Emplacement validé, crédit décroché. L’investisseur croit avoir fait le plus dur. Pourtant le choix de la structure (nom propre, SCI, SARL) se joue avant l’achat. À bien identique, la facture passe de 22 000 à 128 000 euros sur vingt-cinq ans. Comment trancher selon votre projet d’investissement locatif.
Sur les milliers de logements suivis par sa plateforme de gestion locative Monsieur Hugo, Bruno Cantegrel observe un réflexe quasi unanime. Les bailleurs ont intégré que l’emplacement conditionne le loyer, la vacance et la rentabilité. Ils le travaillent, le comparent, le simulent. La seconde question, celle du mode de détention, reste en revanche largement sous-estimée et arrive presque toujours trop tard, une fois l’acte signé. « Tous les bailleurs regardent l’emplacement, c’est rentré dans les mœurs. La deuxième question, acheter en nom propre ou en société, ils se la posent après, et c’est déjà trop tard. C’est comme souscrire une assurance une fois qu’on a eu l’accident. » explique Bruno Cantegrel, fondateur de Monsieur Hugo.
Les chiffres donnent la mesure de l’enjeu. Sur une opération type, un bien à 214 000 euros financé par un crédit de 190 000 euros sur vingt-cinq ans, la plateforme a comparé les régimes. Au LMNP au réel, la facture d’impôt disparaît pendant seize ans, tandis qu’une société à l’impôt sur les sociétés allège la charge de 83 % sur la durée.
À l’inverse, la location nue au microfoncier, réputée la plus simple, concentre le maximum d’imposition. « L’erreur qui coûte le plus cher, c’est la location nue au microfoncier. Sur vingt-cinq ans, on est à 128 000 euros d’impôt, contre 22 000 euros en SCI à l’impôt sur les sociétés. Presque un rapport de un à six, et beaucoup ne font jamais de simulation. » décrypte l’expert.
Comment expliquer un tel écart sur une même brique immobilière ? La réponse est souvent simple, par défaut, beaucoup ont choisi la facilité, sans avoir chiffré les alternatives. La location nue regagne toutefois de l’attrait avec le dispositif Jeanbrun, entré en vigueur le 21 février 2026. Pour la première fois, un bien loué nu détenu en nom propre peut être amorti de 3 à 5,5 % par an, en contrepartie de loyers plafonnés et d’un engagement de location de neuf ans.
SARL ou SCI ?
Le premier réflexe ne consiste pas à choisir une enveloppe juridique, mais à clarifier son objectif et ses partenaires. La SARL de famille s’adresse à ceux qui investissent entre proches et visent la location meublée sous le régime LMNP. Les amortissements y réduisent fortement la fiscalité des loyers, avec une responsabilité limitée aux apports. Sa contrepartie tient au lien familial obligatoire entre associés et à une comptabilité plus encadrée. La location nue, activité civile, y reste incompatible avec l’imposition sur le revenu. « La SARL de famille, c’est quasiment zéro impôt pendant quinze à vingt ans grâce aux amortissements déductibles. C’est l’argument massue pour ceux qui veulent faire du meublé en famille. » s’enthousiasme Bruno Cantegrel.
La société civile immobilière répond à une autre logique, celle de la gestion et de la transmission. Elle organise la succession, évite l’indivision et permet d’investir avec des associés extérieurs à la famille. Son activité doit rester civile, car la location meublée fait vite basculer la société à l’impôt sur les sociétés. Une société n’entraîne pourtant pas automatiquement cette imposition, SCI comme SARL de famille pouvant opter pour l’impôt sur le revenu ou sur les sociétés. C’est là que beaucoup se trompent. « Beaucoup montent une SCI ou une SARL parce que ça fait bien dans les dîners. Le problème, c’est que la SCI qui fait du meublé bascule à l’impôt sur les sociétés automatiquement, sur l’ensemble de l’exercice fiscal, et l’imposition grimpe. ». Le calcul s’est encore compliqué depuis la loi de finances pour 2025, qui réintègre désormais les amortissements du meublé dans le calcul de la plus-value à la revente. Raison de plus pour arbitrer en amont. Avant toute acquisition, trois questions tranchent le dossier.
Où acheter, avec qui, et dans quel but.
À partir des réponses que vous apporterez à ces questions, et non sur le seul emplacement, se construira la rentabilité nette d’un investissement locatif. « L’emplacement, je le mets au même niveau que l’objectif et les associés. Où acheter, avec qui, et pourquoi. Ce sont les trois questions à se poser avant de signer. On ne peut pas faire ça tout seul, sauf à être fiscaliste. ».
Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil en investissement ou en fiscalité. Les montants cités proviennent du simulateur de rentabilité locative développé par Monsieur Hugo, disponible gratuitement en téléchargement ici. Les résultats dépendent de chaque situation personnelle. Toute décision patrimoniale gagne à être validée avec un conseiller en gestion de patrimoine ou un expert-comptable.
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