L’année 2025 aura été l’année du rebond, après deux années de turbulences. Avec environ 930 000 transactions enregistrées, le marché a affiché une hausse de 8 à 10 % par rapport aux années précédentes. « Nous constatons notamment que les primo-accédants sont de retour sur le marché, grâce à la stabilisation des taux qui engendre une dynamique plutôt positive », confirme Adrien Vacherand, Directeur Associé de Vacherand Immobilier. Cette reprise s’est accompagnée d’une légère progression des prix, de 1,6 % en moyenne au niveau national.
Aurore Fonteyne, directrice d’une agence Century 21, partage le constat de l’amélioration : « les acquéreurs, constatant une baisse des taux d’intérêt et leur stabilisation probable, ont réalisé des projets souvent mis sur pause les années précédentes. Sans menace de hausse ni attente de baisse des taux, la confiance est revenue. » Une embellie qui s’est traduite par une activité soutenue dans l’ancien.
Le neuf est cependant resté à la peine et les volumes de vente demeurent très faibles partout, freinés par des prix élevés qui limitent l’accès à ce type de logement, dans un contexte d’absence d’incitation fiscale après la fin du Pinel, et de réduction du pouvoir d’achat de manière générale.


Côté financement, les taux de crédit immobilier se sont stabilisés autour de 3,5 % sur 25 ans et 3,4 % sur 20 ans depuis le printemps 2025 et jusqu’en fin d’année. Un niveau, certes plus élevé que les 3 % espérés en début d’année dernière, mais qui a permis au marché de retrouver une certaine lisibilité et aux acquéreurs, de se positionner au lieu d’attendre encore une hypothétique baisse.
Pour 2026, « le scénario privilégié reste celui d’une stabilité durable, bien qu’une légère hausse des taux soit constatée depuis décembre, contrariant quelque peu les acquéreurs alors que dans le même temps, le nombre de biens mis en vente s’accroît nettement, indique Aurore Fonteyne. Le résultat prévisible est une négociation plus forte et une baisse des prix pour l’heure très raisonnable. » Profitons-en pour souligner que la tension sur le marché locatif diminue, grâce au retour des acquéreurs sur le marché, qui libèrent une quantité appréciable de logements.
L’année 2026 démarre ainsi sur des bases similaires à 2025, avec un bon niveau de transactions attendu. Il ne faut cependant pas sous-estimer le possible impact de l’incertitude sur le marché, à la fois politique et géopolitique, qui est un facteur de frein à la projection des ménages. En ralentissant la réalisation des projets, la tendance à l’épargne fait mécaniquement baisser les prix sur le marché immobilier. Un cadre stable pour l’investissement et la production de logements est indispensable pour une reprise durable.


Par ailleurs, les investisseurs locatifs restent aux abonnés absents, pour une large part, et « aucun signal ne démontre qu’ils pourraient revenir en force sur le marché en 2026, pour le neuf comme pour l’ancien, observe Adrien Vacherand. La politique du logement menée ces dernières années a progressivement découragé cette catégorie d’acteurs, pourtant essentielle à la fluidité du marché. Sans leur retour, la tension locative pourrait s’intensifier de nouveau dans certaines zones, créant un déséquilibre durable entre offre et demande. »
Le principal défi pour 2026 réside dans la capacité du marché à maintenir la confiance des ménages et à attirer les investisseurs. Ce dernier point est plus que douteux, au vu des mesures proposées dans le plan « Relance logement », dont la nette insuffisance est pointée du doigt par les professionnels de l’immobilier.
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