Immobilier
Guerre en Europe, inflation persistante, instabilité géopolitique mondiale : dans ce contexte de crises multiples, les projets immobiliers auraient pu s’effondrer. C’est tout le contraire que révèle l’enquête exclusive publiée en mars 2026 par Notariat Services, menée auprès de 1 288 personnes via le portail immobilier des notaires immonot.com. Face aux turbulences, le réflexe dominant des Français n’est pas de fuir la pierre. C’est de s’y raccrocher encore plus fort. L’immobilier valeur refuge résiste à la tempête — mais une information parcellaire sur les conditions réelles du marché freine encore trop d’acquéreurs potentiels.
Sommaire :
La question posée est directe : où placeriez-vous 100 000 € dans ce contexte de crise ? Notariat Services la soumet à 1 288 personnes. La réponse tombe sans ambiguïté. 40 % des répondants choisissent l’immobilier en priorité. Loin derrière, l’or recueille 23 % des intentions, l’épargne liquide 18 %, et les actions seulement 9 %. Ainsi, la pierre confirme son statut d’immobilier valeur refuge dans l’imaginaire collectif français, même quand le monde vacille.
📌 Le saviez-vous ? L’expression “valeur refuge” désigne tout actif qui conserve ou prend de la valeur en période de crise. L’or, le franc suisse et les obligations d’État jouent traditionnellement ce rôle. En France, l’immobilier s’y est historiquement ajouté grâce à sa tangibilité, sa rareté foncière dans les zones tendues et sa fonction d’usage quotidien.
Ce réflexe n’est pas irrationnel. 67 % des répondants conservent une perception positive de l’immobilier. Parmi eux, 25 % y voient une valeur refuge absolue. Les 42 % restants le considèrent comme un bon placement parmi d’autres. Ces chiffres sont d’autant plus frappants qu’ils émergent en pleine période de tensions géopolitiques. Les marchés financiers vacillent. L’inflation persiste. Pourtant, la pierre tient. Elle offre une réalité tangible, une utilité directe et une protection éprouvée contre l’érosion monétaire — là où les actifs financiers restent soumis à la volatilité des marchés.
L’or passe traditionnellement pour la valeur refuge par excellence. Or, l’enquête le déclasse. L’immobilier le devance nettement — 40 % contre 23 %. Ce résultat tranche avec les discours dominants sur les marchés financiers. Il révèle une confiance ancrée dans la culture patrimoniale française. La propriété immobilière reste un marqueur fort de sécurité économique. Elle incarne aussi une logique de transmission familiale que l’or, actif sans utilité d’usage, ne peut pas offrir. 
Le contexte pèse. 60 % des répondants se déclarent inquiets face à leurs projets financiers depuis les récents événements géopolitiques. Toutefois, l’inquiétude ne rime pas avec paralysie. Les données de l’enquête Notariat Services nuancent considérablement le tableau.
Seuls 13 % des répondants gèlent totalement leurs projets. En revanche, 42 % maintiennent leur projet inchangé. Fait remarquable : 11 % affirment même que le contexte renforce leur envie d’acheter. La crise pousse une partie des Français à sécuriser davantage leur patrimoine. En ce sens, l’immobilier valeur refuge répond précisément à cette attente.
Au total, 53 % des porteurs de projet maintiennent leur intention d’achat malgré la crise. Le marché ne s’arrête pas, il ralentit.
François-Xavier Duny, Président de Notariat Services, le résume ainsi : « Malgré un contexte mondial instable, les répondants ne tournent pas le dos à la pierre. Ils continuent d’y voir un repère et une forme de sécurité. Mais cette envie se heurte à un besoin croissant d’accompagnement et de visibilité. »
Ce paradoxe est au cœur de l’enquête. La crise géopolitique ne détourne pas les Français de l’immobilier. Elle renforce au contraire le besoin de s’ancrer dans du concret. La pierre est tangible. Elle dure. Elle répond à une quête de stabilité dans un monde perçu comme de plus en plus imprévisible. Dès lors, l’immobilier valeur refuge n’est pas un réflexe irrationnel : c’est une stratégie de protection patrimoniale assumée.
Beaucoup d’acheteurs potentiels redoutent une remontée des taux liée aux conflits. La réalité du marché raconte pourtant une tout autre histoire. Les taux immobiliers se maintiennent à 3,30 % en mars 2026. Ce niveau reste en deçà du seuil psychologique de rupture que 30 % des porteurs de projet fixent à 4 %. Une fenêtre favorable s’ouvre donc. Mais la plupart des Français ne le savent pas.
📌 Le saviez-vous ? En mars 2026, le taux moyen des crédits immobiliers en France s’établit à 3,30 % — soit bien en dessous du pic atteint fin 2023 (autour de 4,50 %). Ce recul s’explique par les baisses successives des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) engagées depuis 2024. Pourtant, 66 % des Français interrogés ignoraient ce niveau favorable.
Les chiffres de l’enquête Notariat Services sont révélateurs. 66 % des répondants ne connaissent pas le niveau réel des taux immobiliers en mars 2026. Par ailleurs, 37 % en ont vaguement entendu parler. Pire encore, 9 % croient que les taux ont déjà remonté à cause du conflit. Cette désinformation freine directement les intentions d’achat.
Le pouvoir de l’information se démontre ici de façon frappante. Une fois informés du niveau réel des taux, les répondants changent radicalement de position. 48 % se disent favorables à un achat au printemps 2026. L’envie est là. Il manque l’information. Ce constat souligne le rôle crucial des professionnels de l’immobilier — notaires, agents, courtiers — dans la diffusion d’une information de marché fiable et accessible.
La crise géopolitique ne modifie pas seulement les calendriers d’achat. Elle transforme en profondeur les projets eux-mêmes. L’immobilier se double désormais d’une quête de résilience concrète. Les acheteurs privilégient davantage l’autonomie, l’espace et l’efficacité énergétique.
60 % des répondants accordent désormais davantage d’importance à la performance énergétique (DPE) depuis la crise énergétique liée à la guerre. Ce chiffre est considérable. Il traduit une prise de conscience claire : la dépendance énergétique représente un risque patrimonial direct. Un bien mal classé au DPE devient en effet une charge financière croissante à mesure que les prix de l’énergie s’envolent. En outre, il constitue un frein à la revente sur un marché de plus en plus sensible aux enjeux environnementaux.
📌 Le saviez-vous ? Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE sont interdits à la location en France métropolitaine (loi Climat et Résilience, article 160). Les logements F seront concernés à partir de 2028, et les E à partir de 2034. Ce calendrier réglementaire accélère la dévalorisation des passoires thermiques et renforce l’attrait des biens bien classés.
Au-delà du DPE, d’autres critères montent en puissance :
Le bien idéal est désormais plus autonome, mieux ancré dans un territoire à taille humaine. Il résiste aux chocs extérieurs — qu’ils soient énergétiques, sanitaires ou géopolitiques. L’immobilier de résilience est en train de s’inventer.
Dans un contexte d’incertitude, le besoin de sécurisation juridique et patrimoniale monte en puissance. Les résultats de l’enquête Notariat Services placent le notaire au centre du dispositif de confiance attendu par les acquéreurs.
68 % des répondants se disent prêts à consulter un notaire avant de prendre leur décision d’achat. Ce chiffre témoigne d’un besoin fort d’accompagnement expert. Pourtant, 12 % ignoraient encore que le notaire peut intervenir avant la signature. L’accompagnement en amont — conseil, audit patrimonial, sécurisation du montage juridique — reste trop méconnu du grand public.
📌 Le saviez-vous ? Le notaire peut intervenir bien avant la signature de l’acte de vente. Il peut conseiller l’acheteur dès la phase de recherche : audit juridique du bien, vérification des servitudes, analyse des risques fiscaux, optimisation de la structure d’acquisition (SCI, démembrement, etc.). Cette prestation de conseil est distincte de ses honoraires d’acte et peut être sollicitée librement.
Les attentes sont précises et hiérarchisées. 47 % placent en tête la sécurisation juridique du montage de leur achat. Viennent ensuite 32 % qui recherchent un conseil fiscal et des dispositifs protecteurs. Par ailleurs, 25 % souhaitent une alerte sur les risques patrimoniaux liés au contexte géopolitique. Enfin, 23 % demandent une lecture objective du marché immobilier local.
Ces attentes confirment une évolution majeure. Le notaire n’est plus perçu uniquement comme un signataire. Il s’impose comme un expert de la décision patrimoniale. Il aide l’acquéreur à naviguer dans un environnement juridique et économique complexe.
Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l’Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l’habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.
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