan gelés… Les sanctions financières de l’ensemble de la communauté internationale à l’égard de la Russie, en réaction à l’invasion de l’Ukraine, sont sans précédent.
Elles ont profondément déstabilisé le rouble qui, début mars 2022, avait franchi pour la première fois la barre des 110 roubles pour un dollar.
D’après Barnes, réseau spécialisé dans l’immobilier de luxe, « dans un tel bouleversement, il est fort à parier que les investisseurs russes chercheront de nouvelles contrées pour préserver leur patrimoine. » Le point sur la situation.
Dans un contexte de chute libre du rouble et de ruée vers les banques, les acquéreurs russes fuient l’immobilier dans leur propre patrie : en une semaine, 80 % des transactions à la vente ou à l’achat ont été annulées, le reste repoussé. En effet, les taux directeurs des banques frappées par les sanctions internationales ont été très fortement relevés.
Dans ce contexte, la transaction doit être payée en totalité, sans possibilité de prêts. La filiale de Barnes à Moscou s’attend donc, une fois que le marché aura repris, à des transactions rapides, sans condition suspensive, tout en notant également une hausse des demandes d’investissement sur place pour loger les liquidités dans des actifs solides.
« Les Russes ont massivement investi dans l’or physique, les crypto-monnaies, et devraient investir dans l’immobilier une fois les combats interrompus », observe Thibault de Saint Vincent, président de Barnes.
Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a estimé à « presque 1 000 milliards de dollars » la valeur des avoirs russes qui seront gelés. En s’ajoutant au gel des avoirs européens de la banque centrale et à la suspension du système Swift, les investisseurs russes risquent de quitter les marchés européens.
« Au niveau de l’international, il est encore trop tôt pour faire un diagnostic précis, mais les biens des Russes vont être massivement mis en vente en Europe de l’Ouest. Ils regarderont désormais vers Dubaï, la Turquie, l’Asie et éventuellement l’Afrique pour réaliser leurs investissements », analyse Thibault de Saint Vincent.
En revanche, si la crise dure et que les sanctions récentes sont maintenues, il y aura un arrêt total des transactions avec les pays de l’Ouest. « Le résultat économique des sanctions ne peut être apprécié à ce stade et nous devons attendre la “digestion” de ces mesures notamment par les banques avant d’en comprendre le véritable impact aux niveaux local et international », complète-t-il.
Les années 1990, époque à laquelle des milliardaires russes achetaient, à des prix records, des biens d’exception dans le “triangle d’or” parisien et les stations huppées telles qu’Antibes, Courchevel et Megève est révolue.
Depuis l’annexion de la Crimée en 2014 et les premières sanctions contre certains oligarques, les acheteurs russes étaient beaucoup moins présents. Ils ont même complètement disparu avec la pandémie, laissant la place notamment aux Français de retour de l’étranger, aux Libanais et aux Européens (Allemands, Belges et Suisses).
« La clientèle russe pèse aujourd’hui moins de 0,5 % de nos transactions, soit 7 à 8 transactions par an dans le segment des biens au-delà de 5 millions d’euros. Ce recul de cette clientèle ces dernières années a été si fort que nous avons aujourd’hui plus de vendeurs que d’acheteurs russes en France », explique Thibault de Saint Vincent.
Les propos de Bruno Le Maire annonçant sur son compte twitter la « création d’une task-force pour repérer l’ensemble des oligarques russes en France, leurs biens et leurs avoirs afin de pouvoir les geler » ne devrait pas, non plus, susciter une vague de cessions.
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« À ce jour, nous n’avons pas reçu de demande d’information de la part des services fiscaux sur nos clients russes », constate Barnes.

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